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 Les apparences ne font pas le cœur | PV : Ralvek Ironside

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MessageSujet: Les apparences ne font pas le cœur | PV : Ralvek Ironside   Lun 15 Jan - 23:53


Les apparences ne font pas le cœur
Eve & Ralvek

« Seuls les actions nous définissent en tant qu'humain ou monstre. »
Je pensais qu'une sortie serait profitable pour Marek et moi. Accompagnée de gardes, nous ne risquions rien. Je ne voulais pas que mon fils vive confiner dans le château sans rien connaître du monde extérieur. Il devait prendre conscience que son statut ne l'empêchait pas de côtoyer les gens simples, il ne devait pas se sentir plus grand sous prétexte qu'il est un prince. Il devait être autant noble avec les gens de la cour que ceux du peuple de Brise-Air. Je souhaitais que Marek ait la liberté que moi, j'ai pu connaître dans mon enfance et qui m'a aidé à rester simple et humble avec mon entourage. Je ne suis pas née princesse, de naissance, je ne suis qu'une simple fille de chef de village et je suis devenue cette personne par mes propres moyens sans oublier d'où je viens et qui je suis. Je n'ai guère voulu changer pour me conformer à la cour du roi, les gens me sont trop étrangers et hypocrites pour la plupart. Sous de belles parures, ils ne cachent pas les meilleures attentions, j'ai pu largement l'apprendre de la bouche de ma cousine lorsqu'elle m'a révélé l'horrible vérité concernant son époux, le fils défunt de notre roi. Et à l'heure actuelle, je ne retire rien de mes paroles, je l'aurais tué de mes propres mains, si j'avais su les horribles moments qu'il a réservé à Visenya, elle, si souriante et joyeuse, la voilà parfaitement transformée par les expériences odieuses que peut offrir la vie par moment et desquels, j'ai été préservé, la plupart du temps cependant. Je n'ai pas été protégé de l'envie de me plonger dans des bras autres que celui de mon époux même si je suis heureuse avec lui. Pourquoi devrais-je me plaindre de ma condition ? J'ai de l'affection pour lui, c'est indéniable, mais avec Roan, il y a toujours eu bien plus. Une passion qui brûle toute entière, le plaisir de flirter avec le danger sans parvenir à totalement m'y plonger parce que je garde une certaine raison en moi. De tout cela, en a découlé la naissance de Marek, moi qui ai pourtant eu du mal à tomber enceinte et voilà qu'un jour, sans crier gare, la guérisseuse m'a félicité de cet événement qui pointait doucement le bout de son nez. Est-ce le fils de mon époux ou de mon amant ? À ce jour, je l'ignore toujours et je ne souhaite pas connaître cette réponse. Cependant, c'est une interrogation qui me hante et me rend parfois absence.

Mais, la main chaude et réconfortante de mon fils, me rappelle à la réalité et je lui souris. Les gardes nous entourent, un peu trop d'ailleurs, mais je ne peux pas dire non à mon mari même s'il connaît les raisons que j'ai à sortir ainsi. Je ne veux pas me confiner dans ce monde en oubliant que moi aussi, je faisais partie de ces gens même si mon père était un chef important et respecté. C'est la chance qui m'a mené au château, si elle n'avait pas été là, qui sait ce que je serais devenue. Une simple femme parmi tant d'autre à trouver ma raison d'exister. Sans doute serai-je devenue épouse d'un autre homme, j'aurai formé ma petite famille auprès de père, de mère et de mes deux frères impétueux et désireux de connaître le monde. On rêve toujours d'aller plus loin sans avoir que ce que l'on cherche est à notre point de départ. Je me suis toujours évertuée à le dire et je continue avec mon fils. Même s'il a 3 ans, je lui parle comme un adulte, je veux que son esprit soit capable d’ingéniosité, d'empathie, d'intelligence et de justice. Il a le droit à ses défauts, tout comme moi et son père. Nous ne sommes guère parfaits, mais avant d'être un adulte parmi tant d'autre, je le souhaite homme. Je veux que son cœur soit noble et pas seulement de par sa condition. Même si Roan en est le père, je ne veux pas que mon fils ait à parcourir les mers en étant aussi froid et sans pitié que Roan, malgré cela, cet homme a su me conquérir à sa manière. Qui aurait pensé qu'aborder le navire où je me trouvais aurait eu raison de mon avenir et de ma sagesse. Avec lui, je ne réfléchis plus, je me laisse aller à la déraison et croyez-le ou non, cela me rend heureuse, même si je sais que c'est mal.

La journée avait pourtant si bien commencé. Pourquoi fallait-il que les choses changent. Pourquoi fallait-il qu'aussi près de Brise-Air, il y ait des hommes capables de voler et soumettre sous la peur en prenant plaisir à faire pleurer un enfant. Les gardes parvenaient à faire barrière, mais moi, j'en ai profité pour courir avec mon fils, je devais le mettre en sécurité. Me faire voler m'importait peu, mais je refusais à ce que mon fils soit terrorisé par la vision de ces hommes. J'ai peur que cet événement ne le freine pour la suite, mais je reste convaincu que si le sang de mon mari ou de Roan coule dans ses veines, alors, il sera fort et courage. L'un dans l'autre, il sera quelqu'un dont je serai fière. Une mère ne peut pas voir son enfant autrement. Même s'il devient mauvais, la mère peut le renier, mais dans une profonde douleur ceci dit. Que le destin me préserve de cela.

À force de courir, j'en oublie que mon enfant à des petites jambes et qu'il pleure. J'ai autant peur que lui, mais je ne peux pas m'empêcher de trouver mon courage même s'il est minime. Je finis par le prendre dans mes bras cachant sa tête contre mon cœur pour qu'il ne voit pas le massacre derrière nous et le fait que deux hommes nous poursuivent en poussant des cris de rage et des insultes. Mon cœur tambourine contre ma poitrine, mes poumons brûle au point de me faire souffrir, mais je n'arrête pas. Si je dois mourir aujourd'hui, c'est pour protéger le bien le plus précieux à mes yeux.

Ma cheville finit par se prendre dans la racine d'un arbre et en tombant, je fais en sorte que ce soit mon dos qui heurte le sol pour préserver mon fils qui pleure et crie de terreur. J'ai beau tenter le calmer, mais rien n'y fait. Voir ma douleur s’inscrire sur les traits de mon visage ne le rassure pas.

« Maman ! »

Sa petite voix inquiète me déchire bien plus que ce que mon corps ressent. Je parviens à sourire néanmoins. « Ce n'est rien. Maman va bien. » Je me relève le trompant d'un sourire malgré cette cheville qui commence à me causer du tourment. Ce n'est qu'une foulure rien de bien grave, mais elle m'empêche d'avancer comme je le voudrais.

« Marek écoute-moi... Cours vers le château. Surtout, ne t'arrête pas et ne regarde pas en arrière. Cours aussi vite que tu le peux. »

Il pleure et je comprends sa réticence, mais ma priorité, c'est de le voir en sécurité. « Ne t'inquiète pas. Maman te rejoint. » Je me retourne voyant mes poursuivants s'approcher dangereusement. « Cours ! Ne te retourne pas ! » Je le pousse vers l'avant et bien qu'il hésite, malgré sa peur et ces larmes, il fuit et me voilà heureuse que ce dernier s'éloigne du danger. Moi, je me retourne, prête à faire face à mon destin. Si aujourd'hui est le jour de ma mort, je n'aurai aucun regret.

L'enfant court à en perdre haleine. Il trébuche, se cache dans les broussailles ne voulant pas prendre les sentiers que les voleurs suivront à coup sûr pour le retrouver. Pourquoi n'est-il pas aussi grand et fort que son père, il aurait mis en déroute ces hommes sans la moindre difficulté. Il efface ses larmes comme il le peut, mais ne voit pas plus loin que le bout de son nez. Soudain, il cogne quelque chose. Il tombe sur le sol, épuisé, malheureux et terrorisé. Il lève les yeux et remarque un immense homme dissimulé sous un heaume et armé comme un guerrier. Il se relève et lui prend la main. Elles ressemblent à des montagnes faites d'un roc que rien ne peut briser.

« Vite. Maman. Ils vont faire de mal à ma maman. » Il le tire même si cela se révèle presque futile. La différence de force est énorme, mais il s'en moque. L'adrénaline le pousse à user de la moindre étincelle d'énergie et de force en lui.

Je regarde le ciel alors, que je me tiens contre le tronc de l'arbre dont les racines m'ont fait chuter. Je suis entourée par ces voyous, mais je ne peux rien faire. Je n'ai pas la capacité de me battre. « Je n'ai rien sur moi. »

« Menteuse. Tu sens bon la richesse donne-nous tout. »

« Éloigne-toi de la princesse chien ! » Un garde avait réussi à survivre, mais je voyais bien qu'il était faible et qu'il ne pourrait pas tenir. Mais, son serment le rendait plus fort que mille hommes et j'avais foi en son courage.

Son cri n'était là que pour se donner du courage. Il se battait comme un lion blessé, mais toujours prompt à défendre son territoire, il empêchait à lui seul ces hommes de m'approcher.

« Vite. Là-bas. » Petit prince d'à peine 3 ans usant de peu de mots pour se faire comprendre. Intelligent et courageux, mais se sachant encore faible avait déposé son espoir dans un être que tous rejetaient pour une apparence qui pourtant, fascinait le petit garçon qui comme sa mère, ne voyait que le cœur et non l'enveloppe.  

(c) DΛNDELION
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MessageSujet: Re: Les apparences ne font pas le cœur | PV : Ralvek Ironside   Sam 20 Jan - 22:11

Les apparences ne font pas le cœur.
La hache du colosse s’éleva très haut au-dessus de la tête en forme d’œuf et au faciès monstrueux de Ralvek. Ce dernier ajusta la détente du puissant coup de la lourde lame avant de permettre à ses muscles disproportionner de relâcher le coup comme le ferait un prédateur qui porterait le coup de grâce à sa proie pétrifié et angoissé. Laissant décrire à l’outil un arc dévastateur, la tête métallique s’enfonça profondément dans la chair tendre de la cible du monstre de foire. Au moment de l’impact la voix grave et le ton lourd du géant déformé expira un petit soupir de soulagement devant l’accomplissement de son action. Le billot se fendit alors en deux et la hache se ficha alors dans le tronc qui servait d’établi de fortune au mastodonte. Sans un mot, laissant l’instrument  d’abatage forestier ficher dans le bois, les mains immenses et rugueuses de du mercenaire récupèrent alors les deux éclats de buches pour les placer à l’abri près de l’entrée de sa grotte. Comme la lie de l’humanité qu’il était, l’Erreur de la nature habitait reclus dans la pénombre bienfaitrice qui dissimulait sa laideur aux hommes. Portant tout doucement ses mains qui pouvaient se transformer en boulet de canon mortelles en cas de grandes nécessités à sa bouche, l’homme difforme laissant s’échapper un souffle chaud de la fine barrière de ses minces lèvres et exsangues. Un mince nuage de vapeur réchauffa brièvement des doigts ayant la circonférence de saucisses et les paumes des grandes paluches du géant se frictionnèrent pour permettre au sang de réchauffé les extrémités engourdis par la forte chute de température. Levant son regard bleuté et si pur, qui ressemble à s’y méprendre aux vaguelettes d’une mer bercé sous la douceur bienfaitrice d’un soleil de midi, vers le ciel grisâtre de ce mois d’hiver et le chagrin perpétuel de l’homme tomba de nouveau sur lui comme un torrent de douleur. Lissant des cristaux translucides d’eaux salé briser la fragile digue de ses paupières, les larmes chutèrent vers le sol attirer par la gravité sans pitié de l’univers morose qu’était devenu l’enfer quotidien du massif homme.

De nouveau le souvenir de son acte atroce, de son méfait envers deux innocentes, revient le hanté. L’être à l’âme si pur désirait que revenir en arrière et se suicider avant de commettre cet acte que les autorités l’avaient afflué. Dès qu’il avait arrivé dans ces contrées mystérieuses, l’homme difforme avait faussé compagnie aux membres de l’escouade X pour ne pas les soumettre à son horreur perpétuel. Le colosse avait laissé la folie, le chaos et la mort loin derrière lui pour essayer de retrouver une paix si fragile à son âme et surtout panser les terribles cicatrices lézardant le cœur immense et durement éprouvé du mercenaire. Au hasard de ses pas, après une journée de marche environ, le sosie de Frankenstein avait tombé sur ce refuge souterrain juché au sommet d’une petite colline. Prudemment, l’esprit lent de la créature difforme fut aux abois et ses sens sensoriels poussés au maximum, il inspecta les alentours. La nuit venait de s’installer et une fine pluie automnale commença à tomber sur l’être abattu et désemparé. Prenant le peu de courage qui lui restait en main, l’homme  à la musculation disproportionné avait appelé à l’intérieur de la grotte et ce ne fut que l’écho qui lui répondit. Il s’était installer et des hommes l’avait trouvé pour lui demander de l’aide dans des combat. Une vie de mercenariat lui tendait les bras et Ralvek l’avait embrassé, car il ne pouvait pas manger des baies toute sa misérable existence. Néanmoins il revenait toujours en ce lieu, ce point solide dans le temps et que l’erreur de la nature pouvait appeler son chez-soi. Le séjour du colosse s’était échelonné depuis, car ce dernier peinait à quitter ce petit havre de paix perdu au milieu d’une nature qui n’avaient cure de son apparence.

Des fois la nuit, quand Morphée refusait de prendre dans ses bras l’imposante carcasse de Ralvek pour le laisser broyer du noir en silence, les oreilles du mineur percevaient des hurlements lointain qui brisaient le lourd silence et le repos mérité des bois environnent. Et quand la fatigue remportait finalement le bras de fer contre l’angoisse et la peine du géant, ce dernier revivaient sans cesse la scène macabre qui l’avait anéanti. Mais dans ces songes cruels, les voix accusatrices de Charlotte et Salomé attaquaient les minces défenses psychologique du géant et le tourmentait avec des mots cruels et sans équivoques. Toujours le monstre de foire se réveillait en sursaut, son corps déformé et musculeux ruisselant de sueurs et le cœur voulant s’arracher de son torse. Seul rayon de positiviste dans ce tsunami apocalyptique était l’arrivée d’un vieux cheval et la présence d’une chute et de l’eau de source désaltérante. Empathique créature, le mercenaire avait compris que l’animal avait été chassé par son propriétaire et il l’accueillit. L’esprit lent de la bête de foire avait appelé Bourricot le cheval qui s’obstinait à suivre le guerrier partout comme un chien fidèle. Aujourd’hui il avait descendu de son refuge dans l’espoir de trouver un arbre pour en faire une poutre et commencer à construire un abri pour ses maigres possessions.

Marchant sur une courte distance, il trouva enfin un arbre digne de tomber devant le tranchant acéré de la lourde hache. Laissant ses doigts courir tendrement sur l’écorce rugueuse, tel un amant caressant la peau douce de sa maitresse, le faciès monstrueux de Ralvek se fendit d’un sourire naïf mais sincère. Mais au coin de sa vision périphérique, le géant aperçu alors un mouvement hésitant, un enfant sorti de sa cachette. Le cœur débordant de compassion et désireux d’aider son prochain, même si les gens avaient pour habituer ensuite de le dénigrer et de lui dires des choses méchantes et futiles, le massif homme s’avança alors dans la direction approximatif vers l’enfant.  Ce dernier, le regard rougis par des larmes de panique et de peur, saisit la main du géant en armure hétéroclite. Le golem de chaire cauchemardesque figea alors, laissant même tomber sa hache de bûcheron au sol.

Enfant- Vite. Maman. Ils vont faire de mal à ma maman.

Le garçonnet usa de toute sa force pour faire réagir le mercenaire et bêtement la lie de l’humanité  le suivit. Le vieux canasson emboita le pas aux humains, ne voulant pas laisser son maître partir sans lui. Bientôt l’ouïe fatiguer par tant d’explosions souterraine du mastodonte décela des bruits de luttes droit devant lui et n’écoutant que sa petite vois qui ne cherchaient qu’à porter assistance aux gens, les grandes enjamber du monstre de foire s’allongeant pour se transformer en une course pour atteindre la clairière. Ne voulant pas laisser l’enfant derrière lui Ralvek l’avait pris dans ses bras.

Enfant- Vite. Là-bas!

Le regard océanique de l’homme vit un combat inégal, un homme d’arme contre deux brigands qui semblaient à retarder l’inévitable mise à mort pour satisfaire des désirs perfides. Une jeune femme, une beauté à la chevelure de rayon de soleil, était prise au piège dos à un arbre. Au loin Des hommes commençaient à s’élancer vers la mère du garçonnet, tel des vautours voulant se repaître du spectacle. Des cadavres d’hommes jonchaient la route, témoins devenus silencieux d’une embuscade immonde.  Assoyant le petit garçon sur le dos du vieux cheval, ce dernier resta stoïque pour ne pas faire tomber l’enfant, le mercenaire fit un sourire rassurant. Une douceur et une candeur se lisait dans ses prunelles d’un bleu tirant sur le vert comme la couleur de l’océan. Le ton rocailleux s’éleva et Ralvek sécurisa l’enfant comme sa nièce adoré à l’époque qu’elle avait peur des monstres sous le lit.

Ralvek- Je veux que tu surveille Bourricot d’accord… Personne ne va faire de mal à ta maman je te le promets, mais il faut que tu restes ici… Je te la ramène d’accord.

D’un geste calme et surtout tendre la main du guerrier ébouriffa la chevelure bouclée du garçonnet qui prit les rênes du cheval impassible. Le mastodonte dut faire un détour à cause d’un amoncellement de branches bloquant le chemin le plus direct pour rejoindre ce combat inégal.  Une idée frappa alors l’esprit ralenti du monstre de foire comme un train lancé en pleine vitesse sans cheminot à son bord pour le freiner avant un passage à niveau des plus achalandés. L’instinct de briscard  géant comprit alors qu’il devait diversion pour attirer les regards sur sa musculeuse silhouette de cauchemar.

Voix- À l’aide!


Ces deux mots, vibrant d’une angoisse et d’un supplice fit  augmenter la cadence du monstre de foire. Un peu plus et Bobby entendit la douce voix de sa nièce réclamer de l’aide qu’il n’avait pas pu lui apporter. Serrant ses dents mal alignées à s’en faire sauter l’émail et laissant à un paroxysme des plus légitimes, l’être qui voulait toujours aider et protéger les autres reprit place au dominion de l’imposante masse musculaire et sans penser cette fois-ci à sa relative sécurité, les pas du géant se transformèrent en une course effrénée dans les sentiers étroits de la forêt. Quelques branches singulières, griffues comme les mains décharnées de la mort, essayèrent de ralentir la formidable progression du mastodonte. Celui-ci n’en fit aucunement attention, tous ses sens étant portés sur les mouvements frénétiques qui se dessinaient devant son regard bleuté. Des écorchures zébrèrent ici et là sur les anciennes cicatrices parcourant le cuir tanné des avant-bras monstrueux du géant, tentatives pathétiques de la végétation de ralentir la charge de ce Goliath monstrueux. Cassant des branches comme si c’étaient que des fœtus de paille, le mercenaire déboula près de l’arbre ou était adossé la mère de son protégé.

Sans ralentir son pas de charge, le guerrier au heaume doté de cornes de bouc hurla son défi. Un cri de guerre claqua subitement qui fit hésiter les belligérants totalement surpris de voir cette petite colline humaine dévalé dans la clairière. Le géant au cœur d’or était désarmé, ses lames toujours à l’abri dans ses fourreaux dorsaux, la gargouille profita de ces quelques instants d’hésitations. Enlignant  le brigand qui allait plonger sa lame vers le garde à genou, Ralvek descendit un peu son épaule. L’épaule massive  du briscard hors norme percuta l’homme au niveau du plexus solaire. Le bandit de grand chemin s’éleva alors du sol et fut propulser sur une courte distance pour retomber lourdement sur le dos en gémissant de confusion. Emporté par son monstrueux élan, le colosse s’arrêta avec peine près de la victime de son placage impressionnant et il écrasa son pied dans le visage de l’assaillant. Un coup porté avec force et exactitude. Un hurlement de souffrance accompagna l’inconscience bienfaitrice du brigand. Une lame grippa alors la cotte de maille du géant et celui-ci fit basculer son écu d’acier pour ensuite se retourner vers l’homme hébéter. D’une puissante détente il enfonça le lourd bouclier dans le corps de l’homme qui en fut assommé par la puissance de l’impact. Il se plaça alors dos à la jeune femme et au garde blessé et se redressa de toute sa stature horriblement intimidante. Les cinq brigands s’arrêtèrent devant le tour de force de ce géant qui saignait sans s’en soucier le moindre du monde. Les branches et la lame avaient labouré la peau tanné comme du cuir de la bête des petites gouttelettes tombaient paresseusement sur la neige aux pieds de Ralvek. Alors la voix rauque, rocailleuse, s’éleva dans l’atmosphère dans un cri de rage.

Ralvek- LE PREMIER QUI S’APPROCHE VA VIVRE AVEC LES CONSÉQUENCES DE MA COLÈRE! FUYEZ!

La main du mercenaire se posa pour la première fois sur la garde de son épée longue et les brigands de grand chemin se regardèrent totalement insérer. Ralvek venait de mettre hors de combat deux des leurs en quelques instants et à mains nues. Ils n’osaient pas imaginer ce que le guerrier ferait avec une lame à la main. Ils s’enfuirent alors sans demander leurs restes.  Un petit sourire venait de se déposer sur les lèvres exsangues de la chose, heureux qu'une certaine personne avait pris le temps de lui apprendre quelques notions en intimidations pour se sortir du pétrin. La tension quitta à cet instant les épaules massives du briscard monstrueux et il se tourna vers la jeune femme et le garde blessé. Celui-ci s’était placé devant sa maitresse pour la protéger de l’abomination qui venait de surgir des bois.

Ne sachant pas trop quoi faire, peu habitué de s’exprimer avec les gens et surtout en ce moment des plus inappropriés. Levant une main immense dans une attitude qu’il croit pacifique, il s’avança craintivement vers le duo. La peur refit son apparition dans son être et le mastodonte se maudit un instant. Il venait de charger sans éprouver une once de terreur sur un deux assaillants et maintenant il était pétrifié devant le regard d’une demoiselle. Il avança gauchement et une certitude vint alors à son esprit lent et pathétique. La haute silhouette musculeuse et déformée de Ralvek était un affront pour l’humanité entière et plusieurs gens lui avaient certifié par le passé. Détournant son faciès monstrueux pour préserver l’aura de pureté de l’ange devant lui, la voix tremblante, rauque et essoufflée du monstre de foire s’échappa des minces lèvres pour se répandre dans l’air ambiant.

Ralvek- Vous allez bien, madame ? Votre fils est en sécurité pas loin avec mon cheval…


Garde- Arrière monstre! Vous ne toucherez pas la princesse!


Se rendant compte de la lueur métallique inquiétante dans la main du garde chancelant, le géant au cœur d’or secoua tristement la tête.

Ralvek- Je ne suis pas un monstre… Enfin je crois… Mais partez… Je vais retenir les bandits s’ils décident de revenir à la charge


Vivant une situation si semblable depuis des années, les gens préféraient blesser le monstre de foire autant physiquement que psychologiquement, le géant se retourna vers la route. Des lames, des projectiles, des poings et des mots avaient blessé plus qu’une fois le corps et l’âme pure de ce géant au grand cœur et une nouvelle fois il en fut meutrie par ceux qu'il désirait aider...

Codage par Libella sur Graphiorum

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MessageSujet: Re: Les apparences ne font pas le cœur | PV : Ralvek Ironside   Mar 30 Jan - 1:53


Les apparences ne font pas le cœur
Eve & Ralvek

« Seuls les actions nous définissent en tant qu'humain ou monstre. »
Je pensais ma fin prochaine et pourtant, ce garde me défendait avec toute sa rage pour empêcher cela. Il refusait à ce que l'on m'approche plus, mais la hargne de ces bandits et le désir pervers que je lisais dans leurs yeux soulevaient un dégoût profond. Je ne pouvais pas leur pardonner d'avoir fait peur à mon fils, de l'avoir fait pleurer. En tant que mère, je ne pouvais que souhaiter leurs morts à tous. Même si je déteste la violence, je ne suis pas contre une mort justifiée comme ce fut le cas pour le mari de ma cousine ou encore ces brigands. Je pleurai bien plus la mort des gardes et la perte prochaine de ma vie parce que je ne pourrai plus revoir le visage de mon enfant ou encore dire mes pensées à Roan. Mais même si je parvenais à m'en sortir, sans doute n'en aurais-je toujours pas la force. Face à la mort, nous pensons que nous allons régler les choses si nous parvenions à nous en sortir, mais c'est loin d'être le cas. Je ne suis pas aussi courageuse que l'on pourrait le croire. J'ai un courage qui s'en va et s'en vient quand il le souhaite. Ce dernier est aussi volage que ce vent qui souffle sur moi. Mon sang va-t-il tapisser cette neige immaculée qui a toujours eu un effet de magie sur moi ? Vais-je mourir rapidement ou va-t-on me faire subir les pires outrages. J'ai peur de mes propres pensées, de me faire souffrir de la sorte, mais le pire, c'est que mon cœur se déchire. Je sais qu'en ayant demandé à Marek de fuir que c'était sans doute la dernière fois que je le verrais. Au moins, aura-t-il la vision d'une mère qui aura tout fait pour le protéger et le préserver. Je souhaite de tout mon cœur qu'il soit en sécurité loin de ce lieu ou la violence danse comme une nuée de papillons maudits par la vie et les hommes.

A nouveau, je recule et mon dos se cogne au tronc de cet arbre massif et je me dis, soulagée que personne ne pourra m'attaquer par derrière, mais cela n'empêche pas que du coin des yeux, je vois d'autres hommes s'approcher convaincu que cette fois, aucun d'entre nous ne pourra s'en sortir. J'aimerais remercier cet homme de m'avoir protégé, mais je sais que ce serait une insulte pour lui. Il continuait malgré sa faiblesse et ces blessures. Tout l'honneur était pour lui et si nous parvenons à survivre, enfin, si la chance nous éclaire, alors je ferai en sorte de le récompenser comme il se doit.

Mon cœur avait accepté l'évidence, mais une silhouette, une charge monstrueuse venait de s'élever plus haut encore que les hurlements des hommes qui se battaient devant moi. Un être à la stature impressionnante venait de faire son apparition chargeant tel un animal enragé vers nos assaillants permettant de faire souffler le garde qui mit un genou à terre. Je le rejoignis pour voir s'il allait bien, mais ce dernier m'écarta en douceur pour reprendre le combat afin de venir à bout de ces brigands. Me moquant de ma propre sécurité, j'observais autour de moi dans l'espoir de voir mon fils, mais non. Il n'était guère ici et tant mieux dans un sens, il échappait à cette vision de bataille.  

- LE PREMIER QUI S’APPROCHE VA VIVRE AVEC LES CONSÉQUENCES DE MA COLÈRE! FUYEZ!

Mon regard se tourne vers le nouvel arrivant qui semble être de notre côté, je souffle de soulagement, il est un allié de poids et je remercie ma bonne étoile de ne pas me quitter aujourd'hui encore. Instinctivement, j'en viens à penser à ma première rencontre avec Roan. Il m'avait enlevé pour une rançon et rien ne m'était arrivé de fâcheux contrairement à mes pauvres servantes dont j'ignorais ce qui avait pu leur arriver.

Fermant les yeux, je refusais de voir cette nouvelle démonstration de violence. Mon cœur ne pourrait le supporter même si la sentence était plus que justifiée. Je crains que des cauchemars accompagnent mes nuits prochaines et mon époux va se faire un devoir de ne pas me quitter ou très rarement le soir et me demandait de ne plus quitter le château, ce qui sera sans doute source de dispute entre lui et moi. Je refusais être confinée dans l'enceinte de ces murs, j'avais besoin de respirer et il le savait tout autant qu'il pouvait savoir que je ne souhaitais pas que mon fils ignore le peuple en pensant que tout le monde vivait bien et paisiblement.

- Vous allez bien, madame ? Votre fils est en sécurité pas loin avec mon cheval…

J'ouvre mes yeux à la voix de cet homme et mon cœur de mère semble revivre comme le phœnix renaissant de ces cendres. Soulagée d'entendre que mon fils va bien.

« Marek... Grâce à vous, je vais bien. » Si l'on m'avait dit le contraire, même sauvé, je me serai cru mourir.

- Arrière monstre! Vous ne toucherez pas la princesse!

- Je ne suis pas un monstre… Enfin je crois… Mais partez… Je vais retenir les bandits s’ils décident de revenir à la charge…

« Je vous ordonne de vous arrêter. » Ma voix était si ferme que le garde hésita, mais rangea l'épée dans son fourreau, il ne pouvait pas me désobéir si je lui ordonnais quelque chose. « Cet homme nous a sauvé la vie et celle de mon fils. A votre place, je le remercierai d'être intervenu en notre faveur. » Je regarde l'étranger en esquissant un sourire. « Je ne sais comment vous remercier de votre bravoure et plus encore d'avoir sauvé mon fils. »

Je m'approche du garde blessé et épuisé et ce dernier met genou à terre à nouveau. « Vous êtes épuisé et blessé. Il faut vous ramener au château. » Je le soutiens autant que je le peux tapotant son visage de mon mouchoir même si cela s'avérait plutôt vain, mais au moins, j'empêchais le sang d'entrer dans ces yeux. Je lève mon regard vers notre sauveur. « Puis-je abuser de votre bonté et vous demander de nous accompagner jusqu'au château ? Nous aurions besoin de votre protection durant le chemin du retour et je vous promets une récompense une fois de retour. » Fis-je avant d'entendre une autre voix.

« Maman... »

Le sourire aux lèvres et les yeux embués par les larmes, j'aperçois mon fils sur un cheval à l'image du géant qui se trouve à nos côtés. « Marek. » Je m'approche non sans boiter légèrement et je le prends dans mes bras quand il me tend les siens et je le serre contre moi en déposant une centaine de baisers sur son visage heureuse de le revoir sain et sauf. « Mon enfant... Je suis tellement contente que tu ailles bien. » Je le regarde l'inspectant sous toutes les coutures, il n'avait que quelques égratignures, mais rien de grave en soit. « Je suis tellement fière de toi. Tu as été très courageux. » Il semblait si fier de lui et je me retourne vers l'homme. « Mon garde à besoin de repos, il prendre le cheval et moi, je marcherais en portant mon fils. » Je souris. « Et bien entendu vous nous accompagnerez... Pardonnez-moi, je ne vous ai pas demandé votre nom. Je suis Eve Nald-Ham et voici mon fils Marek. » Je vois mon fils sourire à notre sauveur, c'est comme si son visage avait oublié notre mésaventure.

« Princesse, il faut partir, nous ne savons pas si... »

Je regarde le garde. « Vous avez raison Liam. Nous devons partir... » Je porte mon regard vers l'inconnu. « Et bien sûr, vous nous accompagnez. »

Marek regarde le géant avec insistance. « Oui viens gentil géant... »

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MessageSujet: Re: Les apparences ne font pas le cœur | PV : Ralvek Ironside   Jeu 1 Fév - 2:37

Les apparences ne font pas le cœur.
Le regard océanique triste comme les pierres et blasé d’être rejeter de par son horrible apparence se promena sur le carnage de l’escarmouche. Les brigands, n’ayant pas voulu se frotter au géant intimidant et à la force colossale, s’étaient tout simplement transformer en charognards et dépouillaient les cadavres de l’escorte de la blonde dame. Un sourire ironique, plein de mépris, s’afficha alors sur les lèvres exsangues de la Bête. C’était lui le monstre, la chose immonde et eux les vaillants hommes. À cet instant qui avait acte de vaillance, d’entraide et de candeur? La lie de l’humanité alors que les représentants de la société se comportaient comme des chiffonniers et démontraient la bassesse sans nom du genre humain. Au moins l’enfant ne sera pas orphelin, seul au monde comme le mercenaire cauchemardesque l’a été durant une si grande partie de sa vie. Mais une voix autoritaire, mais néanmoins douce, reversa la morosité de l’homme difforme comme une vague de fond frappe un navire insouciant. Se tourna à demi, le cœur lézarder par les ergots acérer de la souffrance et de la tristesse débordant de gentillesse connu un baume des bienvenues. Le vieux cheval de ferme venait d’emmener de son trot lent le garçonnet qui souriant en grand. La réunion entre la mère et l’enfant récompensa largement l’acte de bravoure et de charité que Ralvek venait de faire en suivant les élans de son âme si pur. Lançant un dernier regard vers les pillards, révulsé devant tant de mépris envers les dépouilles de leurs semblables.

La jeune femme fit preuve d’une gratitude, d’une courtoisie et d’une civilité que le golem de chair couvert de stigmates eut un mouvement de recul intuitive. Personne ne c’était adresser de la sorte envers la lie de l’humanité qu’il était. Habituellement c’était des propos injurieux, blessants ou hautains que les gens lançaient à l’horrible faciès de l’homme à la musculation disproportionné. Il écouta le flot de paroles, se perdant dans l’immensité des mots qui se déversait de la bouche de la blonde qui boitait légèrement. Le garde était salement amoché, perdant du sang de plusieurs enfilades laissé là par les dagues de ses assaillants. Alors que la dame, Eve quelque chose pour l’esprit lent de Ralvek, dictait la marche à suivre, le golem de chair enleva son heaume pour laisser sa laideur à la vue de tous. Autant se présenter sous son vrai jour et mettre carte sur table. Démontrer à tous que le garde avait raison de le surnommer le monstre. Un faciès viril, couvert de cicatrices, fut donc présenter. Mais la bonté, la douceur et la candeur surnaturelle de ses yeux de la couleur de la mer démontrait que sous les remparts de laideur de ce corps honni de tous se cachait un être bon. Une main immense caressa alors le museau de la vieille bête de somme pour la remercier et le cheval henni de joie. Alors le mercenaire planta son regard dans les yeux d’azur de la blonde et parla de sa voix rocailleuses. Intimidante pour plusieurs, mais dont les mots semblaient baigner par une douceur qui ne devrait être présente chez cet individu immonde.

Ralvek- Ralvek madame Eve… Je vais vous accompagner… Mais je ne veux pas de récompense… Juste savoir que le petit commandant à retrouver sa mère c’est assez pour moi… Et n’importe qui aurait venu vous aidez… Je peux vous aider à vous assoir sur Burricot? Vous boitez et le château est loin… Après quelques minutes vous ne pourrez plus marcher…

Un hochement de tête affirmatif de la jeune femme et la voilà déjà entre ciel et terre dans une douce saisit des mains puissantes du mastodonte en armure. Le petit riait aux éclats, ce qui fit naitre un sourire d’une luminosité immense sur les lèvres exsangues du briscard.

Ralvek- Voilà c’est mieux… Je soigne votre ami car il ne pourra tenir le chemin… Vous pouvez surveiller les alentours?

Tendant une gourde d’eau de vie pour donner un coup de fouet au garde qui semblait reconnaissant, le géant au cœur d’or ouvrit une besace pour sortir quelques bandages et des onguents fait par ses soins. En quelques minutes les pansements de fortune furent placés sur les plaies les plus importants et avec une douceur saisissante pour l’installer devant la jeune femme au charisme certain. Tendant une gourde d’eau de source à Eve pour lui permettre de boire, le géant analysa la situation. Le garde était très faible et ne pourra tenir en équilibre sur le vieux cheval des lieus durant. De nouveau le mercenaire parla de sa voix rauque, profonde et lente à souhait.

Ralvek- Vous pouvez tenir votre ami pour qu’il ne chute pas?

Une lueur joyeuse et espiègle traversa le regard de la chose.

Ralvek- Le petit commandant devrait aussi avoir une monture… Je peux le prendre?

À la surprise du guerrier monstrueux, Eve lui tendit le fruit de ses entrailles et aussitôt le golem de chair assis le garçonnet fou de joie sur ses épaules massives. La taille du géant était telle que le fils était presque au niveau de sa mère. Des souvenirs d’un bonheur enfoui sous des tonnes de souffrances reviennent alors à la mémoire de Ralvek. Charlotte riant aux éclats sur les épaules de son oncle, une joie éphémère. Imitant le hennissement d’un puissant destrier, le pas du mercenaire se fit sautant pour le plus grand amusement de Marek qui le guidait en demandant à sa mère de le regarder.

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MessageSujet: Re: Les apparences ne font pas le cœur | PV : Ralvek Ironside   Mer 7 Fév - 10:43


Les apparences ne font pas le cœur
Eve & Ralvek

« Seuls les actions nous définissent en tant qu'humain ou monstre. »
Le bonheur de retrouver mon fils n'avait pas de prix et ne pouvait pas être mesuré aussi facilement. C'était comme si je pouvais à nouveau respirer et à nouveau comprendre le sens de ma vie. Sans lui, je n'étais plus rien, à sa naissance, j'ai compris le véritable sens du mot aimer. Quand vous tenez votre enfant dans les bras, beaucoup de choses vous paraissent plus compréhensibles, parfois, c'est tellement dérisoire que vous vous étonnez à y songer alors que la fatigue de l'accouchement vous submerge et que la douleur qui en est lié est déjà très loin derrière vous. Je sais que l'histoire de Marek est très compliquée autant que la mienne, mais j'espérais parvenir à garder ce secret jusqu'à ma mort et au-delà encore. Personne ne devait savoir au risque de mettre mon bien le plus précieux en danger. Qui sait ce dont était capable les hommes lorsqu'ils se voyaient trahi. Je connais la réponse venant de Roan, mais le savais-je réellement de mon mari ? Surtout en ayant appris ce qu'avait fait son neveu à ma cousine durant tant d'année. Je haïssais celui que je prenais comme une victime d'une réaction qui m'avait échappé surtout de la part de Visenya, mais à l'heure actuelle connaissant mieux les faits, je peux affirmer que j'en aurai fait tout autant. Une femme ne doit jamais être victime des coups d'un homme. Revoir ma cousine m'a profondément marqué, soulagée aussi de la savoir envie, mais curieuse de sa vie dorénavant. Mais, j'ai bien pu voir dans son regard qu'elle ne souhaitait pas partager ce qu'elle faisait et je respectais cela.

Mais dois-je vraiment y songer maintenant ? Après que j'ai failli connaître le pire sans l'intervention de cet homme envers lequel le garde éprouvait une grande méfiance de prime abord. Je peux le comprendre après avoir dû combattre comme un loup désespéré contre les bandits. La fatigue et sa perte considérable de sang ne lui permettaient pas d'user de son instinct pour savoir ce qu'il devait penser. Cependant, heureusement que je n'étais pas le genre de personne à être effrayé par le faciès de quelqu'un et de dire s'il était bon ou mauvais parce que sa carrure était impressionnante. Je savais sans doute mieux que personne que le physique ne prouvait pas ce dont était vraiment capable une personne. Roan est un homme beau, c'est un fait indéniable, mais je savais également qu'il est capable des pires atrocités, que ce n'est en aucun cas un homme bien et malgré tout, j'étais attiré à lui parce qu'au fond, une part de lui était apaisante et je savais qu'il était un être à part. C'est difficile à comprendre même pour moi, mais j'ai su être conquise par lui alors, que ma raison m'a poussé à de multiples reprises de m'éloigner de lui, de tout cesser entre nous, mais cela s'était avéré inutile. Oui, je ne pouvais pas me séparer de lui, c'était quelque chose de grisant et d'effrayant à la fois.

- Ralvek madame Eve… Je vais vous accompagner… Mais je ne veux pas de récompense… Juste savoir que le petit commandant à retrouver sa mère c’est assez pour moi… Et n’importe qui aurait venu vous aidez… Je peux vous aider à vous assoir sur Burricot? Vous boitez et le château est loin… Après quelques minutes vous ne pourrez plus marcher…

« Je crains que non. » Fis-je simplement lorsqu'il dit que d'autres auraient sans doute aidé. J'avais espoir au genre humain et à la bonté que certains pouvaient avoir en eux, mais je n'étais guère naïve non plus. Je pose mon regard sur mon fils, il semblait plus calme et fier d'avoir appelé de l'aide. C'est vrai qu'il venait de nous sauver d'une mort certaine, fière de lui, je savais que mon mari le serait tout autant tout comme il sera en colère que je ne l'écoute pas en restant cloîtré dans l'enceinte du château. Cependant, je refuse à être confinée dans un espace où les gens de la cour sont prompts à médire et à inventer des rumeurs pour se donner de l'importance.

Reprenant le fil de la situation, j'observe notre sauveur hochant la tête face à sa constatation. Je boîte et je risque de me blesser davantage et de ralentir la cadence et ce n'était pas ce qu'il fallait faire au vue de l'état de ce pauvre garde dont l'homme s'était chargé pour au moins guérir sommairement les blessures qui méritaient l'attention d'un véritable guérisseur. Je hoche alors, la tête face à sa proposition de monter sur le cheval, j'aurai pu le faire moi-même d'ailleurs, mais l'homme en décida autrement sans doute pour minimiser mes mouvements, ce qui fit bien sûr mon fils. Au moins, avait-il la faculté d'oublier les mauvaises choses, ce qui n'était pas un mal surtout pour un enfant de son âge. Je suis heureuse de constater qu'il est comme moi, à tenter de reprendre vite le dessus sur les mauvaises.

- Voilà c’est mieux… Je soigne votre ami car il ne pourra tenir le chemin… Vous pouvez surveiller les alentours?

« Oui bien sûr. »

Un sourire se dessine sur mon visage, reconnaissante envers sa bienveillance. Le garde n'avait plus la force de faire quoi que ce soit hormis se laisser faire en grinçant des dents sous la douleur. Allait-il survivre ? Je l'ignorais, la gravité des blessures était telle que nous étions tous dans l'ignorance, c'est pour cela qu'il fallait rejoindre le château au plus vite. Je ne regardais pas, par pudeur et respect surtout, je préférais me concentrer sur l'horizon afin de constater que nous pouvions nous fier à la tranquillité désormais. Il n'y aurait pas d'embuscade, pas avec la démonstration de force que Ralvek a démontré plus tôt. Lorsque les premiers soins apportés fut terminés, il mit le garde devant moi et automatiquement, je fis en sorte de le caler contre moi afin qu'il ne tombe pas. J'ai toujours été une excellente cavalière, je montais bien mieux qu'un homme et je ne suis jamais tombée de cheval jusqu'à présent, même si on ne dit jamais ce mot, je pouvais affirmer fièrement cette qualité dont ma propre mère était fière.

- Vous pouvez tenir votre ami pour qu’il ne chute pas?

« Oui ne vous en faites pas Ralvek, j'ai l'habitude. » Quand vous vous occupez de deux frères plus jeunes que vous et que ces derniers prompts toujours prompts à se blesser, alors, on prend rapidement le plie.

- Le petit commandant devrait aussi avoir une monture… Je peux le prendre?

En voyant mon fils, je constatais son envie d'être sur les épaules de son nouvel ami et immédiatement, je le portais pour le temps à Ralvek, confiante que ce dernier prendra soin de mon fils. Je n'avais aucun doute sur cela étant donné l'acte de bravoure dont il a été l'acteur plus tôt. J'ai bien lu l'étonnement sur son faciès, sans doute était-il habitué à des réactions bien différentes, mais pour ma part, je suis propriétaire d'un certain savoir de pouvoir lire les âmes des gens et hormis tristesse et douceur, je ne voyais aucun machiavélisme dans les pupilles claires du géant.

Donnant ordre d'un mouvement simple au cheval, ce dernier se mit à avancer et je ne pus m'empêcher de rire doucement en voyant l'attitude presque paternel que Ralvek portait envers mon fils. Marek semblait s'amuser et cela me rassurait grandement, je portais néanmoins un regard vers le garde somnolant contre moi, il semblait mieux. J'ai eu peur l'espace d'un instant, mais le sang tapissant son corps était surtout celui des adversaires qu'il a tué un peu plus tôt pour nous protéger mon fils et moi.

« Vous semblez savoir vous y prendre avec les enfants. En avez-vous Ralvek ? » Je regarde Marek caresser la tête du géant et cette scène m'attendrit immédiatement. « Je vous suis reconnaissante pour avoir sauvé la vie de mon fils et la nôtre. Et il serait honteux pour moi de ne pas pouvoir vous récompenser. »

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MessageSujet: Re: Les apparences ne font pas le cœur | PV : Ralvek Ironside   Ven 9 Fév - 13:53

Les apparences ne font pas le cœur.
Le cœur du mercenaire disproportionné battait joyeusement dans l’immense torse. L’allégresse de ce moment magique, sublime et totalement surprenant laissait entrevoir le sourire lumineux de la bête à des lieus à la ronde. La petite voix de son cavalier riait aux éclats et le garçonnet guidait le colosse balafré comme si ce dernier était un puissant destrier de combat. Dans l’esprit lent de la chose il se voyait dans une autre vie, un autre plan d’existence. Les rares moments de joie de la lie de l’humanité qu’il avait connu, avant le drame qui l’avait complètement anéanti, avait toujours comme actrice de premier plan Charlotte. Quand le véritable Benjamin transportait la fillette sur ses épaules monstrueuse au travers champs verdoyants. Ils couraient comme au ralenti, explorateurs dans leurs imaginaires. Des fous rires accompagnaient les pas de course de l’être difforme et prime de satisfaction dut la capture d’un magnifique papillon de la nièce adoré du monstre. Les paroles de la mère de l’enfant, une tête couronnée à ce que l’immense briscard avait compris, firent ralentir le mouvement du golem de chair couvert de stigmates d’une vie de souffrance. Comme un chevalier calmant sa monstrueuse monture, l’enfant passa ses petits doigts dans la chevelure en brosse du mastodonte cauchemardesque. Quelques instants passèrent alors et la princesse à l’empathie si grande pouvait voir la tristesse planer au-dessus de l’océan calme et débordant de gentillesse de l’océan des yeux de la bête. Tout en maintenant une douce étreinte sur les jambes du garçonnet pour éviter une chute malheureuse, le golem de chair à la peau semblable à du cuir couvertes d’anciennes marques de la violence de sa vie soupira avec douceur. La voix rocailleuse n’était que sincérité, d’une certaine manière blasée et surtout d’une résignation déchirante.

Ralvek- Non madame Eve je n’ai pas d’enfants… Avant j’avais une nièce mais elle est parti en haut… Les dames n’apprécient aucunement ce que je suis… Donc je ne crois pas que j’aurai la chance d’avoir des enfants un jour… À part un ange la semaine dernière qui m’a parlé, vous êtes la seule en dix ans qui accepte de m’adresser la parole et dont les yeux ne sont pas révulser ou dégouter… Merci pour cet acte de bonté que vous faîtes envers le monstre que je suis…

Le mot monstre était prononcé avec une facilité et une inhumanité que l’homme difforme semblait s’identifier avec une facilité désarmante. C’était devenu une seconde nature, un environnement presque sécurisant pour le briscard à la musculation impressionnante. Il voulut répondre ensuite pour la récompense, la refuser une seconde fois pour argumenter que voir la mère et le fils réunis et en bonne santé était amplement suffisant pour lui, mais le garde somnolant coupa l’élan de la chose pathétique.

Garde- C’est sûr qu’il va accepter une récompense. C’est un chien de guerre, une épée à louer au plus offrant. On raconte des choses sur le géant des montagnes. Il peut assommer un cheval à main nue, tenir une ligne défensive à lui seul contre une dizaine d’attaquants…

De nouveau un soupir de résignation et de frustration s’échappa des lèvres exsangues du colosse balafré. Tournant un peu sa tête pour montrer son horrible faciès, le regard habituellement si calme et pure de la lie de l’humanité n’était devenu que dégoût et blasé à souhait.

Ralvek- Et je lance des boules de feu par les yeux et de puissants éclairs par le derrière… C’est des balivernes… Je travaille pour protéger des marchands des méchants et leurs permettre de revoir leur famille… Pour la récompense juste vous savoir les trois en sécurité je serais amplement satisfait… Mais…

Une lueur d’espièglerie et de candeur exceptionnelle passa dans le regard du monstre de foire. Il regarda le vieux destrier et hocha la tête.

Ralvek- Petit commandant…


L’enfant avait l’air heureux qu’on lui parle et répondit à la seconde.

Ralvek- Burricot était un destrier dans la légion… Pour ça qu’il est calme même si on se bat autour… Il a été blessé et vendu à un fermier qui l’a fait travailler toute sa vie… Maintenant il est vieux… Mais il peut encore faire des promenades… J’habite dans les bois et c’est pas la place pour un cheval de commandant… Tu pourrais t’en occuper et le rendre heureux? Si ta maman est d’accord?


Même en ces instants le mercenaire pensa aux autres. La grosse main de l'homme difforme tapota amoureusement le flanc du cheval qui hennit avec douceur en réponse à cette marque de tendresse.

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MessageSujet: Re: Les apparences ne font pas le cœur | PV : Ralvek Ironside   Mar 20 Mar - 21:40


Les apparences ne font pas le cœur
Eve & Ralvek

« Seuls les actions nous définissent en tant qu'humain ou monstre. »
Cet homme à l'apparence effrayante et intimidante, dissimulait un cœur immense. Malheureusement, je crains que peu de gens ne puisse voir comme moi, mon pauvre ami. Il a dû être victime de tant de médisances et de regards méchants, plus d'une fois, il a dû se sentir nuisible en ce monde. Mais, Ralvek n'est en rien la seule victime de ce genre de chose, malheureusement, les personnes qui démontrent une différence certaines avec les mœurs de Brise-Air, se retrouvait rapidement mis de côté. J'ai failli goûter à cela aussi, parce que je ne suis pas une adepte des mauvaises langues et que je ne propage pas de fausses rumeurs, ma gentillesse est à la fois quelque chose de précieux, mais aussi un aspect qui m'amène bien des ennuis. Si je ne fais guère attention, alors, soyez-en persuadée, je vais au-devant de bien des problèmes surtout avec le fait d'entretenir une aventure avec un pirate qui autrefois, ma retenue prisonnière. De cette rencontre, s'est joué mon avenir en quelque sorte et je ne pouvais me défaire à l'heure actuelle de Roan. Il est une partie de ma vie et sans doute celle de Marek, qui fièrement, se tenait sur les épaules immenses de notre sauveur. Tenant contre moi le pauvre soldat souffrant, je m'auto-flagelle de réprimandes pour avoir un sourire comme le mien face à ce spectacle qui adoucit malgré tout mon cœur. Comment pouvais-je voir négativement alors, que mon enfant venait d'éviter le pire et que je venais d'éviter une horrible situation, à nouveau. Si ma chère mère aurait été présente, sans doute, aurait-elle dit sans retenue que j'aurais dû apprendre l'art du combat ou qu'au moins j'aurais dû mettre en pratique les mouvements que je connais déjà. Cependant, je suis contre toute forme de violence et je préfère tenter de fuir en protégeant mon enfant en faisant de mon corps un bouclier, plutôt que de prendre l'épée et de la planter dans le corps de quelqu'un. Cela, je le laisse aux gardes, ils sont plus à même que moi dans le domaine.

Mais, en sommes-nous réellement là ? Revenons plutôt à la réalité. Triste réalité, je dirais parce que derrière nous, se trouve une terre souillée par le sang. Aucun n'aurait dû couler, mais c'est ainsi que fonctionne notre monde. Tuer ou être tué, c'est une loi lourde de sens et de conséquence. Jusqu'à présent, j'ai la chance de ne point être victime des mauvais tours que peut me jouer le destin, mais je reste cependant sur mes gardes. Quoi que je reste impuissante et je crois que c'est le cas pour beaucoup d'entre nous.

- Non madame Eve je n’ai pas d’enfants… Avant j’avais une nièce mais elle est parti en haut… Les dames n’apprécient aucunement ce que je suis… Donc je ne crois pas que j’aurai la chance d’avoir des enfants un jour… À part un ange la semaine dernière qui m’a parlé, vous êtes la seule en dix ans qui accepte de m’adresser la parole et dont les yeux ne sont pas révulser ou dégouter… Merci pour cet acte de bonté que vous faîtes envers le monstre que je suis…

« Vous avez une bien piètre opinion de vous Ralvek. Je ne vois aucun monstre ici, seulement deux hommes, un enfant et une femme. » J'esquisse un sourire, bien que mon esprit se soit bloqué au fait qu'il avait eu une famille qui, à présent, n'est plus. Voilà qui m'attriste grandement et qui pousse Marek, sans le savoir à tapoter gentiment la tête de son ami le géant. « De plus, nous ignorons de ce qu'est fait demain. Vous aurez sans doute des enfants ou peut-être en adopterez-vous. » Moi-même, je me pensais peu attirante, en tout cas, bien moins que Visenya qui a toujours eu une immense confiance en elle, contrairement à moi qui étais bien trop timide et prompt à m'effacer. Ce charme discret a su attirer le regard de mon époux et me voilà aujourd'hui, l'épouse du frère de notre roi.

- C’est sûr qu’il va accepter une récompense. C’est un chien de guerre, une épée à louer au plus offrant. On raconte des choses sur le géant des montagnes. Il peut assommer un cheval à mains nues, tenir une ligne défensive à lui seul contre une dizaine d’attaquants…

« Oh, je vous en prie... Soyez donc un peu plus gentil avec celui qui vous a sauvé la vie et n'écoutez pas donc ces rumeurs stupides. »

- Et je lance des boules de feu par les yeux et de puissants éclairs par le derrière… C’est des balivernes… Je travaille pour protéger des marchands des méchants et leurs permettre de revoir leur famille… Pour la récompense juste vous savoir les trois en sécurité je serais amplement satisfait… Mais…

Je relève la tête, bien que je sens le garde se crisper de honte contre moi, le visage de Ralvek semblait ennuyait par ces propos tout autant que je peux l'être. Quand on ne connaît pas les gens, nous sommes encouragés à raconter toutes sortes de rumeurs pour expliquer la force qu'il peut déployer. Cette histoire de géant est à mon sens, sans fondement et parfaitement exagéré et hors de propos. Ralvek est un être humain tout ce qu'il y a de plus normale, avec une carrure hors norme et un cœur à la mesure de sa gentillesse et de sa générosité. Je suis bien heureuse que des gens tels que lui puissent exister, cela me donne la foi plus encore.

- Petit commandant…

J'esquisse un léger sourire en voyant le bonheur rayonner sur le visage de mon fils. Il semble tellement heureux du haut de cette montagne d'amour que peut être Ralvek, il semble tellement l'aimer et généralement, mon fils a une sorte de sixième sens pour reconnaître les bonnes personnes des mauvaises et en générale, je me fis à son jugement.

- Burricot était un destrier dans la légion… Pour ça qu’il est calme même si on se bat autour… Il a été blessé et vendu à un fermier qui l’a fait travailler toute sa vie… Maintenant il est vieux… Mais il peut encore faire des promenades… J’habite dans les bois et c’est pas la place pour un cheval de commandant… Tu pourrais t’en occuper et le rendre heureux? Si ta maman est d’accord?

« C'est vrai ? » Marek regarde son ami avec de grands yeux plein d'étoiles. Lui qui rêvait d'avoir un cheval, voilà qu'on lui en offrait un. Cela me touchait beaucoup, mais je n'étais pas sûr que cela soit correcte. Cependant, l'air sûr de Ralvek muni à celui suppliant de mon fils, eurent raison de moi. Je poussais finalement un soupire résigné hochant la tête. « Je trouve que c'est une excellente idée. Et vous pourriez ainsi venir aussi souvent que vous le souhaitiez pour voir Burricot. N'est-ce pas Marek »

L'enfant hocha la tête et câlina son nouvel ami. Oui, il n'y a plus aucun doute possible. Ralvek est un homme bien, très loin des rumeurs que l'on pouvait dire à son propos.

Le chemin du retour se fit dans le calme, le soldat dormant paisiblement contre moi salissant malgré lui ma tenue de son sang. J'espère qu'on pourra le soigner et qu'il puisse s'en remettre rapidement. Marek chantonnait de bon cœur apprenant un nouvel air à son ami le géant tandis que moi, je veillais sur eux avec mon éternel instinct maternel qui est née en même temps que moi. J'ai toujours été ainsi avec mes jeunes frères et leurs amis, c'est pour cela qu'on m'a toujours confié la garde des petits quand les parents étaient absents. Je savais faire à manger et les rendre calme avec toutes sortes d'histoires inventés sur l'instant avec chacun d'eux comme personnage. D'ailleurs, c'est ainsi que je parviens à endormir mon fils, chaque soir, une histoire pour qu'il puisse s'en aller au pays des rêves.

« Voilà le château. » Je baisse les yeux vers le garde et souris. « Tenez bon, nous y sommes presque. » J'entends ce dernier donner une réponse qui ne fut au final qu'un gémissement d'épuisement et de fatigue.

À peine avait-on passé les portes que des gardes arrivèrent pour m'aider, mais j'ordonnais qu'on amène le garde voir le guérisseur, chose qu'on s'empressa de faire. Je ne fus guère étonné de voir mon époux arriver à grande vitesse, inquiet et soulagé à la fois.

« Eve. Marek. »

Notre fils agita ses bras en souriant et appelant son père qui vint m'aider à descendre. « Tout va bien... Nous avons malheureusement fait une mauvaise rencontre, mais le garde et ce cher Ralvek ont su nous protéger et nous sauver. »

Elias se redresse et est davantage soulagé en voyant son fils si heureux. Il incline doucement la tête en signe de gratitude envers Ralvek. « Je ne saurais comment vous remercier d'avoir sauvé mon épouse et mon fils. »

J'esquisse un sourire tout en m'avançant. « Ralvek ne désire rien, il est heureux que tout se termine bien. Néanmoins, je pense qu'on peut l'inviter au bal qu'en penses-tu. »

Mon époux semble réfléchir un instant tout en observant l'homme. « C'est une bonne idée. Mon frère va bientôt se marier et nous donnons un bal à cette occasion. Avec cet acte de bravoure, vous avez tout à fait votre place à ce bal. »

Je hoche la tête signant mon accord puis je regarde Ralvek. « Ne vous souciez de rien, je m'occuperais de vous aider. Non, je vous en pris, laissez-moi cet honneur. En signe de ma gratitude, même si c'est peu de chose. »

Une servante arrive faisant une légère révérence à mon époux et moi-même. « Irina, veuillez emmenez Marek se restaurer et vous vous chargerez de le nettoyer un peu et de le coucher. »

« Maman... Pas envie de dormir. »

« Petit homme, tu dois te reposer. »

« Mais veux rester avec mon ami. »

« Tu reverras Ralvek bien assez tôt. »

Quand Marek se met à bouder, on ne sait jamais quand cela va cesser, néanmoins, je le vois sortir sa pierre porte-bonheur et il l'a tend à Ralvek en souriant. « Pour toi... Elle protège et donne la chance. Elle est magique, tu peux faire tous pleins de vœux. »

Il semble tellement heureux, grâce au ciel, il a oublié l’événement de plus tôt. Mon fils m'étonnera toujours sur ce point. Il parvient à oublier les mauvaises choses pour ne garder les plus belles. Heureusement d'ailleurs...

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