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 Blessure éternelle

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MessageSujet: Blessure éternelle   Dim 14 Jan - 18:38

Blessure Éternelle
La main puissante et sillonner d’une multitude de cicatrice du mercenaire monstrueux poussa le lourd battant de l’auberge. La soudaine luminosité du soleil fit grogner quelques consommateurs habitués à la pénombre rassurante de ce débit de boisson. Mais aussitôt une éclipse bienfaitrice se produisit. Beaucoup pensèrent sur le coup que la porte s’était fermer, mais en vérité Ralvek venait de pénétrer dans les lieux. Le géant au cœur d’or, masse de muscle difforme et disproportionner pour la majorité du commun des mortels, venait de bloquer les rayons de l’astre solaire avec sa silhouette puissante. De son pas lent et chaloupant, se redressant après avoir franchi le seuil comme si golem de chair luttait en permanence contre une force invisible qui essayait de le rabaisser au sol, le briscard d’une multitude de combats se dirigea vers le fin fond de la salle. Ayant l’habitude grotesque d’attirer mépris et haine de par sa laideur et sa puissance latente, un peu comme un volcan toujours sur le point de faire gronder une colère éphémère, la lie de l’humanité alla s’assoir à une table solitaire au fin fond de l’auberge. Le battant s’était refermé avec un bruit mat, annonciateur au ménestrel sans talent de reprendre sa ritournelle plaintive.  

S’assoyant lourdement à la chaise de bois massif, le bois émit tout de même un craquement de lassitude, Ralvek déposa ses mains immenses et lézarder de cicatrices à plat sur la table. Du bout de ses doigts ayant la circonférence de saucisses le golem de chair à l’armure hétéroclite, composé de maille d’acier et de cuir bouilli, dessina les rayures dans le bois poli par le passage de centaines de clients. Soupirant lentement il eut une pensée pour sa nièce. Ce rayon de soleil de sa vie qu’il avait tué et démembrer pour assouvir une envie morbide. Comme au procès, il voyait toujours la scène macabre de l’extérieur, comme un témoin impuissant. Les policiers, le procureur et le juge lui avaient décrit les atrocités commises aux deux adolescentes et les preuves irréfutables contre lui. Déjà que son estime de soi avait pris un coup avec son apparence cauchemardesque et son intellect sous la moyenne, chaque jour depuis son réveil dans le carnage le plus épouvantable qui soit était un calvaire. Une servante vint alors briser les quelques souvenirs douloureux qui assaillaient sans relâche l’esprit embrumé de la bête. Le guerrier lourdement armée, une épée à deux mains et une épée longue accrocher dans son dos sous le lourd bouclier certifiait de sa compétence en la matière, commanda alors une cervoise et replongeant dans son état lunatique. Comme de coutume il n’avait pas vu les regards des autres clients, surtout un qui semblait surpris de voir le mastodonte à cet instant, diriger vers son horrible personne. Ralvek repensait doucement à une rencontre salvatrice avec une beauté sans nom…

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MessageSujet: Re: Blessure éternelle   Lun 15 Jan - 23:58


Blessure éternelle
Malvina & Ralvek

« Le passé reste. Il fait silence par moment, mais revient toujours à la charge.»
Des marins à profusion chantant des chansons à tue-tête. L'alcool montant à la tête, mais les rires faisant échos dans les oreilles de Malvina depuis son petit coin de paradis sombre dissimulé sous une cape qui l'était tout autant. L'atmosphère était semblable à tous les autres soirs, enjouée, mais la boisson y était pour beaucoup. Parfois, il suffisait d'un rien pour que ça éclate. Les pirates optaient plus pour le bordel pour prendre du bon temps, ce qui, faisait des vacances pour la jeune femme. Au moins, n'aura-t-elle pas à se battre avec eux, mais, elle le savait. Il y a toujours une tâche noire dans son horizon, même si le jour brillait fort à l’extérieur faisant de la neige un tableau que trop éblouissant pour une demoiselle qui n'accepte pas plus que cela la lumière dans sa vie. Elle en a peur de ce soleil bien trop brûlant, elle n'aime pas quand tout est lisse et immaculé. Il fallait que la neige soit tapissé de sang et écrasé par le pas des hommes afin qu'elle ne soit pas parfaite. Une façon de dire que le monde ne l'était pas et heureusement que les passages des gens faisaient en sorte de faire ressortir la boue et ainsi montrer ce qu'est vraiment la vie quand on se donne la peine de voir une réalité qui dépasse les naïfs. Elle pense à Lily surtout, elle si curieuse des hommes tentant de les comprendre comme si la jeune femme venait d'un autre univers, une sorte de miroir pour Malvina. Un reflet qui lui renvoie ce qu'elle aurait pu être si son père ne s'était pas montré aussi arrogant et méprisant pour les gens qui n’atteignaient pas l'intellect rêvé selon lui. Ce qui était le cas pour tous ceux ici. Cependant, Malvina, en refusant de suivre la route qu'il avait tracé pour elle, était elle-même devenue méprisable aux yeux de cet homme. Il pensait la faire souffrir, mais la jeune femme avait rapidement dépassé le stade de l'envie de faire naître une quelconque fierté dans l'être de cet individu. Entre liberté et intelligence, la jeune femme avait rapidement fait son choix. Optant pour une existence si différente de sa sœur et au fond, sans être présente, Malvina n'avait pu la protéger. Elle avait fait la fête, buvant et fumant des joints en compagnie du groupe le moins recommandable du lycée. Ceux lassés et répudiés par une vie qui n'avait pas grand sens à leurs yeux. La plupart de ces individus étaient soit trop intelligent, trop empathique, trop émotifs ou bien peu intelligents, mais conscient tout de même de la réalité que les adultes cachaient à leurs enfants pour les faire vivre correctement. Plus ou moins. Une époque révolu, mais dont est fière la jeune femme parce que c'est là, qu'elle a découvert, sa véritable personnalité. Ni bonne ni mauvaise, aussi bonne que méchante. Lumineuse et ténébreuse. Partagé entre deux mots qu'elle maintenait en un équilibre précaire. Faire le mal ou le bien. La frontière était mince et les individus multiples pour faire naître une envie spécifique. Un soucis, des millier de solutions pour y remédier. L'impulsion en était souvent le détonateur et la raison autant que la sagesse n'étaient que des fous apparaissant dans des pirouettes pour amuser la galerie.

La chope en face d'elle se vidait à mesure qu'elle la portait à ses lèvres pour s'hydrater et rapidement, elle en demanda une autre à la serveuse qui passait non loin d'elle devant faire fi des mains mal placés des marins trop éméchés. Tant que ces derniers n'étaient pas insistant, ils ne risquaient pas de se faire casser un bras par Malvina qui avait pris pour habitude de défendre les femmes contre ce genre d'attaque surtout depuis que sa jumelle a rencontré des personnes qui lui ont fait connaître les pires humiliations et les pires douleurs. La noirceur des hommes est profonde, insondable même. Curiosité ultime autant hypnotique que répugnante. Et Malvina faisait partie de cette catégorie dont elle n'avait pas honte, mais elle se réconfortait en se disant que ses actes avaient un but plus honorable.

Quand la porte s'ouvre et que le soleil vient perforer violemment les ténèbres, les marins se mettent à grogner dans leur barbe. Lumière et alcool ne font pas bon ménage et la jeune femme avait largement eu le temps de dissimuler son visage sous la capuche. Au moins, s'évita-t-elle de vociférer entre ses dents. Le silence qui accapara la taverne au point de faire taire le ménestrel n'intrigua pas plus que cela Malvina qui préféra plonger dans la chope nouvellement remplie par le tavernier. Elle ne peut s'empêcher de penser à l'époque où elle-même était derrière le bar à servir l'alcool tout en faisant virevolter les bouteilles pour offrir un peu de spectacle aux clients. De quoi parfois agrémenter les pourboires. Les femmes se laissent plus tenter par le spectacle que les hommes qui préféraient plonger dans le décolleté de la barmaid.

La musique reprenant, Malvina supposa que la personne n'était pas si intéressante que cela. Cependant, les médisances et les rires qui s'élevaient l'obligèrent à redresser la tête et là... Ce fut le choc. Tout un passé à la fois lointain et proche la frappa avec une force bien plus violente dont elle était capable et dont cet homme l'était. Durant de nombreuses années, elle a méprisé cet homme, l'ayant assené des pires insultes lorsqu'il a été condamné pour la mort de sa sœur et de sa meilleure amie.

Monstre. Connard. Crève. Promesse de tourment pour l'éternité. Des insultes qui pleuvaient sans s'arrêter à tel point qu'on avait dû la faire évacuer de la salle et de la calmer à coup de piqûre la conduisant d'urgence à l'hôpital à cause de sa crise d'hystérie. La souffrance de la perte de sa jumelle a été et est toujours une vive douleur pour Malvina. C'était le seul fantôme avec lequel elle vivait au quotidien. Pire encore, qu'elle devait contempler dès qu'elle croisait une surface réfléchissante. La jeune femme voyant tout ce que sa jumelle n'avait pas pu devenir. Tous les espoirs et les projets de Salomé tournant en boucle dans sa tête avec le désir profond que sa sœur change de plus en plus et puisse apprécier la vie telle qu'elle est sans avoir à trouver une logique partout. La remettre sur le droit chemin, c'était le souhait de Salomé. Celle-ci serait bien déçue en constatant ce que sa sœur est devenue dans un monde où elle aurait pu tout recommencer.

Durant bien des années, ce visage a été la profonde haine de Malvina jusqu'à ce qu'elle découvre la vérité. Jusqu'à ce qu'elle reprenne ses esprits sur une enquête stupidement menée. Des évidences trop faciles à trouver et un poids posé sur les épaules d'un homme qui n'avait fait que répondre à l'appel de sa nièce sans doute fait pour lui demander de l'aide et au lieu de cela...

Malvina serra les poings et regarda l'individu courbant les épaules comme honteux de sa présence. Il n'a pas changé depuis le jour de son procès, toujours à se penser fautif de tout, jusqu'à son apparence. Avant la prison, Malvina l'avait repéré de loin, mais sans réellement s'en rapprocher laissant cela à Salomé et sa meilleure amie. Sa jumelle avait dû le couvrir d'un sourire tendre après avoir passé le stade de la crainte. Après tout, Salomé a toujours été effrayée par les êtres imposants, mais capable de prendre confiance quand le premier mot était échangé.

Benjamin a été une victime et non un coupable. Elle avait tenté de lui écrire, mais, elle n'avait jamais obtenu de réponse. N'étant pas du genre trop insistant, la jeune femme avait arrêté de prendre contact avec lui et avait laissé le destin se faire. Après tout, il se sentait sans doute aussi coupable qu'elle. Il n'y avait qu'à le voir pour le comprendre. Cela aurait pu s'arrêter ici, sans que ce dernier ne vienne à prendre connaissance de l'existence de Malvina à Brise-Air, mais un homme trop éméché et à l'alcool violent ne vint déverser son flot d'insulte, méprisant l'apparence de celui qu'il appelait monstre. La colère grimpait en flèche en Malvina qui tentait de se contenir, mais en vain. Se levant doucement, elle se dirigea vers ce dernier stoppant le poing dirigé vers le visage de Benjamin. Emprisonnant ce dernier dans la paume de sa main, la jeune femme usa de son coude pour l'écraser violemment contre le nez de l'ivrogne. « Le seul con immonde ici, c'est toi. Tu fais tâche dans le paysage. » Finit-elle par dire.

« Oh toi la putain retourne à ta place. »

« Seconde erreur. » Dit-elle en retirant sa cape pour la laisser glisser le long de ses épaules et d'un réflexe, elle serra les poings dont les jointures finirent par craquer. « L'atmosphère était bien jusqu'à ce que t'ouvres ta gueule. Laisse-moi le plaisir de te la faire fermer. »

D'autres hommes se levèrent entourant la jeune femme. Apparemment, quand on fait montre d'un certain talent combatif, on devient une cible pour d'autres surtout quand on s'en prend à l'un des leurs. Ce n'était pas ça qui allait faire reculer Malvina qui les observait sans même à tourner la tête. Seul son regard allait de l'un à l'autre avant que ses mouvements vifs ne prennent vie éclatant la tête du premier venu sur la table, ce qui l’assomma immédiatement. Ce qu'elle ne prévu pas, c'est la lame que l'on sortait de son étui et à laquelle elle échappa de justesse non sans se faire lacérer légèrement la peau de son épaule. Le coup ayant pu lui perforer le cou comme l'auraient fait les crocs d'un loup enragé.

(c) DΛNDELION

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MessageSujet: Re: Blessure éternelle   Mar 16 Jan - 21:24

Blessure Éternelle
LLe mastodonte buvait doucement, par petite gorgée, sa cervoise. Ralvek n’avait plus vraiment de piécettes et il devait bientôt aller travailler pour le vieux Tom au port. Les dernières offres pour le mercenariat n’étaient que pour combler l’avarice ou la cupidité de l’employeur et le colosse au cœur d’or préférait aider les gens dans le besoin. Soupirant doucement, faisant fi des insultes des marins, le monstre de foire plongea son regard océanique si doux dans les flots ambré de son breuvage. Mais comme c’était son fardeau, sa malédiction ou comme un malheur n’arrive jamais seul, une grosse voix bourru et arrogante s’éleva tout près.

Marin- Par les dents pourrîtes d’un requin cadavérique Tim, regarde-moi ce type !

Tim- Tu es un monstre affreux, une erreur de la nature la chose!


Sachant pertinemment de qui les hommes discutaient, le cœur du monstre de serra de peine. Il ne voulait pas se battre encore. Encore plus important, le géant ne voulait pas que la rage le submerge encore une fois. Il déposa ses mains massives et lézarder de cicatrices à plat sur la table dans un geste d’apaisement. De chercher le salut dans l’inaction. Un des gaillards prit alors par la taille la serveuse, celle dame du port qui acceptait de parler un peu avec la lie de l’humanité. De la frayeur à l’état pur corrompait la pureté du regard de la jeune femme. À ce moment la rage commença à se former dans les tripes de la créature monstrueuse. Néanmoins un semblant de calme olympien se déposa alors sur les épaules massives de la bête. Une petite part de son subconscient hurlait de quitter les lieux, mais l’être primale emprisonner au tréfonds de l’âme du colosse ricana. En désespoir de cause, la main massive du géant se referma sur la chope et but une longue gorgée pour essayer de se calmer. Voulant dire aux malfrats de laisser la dame tranquille, le phénomène de foire eut la surprise de sa vie. Une frêle dame s’interposa entre l’erreur de la nature et les voyous. Une apparition guerrière et crâneuse prenait la défense d’un monstre contre deux hommes. Totalement sous le choc, le colosse resta les bras ballant. La mâchoire du mercenaire ne put résister à la gravité et sa bouche s’ouvrit alors totalement. Une main gracile intercepta un coup de poing dirigé vers la joue protégé par l’acier du heaume à cornes de bouc du golem de chair immonde.

Guerrière- Le seul con immonde ici, c'est toi. Tu fais tâche dans le paysage

Sur de leurs emprises et d’avoir la supériorité avec le groupe qui commençait à s’agrandir, les voyous rigolèrent dans leurs barbes.

Marin- Oh toi la putain retourne à ta place.

La jeune femme ne parut pas s’émouvoir des quatre gaillards émécher qui venait de se lever.

Guerrière- Seconde erreur.


L’être doté de la fureur guerrière venait de faire choir sa cape et craquer ses jointures en signe de défi.

Guerrière- L'atmosphère était bien jusqu'à ce que t'ouvres ta gueule. Laisse-moi le plaisir de te la faire fermer.

L’être cauchemardesque était en plein bataille intérieur, revivant les tourments qu’il avait subis tout au long de sa vie. La rage continua de consumer la volonté de Ralvek, tel un incendie de forêt. La seule raison que le mastodonte n’avait pas encore laissé le dominion de son corps à l’esprit de vengeance et de protection qui coexistait dans son âme, ce fut de préserver la serveuse de son horrible côté. Elle avait tellement fait pour le mercenaire immonde depuis son arrivé par le portail qu’il lui serait éternellement reconnaissant. L’ange avait dépassé le stade de l’apparence pour plonger son regard et mettre à nu l’âme de la bête. La divine apparition lui avait souri comme si Ralvek était un homme. Il ferma les yeux pour essayer de refouler la colère au plus profond de lui.

Serveuse- Laissez Ralvek! Il ne veut que boire sa chopine tranquille!

Encore une fois la courageuse femme s'interposa entre la lie de l'humanité et les voyous. Le mercenaire n'avait jamais vu une telle dévotion envers l'être pitoyable qu'il était. La seule personne qui surpassa la ferveur de la serveuse fut autrefois Charlotte. Repenser À son cher nièce trucider de ses mains affreuses n'aidait pas à calmer la fureur grandissante en son sein. L'homme au sourire de chacal cracha alors vers la divine apparition une poignée de mots.

Tim- Toi ta gueule la putain!


Les yeux du paisible homme difforme s'écarquillèrent de stupeur et de rage. Le fier à bras avait osé toucher la gracile blonde. Cette dernière semblait pétrifier par la peur, telle une souris devant le regard hypnotiseur d’un cobra. Sans ménagement la brute enfouit une main dans les jupons l’ange. Le point de non-retour de la rage de l’homme déformé était près d’être atteint. Le regard bleuté, autrefois si pur et sans malice, brillaient maintenant d’un sombre avertissement. Les malabars, trop occupé à regarder les deux femmes, ne prirent guère garde à la paisible créature. Un de ces soi-disant prédateurs tendit vers la jeune défenderesse de l’horreur sans nom.

Marin- Les gars on va s’am… arhg…

La guerrière à la chevelure de corbeau venait de lui saisir la tête pour lui fracasser sur la table du géant qui se laissa gagner par la haine de ces soi-disant hommes qui se comportaient comme des bêtes. Les yeux de chacun, habitué à la nyctalopie de la taverne, furent éblouis quelques instants par le reflet d’une lame. Du sang perla au cou d’ivoire de la jeune femme. Un autre fier à bras venait de basculer la serveuse sur une table pour lui dérober un baiser de force. Quand le fier à bras s’approcha pour embrasser la jeune femme pétrifié par la peur, Ralvek regarda le visage de celle-ci. Des larmes de frayeurs culaient tout doucement sur les joies de l’ange. Du sang brillait, petite goutte solitaire sur la lèvre pleine de la jeune femme, dans les lueurs dansantes du foyer. À cet instant précis le mercenaire bascula vers le monstre qui sommeille en chaque individu. Il se releva en poussant un hurlement à faire glacer le sang du plus intrépide des vétérans. D'une claque il fit virevolter la dague qui avait agresser la guerrière, laissant l’individu désarmé à ses bon soins. Mugissant tel un minotaure fonça directement sur un matador, la bête lança sa main ouverte vers le cou de Tim. Les doigts de sa main immense et rugueuse se transformèrent en serre. Agrippant le cou de l’être qui martyrisa l’ange, une des seules personnes qui avait donné un peu de compassion à l’erreur de nature. Tirant violemment vers l’arrière, comme si l’agresseur de la serveuse n’était qu’un enfant, le monstre de foire libéra la jeune femme de l’emprise de l’homme. Tim en fut estomaquer et il voulut user d’une bouteille de rhum sur le faciès monstrueux de Ralvek. Sans laisser le temps de finir le mouvement, le cauchemar ambulant ferma son poing à s’en faire blanchir les jointures. Tel un boulet de canon organique, le poing vengeur percuta l’estomac de Tim. Celui-ci essaya de se plier en deux, mais le colosse tenait toujours l’homme par la peau du cou. Remontant subitement son coude, Ralvek fragilisa la mâchoire du malabar. Celui-ci roula des yeux et essaya de faire un jam de panique de sa main non armé. Encaissant sans broncher le coup mal placé, le géant lâcha le pathétique agresseur. Celui-ci tomba alors à genoux et leva la tête vers le mastodonte. Le golem couvert de scarifications descendit un direct dévastateur sur la mâchoire patibulaire de l’homme, la cassa net. Une gerbe de sang, de dents et de morve fit un arc à la sortie des lèvres de l’être vaincu. La brute tomba face contre terre, sonné pour le compte.

Se redressant, un tabouret de bois accueillit le colosse dans la base de son dos. Le coup fut amoindri par le sac à dos de l’erreur de la nature. Le reste du coup dissipé par la rage et l’adrénaline qui courait dans les veines de l’être déformé. Ralvek porta son attention vers le deuxième lascar. Heureusement qu’aucun des deux anges ne purent voir le visage du mastodonte à cet instant. Les traits atypiques du faciès monstrueux étaient décomposés par la fureur. Une rage scintillait dans les yeux de l’homme à la musculation impressionnante. Un maelstrom de de férocité et d’hydrophobie d’une telle intensité cuvaient dans l’âme du géant. Tellement puissantes que les effroyables tsunamis paraissant pour une simple tempête tropicale en comparaison. L’homme au tabouret arma un nouveau coup, mais le géant lança une main et stoppa net l’élan du costaud. L’agresseur avait la posture typique d’un cogneur de massue. Les jambes bien écartées. Il n’en valu pas plus pour que le genou du genou soit tracter vers le haut. La largeur du genou, comparable au couvercle d’une marmite, ne laissa aucune chance à la zone sensible de l’homme. Celui-ci hurla d’une voix haut perché, vomit un peu et tomba à genoux. Tenant son précieux engin endolori dans ses mains, le malabar n’offrit aucune défense au coup de pied sur le côté de la tête. L’agresseur de l’ange et du monstre sombra dans l’inconscience. Les êtres à la réputation douteuse venaient d’apprendre une dure leçon. Il ne faut jamais troubler l’eau qui dort. Car on ne sait jamais quel monstre dort au fond.

Sans aucune hésitation le golem de chair se plaça tout près de la jeune guerrière pour faire un rempart de chair immonde et protecteur. Il fit craquer son cou de taureau et attendit le prochain mouvement…
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MessageSujet: Re: Blessure éternelle   Mer 24 Jan - 11:00


Blessure éternelle
Malvina & Ralvek

« Le passé reste. Il fait silence par moment, mais revient toujours à la charge.»
Tout n'est que pure barbarie. Je n'agis plus vraiment pour défendre, mais parce que l'envie a pris place dans mes chairs. Cet homme n'était qu'une victime de plus dans mon tableau de chasse. J'admets que c'est illogique avec ma façon d'agir, mais je ne peux pas supporter qu'on se donne le droit de tripoter une femme parce qu'elle lui plaît. Nous avons nos droits et surtout la possibilité de refuser. En fait, cette action n'a fait qu'agrandir ma colère quand il s'en est pris à un homme que j'avais accusé à tort du meurtre de ma sœur alors, qu'il n'a été que le bouc émissaire dans une affaire qui ne le concernait au même titre que moi. On lui a aussi arraché quelqu'un qu'il aimait par-dessus, tout comme moi. L'un comme l'autre, nous devions vivre avec leur visage ancré dans notre être comme une malédiction pensant de jour en jour sur nos épaules, nous empêchant ainsi de vivre comme on le voudrait. Mon visage me renvoie celui de ma jumelle, me rappelant chaque jour que je vis alors qu'elle non. Personne ne peut penser une seconde à l'effort que je fais au quotidien quand j'observe mon visage sur la moindre face réfléchissante ou bien simplement que le fait de respirer m'est une torture impossible. Chaque choix que je fais ne serait qu'une raison de plus de rendre le fantôme de ma sœur plus en colère encore contre moi, parce qu'elle a toujours privilégié une violence mesurée tandis que moi, je n'y voyais aucune limite. Peut-être suis-je dangereuse, sans pitié et sans conscience. En tout cas, je me vois plus monstrueuse encore que cet homme dont l'apparence ne semble plaire à personne et qui malgré les insultes est resté très digne malgré le mal et la colère grondant au fond de son être.

Mes membres agissaient par eux-mêmes comme s'ils étaient pourvus d'une conscience qui leur est propre. Je n'étais plus que leur pantin et ce rôle me satisfaisait pleinement. Pauvre femme qui voulait alléger l'atmosphère, calmer à sa manière la bagarre grondant dans l'ombre. Mais, sa gentillesse fut sa pire ennemie, car les marins préparaient déjà autre chose pour elle, une chose que je ne pouvais cautionner en tant que femme, mais en tant que sœur de victime de ce genre d'agression immoral et signe d'une lâcheté plus grande. En groupe, la plupart des hommes se sentent tellement puissants, alors, que seul, ils se retrouvent bien démunis et incapables de faire quoi que ce soit. La preuve en est quand j'écrase sans ménagement la tête de l'homme sur la table lui cassant le nez. Il saigne et cette vision me fait grandement plaisir. Ni répulsion ni regret dans mon geste alors, que je tends la main à la serveuse qui étonnée la prend. Pour la calmer, j'y dépose un baiser bien plus doux et en totale contradiction avec les gestes que j'ai pu avoir avec ces hommes. Une étincelle d'argent attira mon regard, je bousculais un peu la serveuse pour lui éviter de se prendre un coup de couteau perdu. L'évitant de justesse même si le sang se mit à couler par goutte sur le sol après avoir serpenté le long de mon épaule. En effet, ce n'était pas une bonne idée et je voyais à nouveau la serveuse se faire embarquer dans un moment qu'elle ne souhaitait pas. C'est là qu'un cri capta l'attention de tous dans la pièce. Le silence se faisait enfin maître et je regardai tous les visages de la taverne. Leurs figures étaient devenues aussi pâles qu'un linge que l'on vient de nettoyer et le feu semblait crépiter dans un son plus faible encore. Cet homme avait décidé de s'approprier toute la pièce de sa simple présence. Benjamin avait vraiment quelque chose d'impressionnant, mais aussi de terrorisant quand la colère prenait le pas en lui. Je pus le voir. Ce regard, cette étincelle si sombre qui la traverse. Serions-nous semblables au fond ? On nous a dit monstrueux et à force, je pense, qu'à notre manière, nous le sommes devenus pour survivre en quelque sorte dans un univers dans lequel on se complaît plus facilement. Personnellement, la lumière me rebute parce qu'elle ne montre qu'une partie de la vie. Dans les ombres, c'est plus facile d'évoluer, parce que je sais qu'il y aura toujours une lumière pour me guider. Elle sera sans doute faible, mais même la plus vacillante des étincelles peut opérer un changement conséquent dans un environnement.

Quand une nouvelle action prend vit. La bagarre grondant encore dans un coin de la pièce sonna enfin dans un écho lourd qui se répercutait sur les murs de la taverne tantôt calme. Je ne peux m'empêcher d'éprouver du plaisir à me battre et à faire mal, consciente que ces derniers n'auraient pas mesuré leur force que ce soit contre Benjamin ou bien contre la serveuse. Sans doute le tavernier aurait-il réagi, mais là, il est tel un homme pétrifié par le regard de Méduse.

Devrais-je être énervé du fait que cet homme se met devant moi dans l'espoir de me protéger alors, que je peux parfaitement y parvenir seule ? Dois-je être touché par son geste ? Je n'ai jamais compté sur personne d'autre que moi hormis à ma venue ici ou Iago a pris soin de m'aider et de m'offrir asile chez lui, endroit que je squatte depuis sa disparition soudaine et une autre femme qui, venant du même monde que moi m'a expliquer un peu le bordel où je me trouve actuellement. Cependant, il me plaît ce monde ancré dans une époque lointaine et pourtant en totale harmonie avec ma façon de faire. Rarement, la loi se mêle de nos problèmes tant qu'on sait comment fuir au bon moment. Je ne dis pas que les autorités ne viennent pas se mêler de certaines histoires, mais il y a moins de chance qu'ils viennent à saisir qui est le coupable comme ça.

De plus, qui viendrait dans une taverne comme celle-ci déranger la bagarre qui a commencé par ma faute. Je voulais défendre quelqu'un et d'autre ont été touché malheureusement. Il y a toujours des dommages collatéraux et cette serveuse en fait partie. J'en suis navrée pour elle, mais mieux vaut qu'elle aille se cacher derrière le comptoir le temps qu'on vienne à en finir avec ces marins sans cervelles. Demain, s'ils sont encore de ce monde, comprendront-ils que trop d'alcool, c'est mauvais pour eux. Mais à l'allure où vont les choses, je doute qu'il puisse espérer un autre lever de soleil. Je ne suis pas de celle qui laisse une seconde chance, rancunière à l'extrême et radical, mon jugement est aussi vite posé qu'une pluie de grêle dévastatrice déchiquetant une culture qui n'est pas arrivée à sa fin.

Mes coups pleuvent autant que ma rage prend de l'ampleur. Plus on me frappe et plus j'estime que je dois rendre la pareille. Benjamin fait rempart usant de sa force pour soumettre les gêneurs. Je tente de ne pas faire trop de victimes décidant de les blesser simplement, mais suffisant pour leur faire passer l'envie de recommencer.

Rien ne dure. Que ce soient les bonnes ou les mauvaises choses. Cette bagarre n'en fait pas exception. Quand le dernier marin tombe au sol vaincu, je croise le regard des hommes et des femmes qui n'ont pas bougé estimant que ce n'était pas leur problème. Leurs gestes ont été suspendu dans le temps, la scène est assez irréaliste d'ailleurs.

Mon souffle vient à rompre le silence environnant. Je m'y sens soudainement moins à ma place dans cette taverne. Cela ne m'amuse plus autant d'y être et pourtant, comme si rien ne s'était passé, j'enjambe l'un des corps au sol pour aller prendre place sur le banc à la table où Benjamin se trouvait tantôt. Ma cape à nouveau sur mes épaules, je tiens à reprendre un anonymat bien futile en ce moment, mais la fraîcheur du lieu m'invite à recouvrir mes épaules automatiquement. D'un regard, j'invite Benjamin a en faire autant, une discussion doit avoir lieu entre nous, je ne pense pas qu'il m'ait véritablement reconnu, j'étais qu'une adolescente lorsqu'il m'a croisé pour la dernière fois. Une ado en colère et haineuse qui lui proférer des paroles peu sympathique le maudissant jusqu'à la fin de ses jours, même si bien sûr, je me suis excusée par courrier pour lui signifier que les véritables coupables ont été tué par mes soins et qu'il n'avait rien à se reprocher. L'a-t-il seulement eu ? On sait tous que le courrier est finement étudié par la prison pour éviter tout trafic, alors supprimer ce style de courrier ne serait guère étonnant.

« Benjamin Thompson. » Fis-je lorsqu'il vient prendre place en face de moi. Je lève la main pour que la serveuse me voit commandant deux bières pour nous. Je pense qu'on les a largement mérités.

Étrangement, comme si de rien n'était. Les bruits et la musique reprirent de plus belle dans la taverne. Au moins, personne ne se souciait davantage de ceux au sol, sauf deux marins qui ont décidé de les virer à l'extérieur pour avoir joué les troubles fêtes. L'ambiance était bien avant qu'il n'ouvre leur gueule. D'accord, on pouvait se moquer, faire chier quelqu'un, mais pas ternir une ambiance quand on vient poser pied à terre. Des visages présents, je crois même reconnaître des gens adepte des combats qui se passent dans une arrière-salle du bordel, donc ces derniers savent parfaitement qu'il ne vaut mieux pas se frotter à moi. Déjà quand je suis calme, je peux faire mal alors, en colère, on voit que cela peut être plus douloureux même si ce n'est qu'un échantillon. Une colère gronde bien en moi et j'ai su en faire bon usage pour venger ma jumelle et son amie. Charlotte était sympa, mais selon ma jumelle, je l'effrayais un peu sur les bords, je n'en suis pas très étonnée au début. En tout cas, son impression s'effaça quand je les ai rejoints au centre commercial en les délestant de deux imbéciles un peu trop insistant. De ce moment, j'étais devenue un peu le chevalier de ma jumelle et de son amie. D'accord, je n'étais pas fréquentable de par mes choix discutables, mais je n'en étais pas mauvaise. J'ai trop été confiné dans les rêves d'un père dictateur envers moi et mon esprit à la hauteur de ces attentes, jusqu'à ce que je décide de devenir le monstre d'aujourd'hui et sans une once de regret. J'ai choisi un monde où on ne peut pas rester éternellement quelqu'un de bien, il faut, pour survivre, d'être l'opposé de ce que l'on fut. Aujourd'hui, cela me sauve plus d'une fois, mon regarde dissuadant autant que mes gestes et cela m'arrange.

J'avais intentionnellement fait silence le temps que la serveuse qui en avait fini avec le mode demoiselle en détresse nous rapporte nos bières nous souriant à l'un et l'autre. Malgré la démonstration de violence, elle semblait être reconnaissante. Tant mieux pour moi, je ne ferai pas virer de la taverne, quoi que le lieu a dû avoir son lot de monstruosité à différent degrés. Quand elle part enfin nous laissant en tête-à-tête, j'observe à nouveau l'homme de mon passé. « Tu ne te souviens pas de moi, on dirait. Faut dire que la dernière fois que l'on s'est vu, je t'ai maudit. » Je prends la chope et bois une gorgée de la boisson qui mériterait d'être plus fraîche, mais ma gorge l'accueil comme une tanière accueille son serpent. « Salomé était ma sœur jumelle. Je suis Malvina, la mauvaise graine toujours en vie. » Oui, je ne compte plus les fois où mon père m'a insulté et où ma mère a regretté d'avoir perdu Salomé au lieu de moi qui n'ai jamais eu quelque chose en commun avec elle. Je m'en foutais, ce qui me faisais réellement mal, c'est le vide intense que je ressens encore aujourd'hui. « Tu as reçu ma lettre ? » Mon visage ne lui dira rien, mais celui de ma sœur ou encore le mien sans doute.

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MessageSujet: Re: Blessure éternelle   Jeu 1 Fév - 2:41

Blessure Éternelle
La rixe fut brutale, intense et d’une violence inouïe. La jeune femme combattait comme si c’était le diable en personne. Elle frappait de tous ses membres, griffant les visages et semant l’inconscience au petit bonheur la chance. Ralvek usa de sa force phénoménale pour casser des mâchoires, déboiter des bras et couvrant son alliée du moment comme seul le monstrueux protecteur savait le faire. Le dernier marin tomba lourdement au sol les bras en croix après avoir reçu le poing, d’une grosseur équivalente à un boulet de canon organique, saturé de cicatrices au niveau de la tempe gauche. Respirant fortement comme un taureau qui défie du regard un nouvel inconscient de venir affronter sa fureur, le mercenaire à la musculation disproportionné retourna de son pas chaloupant vers sa table. Un grognement de dépit s’échappa de ses lèvres exsangues quand il aperçut sa chope reverser sur le bois patiné par le passage du temps et des clients. La gracile guerrière, ayant replacé sa cape sombre sur ses épaules menues, rejoignit la bête de foire et lui fit de s’assoir en faisant signe de ramener deux autres chopines. Mais dès que le poids considérable de la lie de l’humanité fit soupirer de lassitude le bois du banc de bois deux furent expulsé des lèvres pulpeuses de son vis-à-vis. Benjamin Thompson. Essayant de cacher sa détresse, son trouble et de grincer les dents à s’en faire sauter l’émail dessus, le golem de chair sanctifier déposa à plat ses mains immenses sur la table. Bien à plat, mais les deux appendices ressemblaient à des monticules immondes de chairs couverts de cicatrices relatant tellement de souffrance. Les paupières se plissèrent comme ceux d’un serpent et des lueurs inquisitrices passaient dans le regard océanique habituellement si calme. Ne remarquant aucunement la serveuse et son sourire de remerciement, de l’ambiance qui essayait de revenir dans l’auberge et la chopine de cervoise tiède qui avait remplacé la sienne tomber lors de la pagaille, l’esprit pitoyable de la Bête essayait de passer en revue les personnes présentes à Brise-Air qui pourrait connaître son triste passé. La médecin blonde et Megan qui buvait une chope avec lui à chaque nouvelle en silence pour se rappeler de leur monde d’origine.

L’apparition de son passé sordide, de son fardeau quotidien lui révéla son identité et une immense chape de tristesse tomba brusquement sur les épaules massives du géant au cœur d’or. Il ancra son regard océanique si doux et empathique dans les yeux de braise ou une sourde colère semblait se lover au sein de la jumelle d’un de ses anges d’autrefois. Il ne toucha pas à son alcool, plonger dans des souvenirs douloureux ou une adolescente trahi et en rage hurlait à l’assassin de deux lueurs d’humanité qu’elle allait le tuer, qu’elle le maudissait pour l’éternité. Il fit alors un pauvre sourire, une peine palpable éteignait un peu la voix rocailleuse de la lie de l’humanité.

Ralvek- Je me souviens de toi Malvina… Non tu n’es pas une mauvaise graine… Pas selon Charlotte et surtout pas Salomé… Elles t’aimaient beaucoup… J’ai toujours su que tu es forte et décider… Tu es ici pour boucler la boucle? Me tuer comme tu l’as promis au tribunal? Tu veux finir ce que les hommes du pénitencier ont essayé de faire?

Prenant d’une main sur sa chopine, le monstre en prit une gorgée tout en regardant la jeune femme colérique. Il pouvait sentir les tsunamis de rage et de haine émaner du corps menu. Mais au fond de cette noirceur il vit la lueur d’amour et de douceur que sa sœur jumelle possédait. Cette bonté qui avait poussé l’amie de Charlotte de comprendre et de voir l’âme scintillante de gentillesse camoufler par ce corps honni de tous.

Ralvek- Quelle lettre? Un homme à essayer de me tuer et je croyais que c’était toi qui l’avait envoyé… Mais je n’ai jamais eu de lettre… J’ai passé la dernière année sur terre en confinement couper de l’extérieur… Mais c’est normal je suis un monstre d’avoir fait ce que j’ai fait… De t’avoir arraché ta sœur et tuer ce qui était le plus précieux à mes yeux…


L’homme à la carence intellectuel amoindrie se demandait ce qui se passait et priait un Dieu trop souvent absent qu’il l’empêche de tomber dans une rage totale et de tuer encore une innocente…

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MessageSujet: Re: Blessure éternelle   Mer 7 Fév - 10:47


Blessure éternelle
Malvina & Ralvek

« Le passé reste. Il fait silence par moment, mais revient toujours à la charge.»
Alors que dans notre monde, nous serions déjà recherchés par la police pour coups et blessures, ici, à Brise-Air, nous reprenions comme si rien n'avait eu lieu. Tout le monde autour de nous, reprenait les choses où elles avaient été stoppé le temps de cette courte rixe. Par simple principe, j'avais agi intentionnellement et rapidement sans trop réfléchir à la situation. D'aussi loin que je puisse m'en rappeler, Salomé avait toujours eu une bonne opinion de Benji même s'il semblait différent en bien des points. Moi, sans rien dire, je l'écoutais en me disant que cet homme et moi n'étions pas si différents que cela, nous étions mis de côté de par nos différences. Lui qu'on considérait comme une force de la nature, tandis que moi, comme trop intelligente pour une société qui en demandait automatiquement trop pour les esprits comme le mien. L'un comme l'autre, un poids demeurait sur nos épaules et cela continuait aujourd'hui, mais pour des raisons totalement différentes. Dans une affaire monstrueuse, nous avons perdu ce qui faisait notre joie et lui, injustement accusé pour préserver le témoignage d'hommes qui ne méritaient pas de respirer un jour de plus. Lui qui se pensait monstre depuis toujours, ne se doutait pas encore qu'il en avait un devant lui et dont le physique sombre ne pouvait que donner cette impression. Impression que je gardais au fil du temps puisque cela me permettait d'élever une certaine crainte de mes vis-à-vis. Se protéger en faisant ressortir l'aura mauvaise que je peux avoir au fond de moi. Alors, que mes poings ont frappé sans aucune forme de pitié éclatant une tête sur la table, comme si je frappais mon poing d'une colère soudaine sous un bois où il y a quelques taches de sang. Moi, je reprenais simplement ma place en demandant à nouveau deux nouvelles chopes bien remplit pour nous désaltérer un peu. On aura besoin au vu de la conversation qui se profilait entre nous.

Sur l'instant, j'ai imaginé bien des choses à mes premières paroles. Était-il au courant de mes prises de contact ? Sans doute, ou bien sans doute pas. Je ne serais vraiment pas étonnée qu'on ait voulu le laisser pourrir dans sa cellule et dans le doute. J'ai pu apprendre plein de choses pour ma part, comme le fait que sa propre sœur ait engagé un tueur pour en finir avec lui. Je pourrai le lui dire, mais je lui enlèverais sans doute ce qui continue à lui donner le sourire, et même si j'étais la pire des personne en ce monde, je n'étais pas de celle qui viendrait à me montrer aussi horrible en révélant pourtant une vérité qu'il devrait savoir. Non, c'était mieux comme ça.

Le silence nous happe lui et moi, seules nos respirations semblaient nous rappeler que le temps continuait de défiler tout comme les rires bon enfant des marins et pirates qui se trouvaient autour de nous. Le ménestrel continuait de jouer sa ballade que j'écoutais d'une oreille à vrai dire. J'observais simplement, le visage de Benji pâlir à vu d’œil. Ce n'était pas le seul à vrai dire, moi non plus, je ne m'attendais pas à le revoir ici, je le croyais véritablement exécuté. Mais apparemment quelque chose ou quelqu'un nous poussait l'un vers l'autre. Autrefois, je lui ai promis la mort et voilà que maintenant les choses avaient changé. Non, j'avais su la vérité et sans doute que mes menaces envers lui étaient une des rares choses que je regrettais en même temps de ne pas avoir pu été là pour Salomé et Charlotte.

- Je me souviens de toi Malvina… Non tu n’es pas une mauvaise graine… Pas selon Charlotte et surtout pas Salomé… Elles t’aimaient beaucoup… J’ai toujours su que tu es forte et décider… Tu es ici pour boucler la boucle? Me tuer comme tu l’as promis au tribunal? Tu veux finir ce que les hommes du pénitencier ont essayé de faire?

Finalement, il parle. J'ai vraiment pensé que nos retrouvailles lui avaient enlevé le don de la parole. Cela ne m'aurait guère étonné, mais non, il venait de se lancer et moi, je l'écoutais avec attention. Je souhaitais presque ordonner à tout le monde de se taire, mais je ne fis rien. Non, j'observais ma chope en esquissant un sourire mauvais et ironique. « Oh si, je suis une mauvaise graine Benjamin... » C'était une vérité que j'ai accepté et découvert avec le temps, alors, lui aussi devra s'y faire à la longue. « Elles ne voyaient que le meilleur chez les autres, c'est ce qui les rendait spéciales à nos yeux. Ce qui faisait qu'elles étaient importantes pour nous, plus que nos propres vies. » J'ai toujours estimé que ma jumelle valait bien mieux que moi et je le pense toujours à l'heure actuelle. Je dois vivre avec sa mort sur la conscience acceptant chaque jour d'observer mon reflet dans un miroir même si cela me rappelle à quel point, il aurait mieux fallut qu'elle vive à ma place. « Non, je ne suis pas venue te tuer. Pour tout te dire... J'ai peu de regret dans ma vie, je ne souhaite pas en avoir. La mort de Salomé et Charlotte reste le plus grand de ma vie... Et mes menaces que j'ai proféré envers toi sont le second. »

Je lève un instant mes yeux vers lui, mais ce dernier échappe à tout contact préférant boire sa chopine plutôt que d'observer les ténèbres qui émanent de moi, même si le simple fait de mentionner les noms de nos disparus me ramènent à une époque où j'étais encore capable de douceur.

- Quelle lettre? Un homme à essayer de me tuer et je croyais que c’était toi qui l’avait envoyé… Mais je n’ai jamais eu de lettre… J’ai passé la dernière année sur terre en confinement couper de l’extérieur… Mais c’est normal je suis un monstre d’avoir fait ce que j’ai fait… De t’avoir arraché ta sœur et tuer ce qui était le plus précieux à mes yeux…

Je m'en doutais un peu qu'on ne viendrait pas à faire une correspondance entre lui et moi, je serre un peu plus la chope entre mes mains grognant entre mes dents. Voilà un exemple flagrant de ma rancœur envers les autorités.

« Bah, tu sais en prison, on veut souvent se faire une réputation. On a aussi essayé de me tuer. » J'aurais pu lui dire que la coupable de cette tentative, c'est sa sœur, mais je me retiens. Il en a assez bavé comme ça, j'avais appelé cette dernière pour lui révéler la vérité, mais elle n'a pas osé croire que la police serait capable de ça et pourtant. Je ne me serais pas mise dans une telle situation si cela n'avait pas été vrai. « J'crois qu'on n'a pas mal de chose à se dire toi et moi Benji. Tu ferais mieux de t'accrocher. » Je prends une nouvelle gorgée de bière l'observant par la même occasion. « T'es pas responsable de leurs morts. » Laisse-je tout de go. Autant lui affirmer cette vérité de but en blanc. « On te l'a fait croire. J'ai découvert par hasard que les véritables responsables étaient trois hommes qui sous l'effet de la drogue ont laissé parler leur sadisme. Mais vu les informations qu'ils détenaient le FBI a fait un accord avec eux et ont laissé la faute sur toi. Ils ont profité de toi et ton fait porter le chapeau. Il fallait un coupable et vu que tu étais là, c'est tombé sur toi. »

Je l'observe, je sais que ça faisait l'effet d'une bombe pour lui. Il devait ne pas comprendre ce qui arrivait en ce moment. « Si je suis là, c'est que j'ai été condamné à mort pour l'assassinat de ceux qui nous ont enlevé Salomé et Charlotte. Je les ai vengé en leur nom, j'ai fait une justice qui aurait dû être fait. » Je lui épargne les détails sordides de comment je m'y suis prise. Personnellement, ça ne me gênait pas de le faire, mais je préfère lui épargner cela tout comme je lui épargne le fait que sa propre sœur ait voulu le tuer. « T'as plus à t'en vouloir d'un acte que t'as pas commis. »

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