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 Gold heart

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depuis le : 07/01/2018
age : 41 ans
métier : mercenaire/vagabond
statut & orientation : hétéro et n'ayant jamais connu de tendres moments.


MessageSujet: Gold heart   Ven 12 Jan - 14:57

Gold heart
Une autre journée sans réel espoir venait de poindre dans le quotidien malheureux de la chose pathétique qu’était Ralvek. Comme à son habitude, depuis les 10 dernières années, le géant difforme errait dans les bois comme le ferait un vagabond. Plus qu’une fois des bandits de grands chemins, ces désespérés  qui ne désiraient qu’essayer d’emmener une mince pitance à leurs marmailles s’était jeté sur l’immense carcasse du monstre de foire avaient l’intention de le trucider pour détrousser de ses maigres biens le chiffonnier errant. Mais une mince lueur de volonté, de combativité guidait encore les réflexes du sosie du monstre Frankenstein. À chaque embuscade avortée, chaque escarmouche remportée, ces brigands ne pourraient  causer le déchirement d’une nouvelle famille. Au début Ralvek se voulait de lever sa lame couverte de sang vers d’autres personnes, mais même son esprit lent et ayant des carences intellectuelles avait compris que ce nouveau monde était sans pitié. Depuis son arrivé dans ce monde autant enchanteur que mortel, le colosse couvert d’une multitude de cicatrices repoussantes devait combattre autant des ennemis sur le champ de bataille que les préjugés qu’il avait connu lors de sa vie précédente. Être en pleine nature apportait simplement le seul sentiment de plein être que le mastodonte au cœur d’or pouvait aspirer. Heureusement qu’il avait appris à survivre à l’extérieur et avec le strict minimum qu’il apportait dans ses besaces. Les journées étaient pitoyables avec le briscard géant, mais les nuits étaient tout simplement traumatisantes depuis la mort de sa nièce. Les cauchemars reprenaient leurs assauts impitoyables sur l’âme si pure et lumineuse de celui qui s’appelait autrefois Benjamin. L’attaque se produisait toujours sournoisement et les griffes du croquemitaine labouraient sans relâche le cœur saturé de tristesse du golem de chair sanctifié.

Son esprit lent et hésitant baissa pavillon pour se réfugier dans la pénombre de sa conscience. Doucement, les paupières lourdes de fatigues se fermèrent et les traits atypiques et du colosse disproportionné se fermèrent. Soupirant lourdement, Ralvek se prépara à revoir le film peu glorieux de sa vie qui commença à tourbillonner sur le paravent de ses rideaux de chaires fermé. Étant un spectateur muet du carrousel d’images de son existence médiocre, le géant déformé ne pouvait que sourire au tout début. La naissance de son ange, les merveilleuses promenades dans le bois, les chants et les contes ne pouvaient que ravir le cœur débordant de bonté et d’humanité de Ralvek. Mais ce que redoutait tant le monstre de foire surgit alors des tréfonds de sa mémoire, tels un spectre qui se nourrissait de la terreur et l’angoisse de l’homme pétrifié. Dans un premier souffle la maladie de Charlotte. Ces longs mois de souffrance et d’impuissance que l’homme difforme vivait chaque jour. Il ne voulait pas perdre son ange, celle qui était si gentille avec lui et qui le comprenait si bien. L’homme à la constitution malséante s’était caché pour rester avec sa nièce adorée dans la chambre de l’hôpital. Il avait été là juste à sa rémission.  Ce faux sentiment de sérénité qui venait de soulager le cœur si meurtri de la Bête. Et maintenant la scène finale, les cadavres déchiqueter et complètement éviscérer de sa nièce et son amie qui avait connue des sévices imaginables. Le bruit écœurant de son propre cœur qui venait de fendre en mille morceaux. De ses larmes salines qui embrouillaient sa vision bleutée qui rappelait un océan tourbillonnant de tristesse. Ses mains rugueuses et immenses caressant une dernière fois la chevelure de l’être qui avait permis au monstre qu’il fût de partager ces moments divins en leur compagnie. Mais de la nouveauté macabre venait de se rajouter à l’horreur de ce cauchemar.  Les yeux de son ange s’ouvrait tout à coup, un voile blanchâtre recouvrant totalement la surface. Des accusations, les mêmes qui avaient conduit Benjamin dans le couloir de la mort et ensuite à Brise-Air,  s’échappèrent de ses lèvres ensanglantées et Charlotte se remettait sur ses pieds vacillants. Tout l’être de mastodonte voulait s’échapper, mais un espoir fou maintenait ses pieds bien ancrés au sol. Si ce n’était que le fruit de son imagination. Que sa nièce ne fût pas morte. Ralvek ne put qu’ouvrir ses bras immenses en signe de bienvenue à celle qu’il croyait à tort d’avoir perdu. Mais la main menue de Charlotte saisit la lame couverte d’hémoglobine et se jeta avec rage sur son bourreau qui ne se souvenait plus de rien. Une étreinte se produisit et le couteau à tapis acérée commença  à déchiqueter la chaire du colosse. Et celui-ci ne pouvait qu’accepter le baiser de la mort, heureux de rejoindre Charlotte dans un monde où ils ne seraient jamais séparés. Chaque fois l’erreur de la nature se réveillait en étouffant un hurlement de souffrance et de désespoir. Après ce réveil en sursaut, le cœur déchiqueté de l’homme tapant à toute allure dans sa poitrine difforme. La sueur s’échappait de ce corps monstrueux et souvent un cri de terreur accompagnait ce réveil brutal. Alors, le monstre de foire se leva pour affronter une autre journée dans ce monde chaotique et d’ignorance collective qui était son quotidien. Seule compensation, il était près de la nature. Ce lieu où les animaux se foutaient de son apparence et ne l’injuriaient aucunement. Ralvek pouvait même laisser ses doutes et ses peurs des gens de côté. Il pouvait se permettre d’être un peu l’homme que Charlotte voyait il y a si longtemps.

Avança à grands pas dans la direction qu’il avait sélectionnée la veille, lieu de sa prochaine fouille pour trouver des produits essentiels sa survie, Ralvek souriait maintenant grandement. Ce sourire, si souvent absent de son horrible faciès, repoussait au loin la laideur de l’homme pour ne laisser pulser toute la bonté et la gentillesse du géant au cœur d’or. Respirant l’air vivifiant, mais  froid de ce mois de janvier, la douceur modelait les traits durs du visage du golem de chair. Un apaisement sublime semblait avoir chuté sur les épaules massives de l’être à l’intellect douteux. Avançant tel un soldat au rythme chantant des oiseaux nichés dans les branches dépourvues de leurs parures, Ralvek s’enfonça sans craindre dans les bois qui hibernaient de par cet hiver saisissant. Bientôt une neige, plus un ballet de cristaux gelé, déposa sa froideur sur l’homme déformé. Le golem de chair parsemer de cicatrices profita de ce petit plaisir, si simple et si souvent ignoré des gens en général, en basculant sa tête vers l’arrière. Laissant les flocons merveilleux atterrir sur les traits atypiques de son visage, Ralvek laissa la douceur de cette caresse que la nature offrit à la lie de l’humanité. Seul attention délicate que l’être cauchemardesque en recherche d’une possible rédemption pouvait se permettre de jouir. Car aucune femme n’oserait toucher ce corps honni de tout, d’embrasser ces lèvres exsangues et de murmurer les plus merveilleux mots de la création à la lie de l’humanité. Mais l'attitude sereine du mineur changea subitement. Les échos d’un brouhaha venaient de faire taire le concert privé qui ravissait totalement le cœur tendre du monstre et celui-ci se pétrifia telle une statue grossière faite par un artisan peu doué en la matière. La ville, véritable tourbillon d’odeur et de vie, s’offrait au regard océanique de la bête de foire. Le mercenaire souleva ses larges épaules et s’engouffra dans une cohorte de gens qui s’empressaient de rejoindre la ville avec une frénésie peu commune. La virginité blanchâtre de la neige s’était transformée en cloaque brunâtre de par le passage des chariots de marchandise et des pieds des badauds. Le maraudeur géant au casque de corne de bouc, souvenir d’un champ de bataille lointain qui avait l’avantage de camouflé partiellement l’horrible faciès du monstre de foire,  fendit la foule qui s’écartait pour laisser place à la colline humaine en marche. Silencieusement, la tête haute comme l’expérience lui avait appris de se tenir pour qu’on le laisse en paix, le mastodonte qui dépassait la populace d’au moins une tête se dirigeait vers le marché. Dans un premier temps il pourrait essayer de vendre les armes des forbans qui menaçaient la petite ferme isolé. Contrat exécuter avec diligence et surtout une brutale conclusion quand Ralvek avec appris ce qui était arrivé à l’innocence de l’adolescente du fermier qui avaient aux mains traitresses et impurs des hommes avides de toutes sortes de richesses. Il se trouva un petit emplacement un peu en retrait et à sa grande surprise les armes se vendirent rapidement. Soulager de la perte de poids encombrantes des lames diverses au profit d’espèces sonnantes et trébuchantes, le géant difforme s’apprêta à retrouver la terre promise de l’itinérant. À savoir une paillasse près des cendres rougeâtre d’une auberge après avoir mangé un ragoût bien chaud et but quelques cervoises bien corsées.

Marchant de son pas lourd et un peu gauche, lunatique en pensant à ce petit coin de paradis, le géant couvert de stigmates d’une vie d’incompréhension et de souffrance entendit une voix perçant crier au gredin. Le golem de chair arrêta de bouger, il devient presque une gargouille à peine taillé dans un bloc de granit. Ses pensées allèrent vers son ange disparu depuis si longtemps. Sa nièce, Charlotte, qui avait su voir au-delà de la laideur du monstre et voir l’homme tapi au tréfonds de l’âme de Ralvek, lui avait dit de se tenir loin des querelles inutiles que les gens semblaient adorer déclencher.  L’esprit lent de la chose horrible allait ordonner au corps disproportionné de rebrousser chemin quand l’humanité du géant s’offusqua avec véhémence. La conscience de l’homme massif ne pouvait se résigner à laisser des gens souffrir de par le vol ou la violence. La bête était persuadé d’être encore de ce monde pour empêcher les lueurs de bienveillance de souffrir et d’encaisser la douleur à leur place. Son corps était parsemé des sévices cruels et barbares que les gens dis normaux avaient laissés au fil des années parlait de ce fait. Des stigmates autant physiques que psychologiques avaient procuré une carapace bien solide pour l’être si souvent diminué. N’écoutant que sa conscience, cette petite voix qui allait à coup sûr tuer l’erreur de la nature, Ralvek reprit ses gigantismes enjambés vers le lieu de ce nouveau drame. Mais à sa grande surprise une petite ombre le percuta solidement dans le dos.

Se retournant lentement, les pieds bien ancrés sur le sol gelé de ce mois de janvier, le spectacle pitoyable de la laideur du colosse se dévoila à l’enfant tombé sur son séant. Un pantalon de lin reprisé à de nombres repris, une armure disparate composé de maille et de cuir et un heaume avec des cornes de bouc. Une lourde cape de fourrure, jumeler à  la formidable constitution, permettait au mastodonte de ressentir à peine le froid. Un regard de bronze en fusion, débordant de douceur et d’une bienveillance sans borne, épiait la scène. L’enfant pouvait deviner aisément une puissante et solide ossature, des muscles volumineux et même disproportionnés cachés à grand-peine dans l’armure hétéroclite. Des mains géantes et grosses comme des boulets de canon. Une d’entre elles tenait serrée contre un immense sac reposant sur une imposante épée à deux mains. Une épée longue et un lourd bouclier. Une dague dépassait de la botte du mercenaire imposant.  Ralvek portait le poids effarants de son équipement avec l’aisance de l’habitude et la facilité que pouvaient procurer ses muscles immenses. L’autre main, ayant des doigts de la circonférence de saucisses, était levée pour effleurer le mur de la masure tout près. Les pieds, extraordinairement pointés vers l'extérieur et des plus stables, se dandinaient sous l’effet de l’interrogation toute légitime de ce moment stressant. La cage thoracique bien développée et un cou aussi large que son crâne. Des trapèzes laissant présager une force conséquente dans le haut de ce corps impressionnant. Ralvek devait dépasser la majorité des hommes d’une bonne trentaine de centimètres et devait peser presque le double. Devant le regard bleuté de l’enfant, le géant devait être plus associé au monstre des contes d’horreur qu’au genre humain. Ce mastodonte peut sembler être sorti droit des rêves fous d'un magicien ayant perdu le contact avec la réalité. Une tête en forme d'œuf, une dentition irrégulière, une mâchoire carrée et virile, des lèvres minces et presque exsangues, une fossette entre ses deux sourcils, des oreilles décollées, des cheveux châtains rasés d'une main malhabile et des orbites enfoncées. Tout pour qualifier ce visage aux traits atypiques de faciès monstrueux et repoussant. De son angle de vu, le voleur à la tire pouvait dénombrer la multitude de cicatrices qui lézardaient sur les mains et les avant-bras de la chose difforme en face de lui. Des panaches de fumées sortirent de ses narines alors qu’il expirait dans l’air froid.

Sans le savoir, le regard de la chose percuta les yeux ensorcelants de la spectatrice. Lunatique comme il était, le géant ne remarqua par les lueurs de cuivre merveilleux,  mais celle-ci pouvait lire comme un livre ouvert l’amalgame d’émotions qui luisaient du regard bleuté de la chose. Elle pouvait plonger au travers des yeux de Ralvek et contempler ces fenêtres donnant un libre accès à l'âme de cet imposant individu. Un mélange saisissant de mélancolie, d’angoisse, de prudence se reflétait dans les iris de l’homme déformé. Mais aux fins fonds des yeux, aux reflets dansants faisant penser au bleu si profond d'un océan par temps clair, des lueurs douces et rempli de compassion miroitaient sous la lumineuse de la pureté de l’âme du golem de chair. Un mystérieux mélange d’humanité grandiose et de bienveillance des plus déplacés dans ce corps d’être digne de figurer dans le bas échelon de la société humaine. Ralvek prit une seconde respiration, son ton rauque s’éleva alors dans l’air froid de ce jour d’hiver. Des mots furent mâchés, mastiqués même avec des roulements de pierres furent éjecter de sa bouche.

Ralvek- C’est toi le voleur?

Une inquiétude latente et une réelle compassion enrobaient chacune des syllabes projetées dans l’air frisquet. Ralvek pencha de nouveau sa tête vers le jeune garçon alors qu’un garde arriva en courant alerté par le cri. Le voleur fit oui de la tête et aussitôt la main rugueuse et immense du Goliath le releva pour le dissimuler. Il ne voulait pas qu’un si jeune enfant soit emprisonner dans une geôle et sorte après violenté, diminuer et ayant l’esprit bourré de violence latente. Le garde continua sa course et Ralvek se pencha au niveau du garçon pour que leurs regards soient l’un dans l’autre. Il leva une poigne immense tendu pour prendre son larcin. Une main rugueuse, immense et couverte de cicatrice dans un signe  d’apaisement et de bienveillance. Une voix rauque, ressemblante à un murmure et grinçante comme deux pierres qu’on frotte se leva dans l’air glacé.

Ralvek- Donne-moi ton vol… Ensuite tu vas aller voir le vieux Tom au port et demande à être messager… Ne va pas en geôle car c’est l’enfer…


Le jeune voleur donna le bijou et parla qu’il avait faim. Aussitôt le golem de chair fit preuve de candeur en donnant quelques piécettes pour permettre à l’affamé de se nourrir. L’être difforme était doté d’une empathie presque surnaturelle et avait compris aisément le pourquoi du vol. Il sut alors quel échoppe avait été victime et il laisse le jeune adolescent s’enfuir. Mais une patrouille remarqua le géant qui se dirigea de nouveau vers le marché de son pas pesant et surtout le collier qui était carrément déplacé dans une main si énorme. Aussitôt ils brandirent leurs armes d’hast au niveau de la gorge découvert du mercenaire. Il leva ses larges mains en signe de reddition. Calmement le ton rocailleux s’éleva dans l’air froid.


Ralvek- Je n’ai pas volé… Je veux juste remettre le bijou à sa…


Sergent de la garde- Ferme- là le monstre! Tu es coupable avec la tête que tu as!

Ralvek- Non…

Un panache de fumée sortit en même temps de la bouche aux dents mal alignées de l’homme. Comme si le nuage voulait souligner de la véracité des mots du mercenaire. Mais qui allait croire un individu de la sorte? Un homme cauchemardesque avec des muscles tout simplement disproportionné. Sûrement pas la majorité de la populace qui s’était assemblé pour assister à l’arrestation du golem de chair. Mais Ralvek préférait être celui qui sera jeté aux oubliettes à la place du garçon affamé. Les autres détenus allaient lui laisser la paix grâce à son imposante silhouette et qui sait ce que le jeune adolescent aurait enduré avec des vils êtres abjects?
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MessageSujet: Re: Gold heart   Ven 12 Jan - 16:06

Les flocons de neige étaient aussi belles et dangereuses que les roses. Je n’avais pas beaucoup le plaisir de voir ces petites boules tomber du ciel et se frotter au sol. Sur l’île d’Hara, là où j’habite il n’y a pas de neige. Ce n’est pas pour rien qu’on surnomme l’île l’île au printemps éternel. Il n’y avait jamais de réel froid, et j’avais beau m’habiller chaudement je pense que je n’arriverais jamais à m’acllimatiser au froid de l’hiver. Mais quand je vous dit que la neige est une chose dangereuse, peut-être que vous pensez à la glace, aux accidents, aux lacs gelés…. Certes c’est possible et fort ennuyeux, mais pour moi la neige pouvait être un danger vital. Ces petits flocons n’étaient rien d’autre que de l’eau sous une autre forme. Et bien que j’étais une créature de l’eau lorsque j’étais sur terre il était préférable que cela ne sache pas. Car l’être humain n’accepte pas les créatures différents. L’incompréhension crait la peur, même si dans le cas d’une sirène ce n’est pas réellement la peur mais plutôt de la convoitise qui s’est créé au fil des années. Nous étions que des créatures de légendes, même si certains connaissait notre existence, la plupart des citoyens nous prennent encore pour des contes de fée. Ce n’était pas plus mal, car on ne souhaitait pas se retrouver avec une chasse aux sirènes. Nous étions, certes d’une certaine manière éternelle, mais nous n’étions pas fort nombreux. Cela serait fort bête que tout à coup notre espèce s’éteint à cause de l’homme… Alors oui, pour en revenir à la neige. Toute forme d’eau pouvait dévoiler mon identité de sirène. Il fallait donc que je garde ma peau bien loin de chaque petit flocon de neige. J’avais pour cela mit des grosses bottes imperméables. Impossible que l’eau passe par là. Et c’était un bonnet et une capuche qui devait éviter toute flocon sur ma tête. Et bien sur des gants qui accompagnait le tout. Mais pour être certaine, je restais sous l’espèce de tente que j’avais créé pour protéger mes bijoux contre le vent et la pluie. Heureusement la neige ne durait pas longtemps et je pouvais donc respirer plus aisément. Bien que je n’aurais pas dû venir avec un temps pareil. Parfois je ne semblais pas utiliser mon cerveau de manière propice…

Cette journée s’annonçait froid et long. J’étais en train de me dire que je devrais peut-être terminer tôt et rentrer à la maison. Mon corps commençait à vouloir se réchauffer. Mais c’est alors que mes yeux remarquent une silhouette près de mon stand. Une ombre rapide qui venait de me chiper un objet. « Eeeh !!! » et puis je me réalisa qu’on venait de me voler ! Bah ça c’était bien une première ! De toutes les choses que je craignais dans le monde des humains : la révélation de mon identité, le viol, le meurtre… voilà que mon esprit n’avait jamais cru un jour que quelqu’un viendrait me voler et cela sous mon nez ! « Au voleur !!! Au voleur !! » Je mit un pied en dehors de mon stand, lorsque je remarquais les flaques d’eau… la neige qui avait fondu sous la semelle des gens. Mmm mauvais plan. Je ne fis donc pas un pas de plus. Ça serait bien le comble de me transformer en sirène devant toute cette foule. Alors figée par le destin, j’observais le voleur s’enfuir dans la foule jusqu’à ce qu’il heurt un géant. Car oui… moi j’étais déjà fort petite comme femme, mais alors l’homme qu’il venait de heurter… Wauw, c’était une montagne à mes yeux.

J’étais spectatrice de cette scène et lorsque mon regard croisait celui du géant, je ne sus comment décrire le sentiment qui me parcouru le corps. Dans les soixante-dix ans que j’avais, oh j’avais bien vu des regards. Certains était en effet des reflets de l’âme, facile à déchiffrer. D’autres ne faisaient que cacher des mauvaises intentions, et il y avait ceux qu’on n’arrivait pas réellement à déchiffrer, tant qu’ils étaient difficile. Le regard de l’homme était unique dans son genre. Du moins je n’en avais jamais vu un de la sorte. Facile à lire, et en même temps tellement compliqué face aux émotions que telles des vagues se brisaient à chaque fois contre le rocher de la vie. Ce ne fut que bien plus tard, lorsque nos regards furent briser que mes yeux parcouraient le restant du physique de ce géant. Tout comme son regard, son physique ne me semblait pas appartenir à ce monde. C’était un être que je n’avais jamais vu de ma vie. Un peu perplexe, car avec 77 ans derrière moi j’aurais cru avoir vu quasiment tout… Bah non pas du tout même. J’observais la scène, encore bloqué par la neige, mais également par la surprise qui me restait scotché au sol.

Oh cela ne fut bien plus tard que mes sens se réveillent à nouveau. A l’instant précis ou la garde était intervenu pour arrêter le voleur. Néanmoins ce n’était pas le vrai voleur qu’ils étaient en train d’arrêter. J’arque un sourcil et finit par prendre mes jupons par les deux mains et m’aventurais telle une grenouille au-dessus des flaques. Evitant soigneusement l’eau. Si quelqu’un était en train de m’observer il serait surement plié en deux. Mais finalement j’arrive à ma destination. Waow. L’homme est encore plus grand de ce que j’aurais cru de loin. Et moi qui me trouvais déjà petite.... Heureusement j’étais arrivée juste à temps. « Messire… Vous faites erreur. » Je regarde le soldat. Oh oui, il faisait erreur même si il semblait être persuadé que non. « Ce… » j’observais l’homme. Est-ce que je pouvais dire homme ? Devais-je dire autre chose ? Mmm je tourne mon regard à nouveau vers le soldat, me reprenant de plus belle. « Ce monsieur a payé pour cela. » et pour lui prouver que je ne mentais pas (enfin si, mais ssst), je lui montrais la bourse attachée à ma ceinture. Oh c’était celle d’Avran, qui était venu m’acheter un bijou pour Ada ce matin. Mais ça le soldat n’était pas censé le savoir. « Je pense que le vrai voleur est parti depuis longtemps maintenant… » Je regardais le soldat avec insistance, mais avec gentillesse. J’ai quasi dans toutes circonstance un sourire sur mes lèvres. Assez déroutant pour les gens qui ne comprennent pas que les gens puissent simplement être heureux dans leur vie.

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Lily
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MessageSujet: Re: Gold heart   Sam 13 Jan - 16:57

Gold heart
Le colosse ne savait plus quoi faire dans l’immédiat, tout juste que l’armoire à glace parvenait à respirer. Dans son for intérieur, Ralvek savait pertinemment ce qu’il allait se passer. Les gardes allaient envoyer en geôle l’innocente et pathétique créature. Celle-ci passerait plusieurs jours à se morfondre intérieurement de ses tristes souvenirs, n’ayant pas accès à la liberté et la nature qui lui apportaient un baume à son cœur lézardé par les griffes impitoyables de la déchéance et de la culpabilité. Le colosse cauchemardesques sera surement sommer de se battre avec des hommes ne voulant démontrer leurs virilité, des supposé alpha d’une meute pitoyable de suiveurs avides de violence gratuite. Les larges épaules du sosie de Frankenstein chutèrent de dépit, comme si une lourde cape de plomb composé de la haine et des préjugés de la foule bigarré venait de lui être jeter dans l’espoir de faire fléchir les genoux du géant balafré. Mais Ralvek vivait avec  le jugement des autres depuis si longtemps que sa carapace qu’il s’était forgé l’aider à passer au travers de ces jours sombres. Mais une voix angélique, à la sonorité si apaisante qui ressemblait au chant joyeux d’une chute d’eau qui rebondissait sur les pierres polies du lit de la rivière s’éleva dans l’air glacial. Malgré les pointes menaçantes des armes d’hast des gardes, de leurs regards effrayés et de rage à peine contenue envers la lie de l’humanité, Ralvek ferma les yeux. Il ne désirait que se laisser porter loin de cette situation trop souvent jouer comme un mélodrame pathétique.

Comme un naufragé en perdition qui venait de trouver une planche de salut dans la mer d’indifférence qui se débattait depuis le début de sa déchéance, le mercenaire imposant ne pouvait que savourer les mots  l’être divin qui allait affronter la fureur des gardes qui avait tout simplement tort. L’ouïe de la chose immonde entendit l’hésitation de la divine apparition qui lui refusait dans un premier temps de le comparer à un homme, trébuchant certainement à l’appeler créature de foire ou pire qualificatif. Mais surtout l’empathique chose discernait la bienveillance et la douceur qui émanait de ces mots projeter avec une grâce divine. Les gardes, sous l’ordre de leur sergent, descendirent à contrecœur leurs armes et l’officier se planta devant le colosse pour démontrer son autorité. Un air sévère, autoritaire et surtout supérieur était présent chez l’arrogant homme de loi.

Sergent- Tu peux remercier la demoiselle de t’avoir sorti de ce pétrin. Mais je sais que tu n’es qu’un monstre qui ne vit que pour le combat et je vais te surveiller crois-moi! Et je te conseille de quitter la ville rapidement. Oust du balai la chose et arrête de nous faire saigner des yeux avec ta laideur…

Sous les acclamations et les fous rires de ses hommes et des badauds présents l’officier fit sa sortie l’air triomphant. Les poings de Ralvek se crispèrent devant la soudaine monter de rage qui venait d’éclater soudainement comme un volcan qui se réveille après tant d’années en dormance. Si cet homme aurait eu des trips il aurait affronté la Bête et non se faire valoir en spectacle de la sorte. Mais le pendentif dans sa main le fit penser à la jeune femme, cet être d’exception qui s’était porté à la défense du mercenaire difforme. Il ne voulait pas lui causer d’autres soucis. Il respira profondément, son torse ressemblant à cet instant à un soufflet de forge, et la tension quitta ce corps honni de tous. Alors il plongea son regard océanique si doux, remplit de luminosité. Ralvek ne put s’empêcher à cet instant de songer que la parole angélique et aux mots qui ressemblaient à un ballet aérien si magnifique ne rendait aucunement justice à la grâce et la beauté si grandiose et presque surnaturelle de la dame devant lui. Elle n’était que magnificence pour le géant au cœur d’or. Des traits ciselés par un artiste qui avait sûrement reçu la visite d’une muse exceptionnelle pour créer pareille chef-d’œuvre. À moins que ce fût le reflet de cette source d’inspiration que l’artiste s’était tout simplement inspirer. Une chevelure qui semblait absorber la lumière ambiante pour augmenter la beauté et la douceur aux yeux de cuivre en fusion. L’empathique créature ne pouvait que ressentir candeur, bienveillance et  de bonté qui ne devait iqu’être originaire des cieux. Timidement, une rougeur discrète éclairant les joues labourées de cicatrices de son horrible faciès, le golem de chair tendit le bijou vers sa propriétaire. Dans son subconscient Ralvek savait à l’avance ce que la jeune femme allait faire en voyant pleinement l’horreur qu’il représentait a tous.


Le visage merveilleux de l’étrangère allait se tordre d’horreur. Les yeux noisette de l’ange allaient refléter une frayeur tout à fait légitime devant le spectacle grotesque que lui présentait l’erreur de la nature. Un long hurlement cassera une voix que le mercenaire savait si douce et capable de faire fondre n’importe quel cœur de glace de ce plan d’existence. Le corps gracile de la jeune muse allait reculer pour s’échapper de l’aura de laideur que dégageait le monstre de foire. Ne voulant pas affronter ce singulier spectacle qu’il avait vu à de trop nombreuses reprises, le Goliath à l’armure de chair lézarder de cicatrices hideuses se ferma les yeux et essaya de s’imaginer dans un autre lieu.  Son cœur mit en charpie soupira de résignation, persuader que l’apparition divine sera comme les autres personnes. Mais aucun cri, aucun éclat ne s’éleva alors de la jeune femme. Inquisiteur et surtout estomaquer de ne pas entendre une fuite précipité, la chose grotesque ouvrit un œil et quand il vit la brunette si belle faire un pas dans sa direction, le regard de la bête devint incrédule. Alors le mastodonte fut ébloui de nouveau par la chaleur d’un sourire si merveilleux. L’homme difforme se sentit alors piéger dans le regard  de cuivre en fusion si pur et rempli d’une gentillesse qu’il n’avait pu qu’apprécier que de la part de sa nièce.  L’imposant briscard  était figé sur place, tel un cerf que les phares d’une voiture avaient ébloui au détour d’un chemin tortueux. Mais il se ressaisit alors et fit un piètre sourire.

Ralvek- Merci mademoiselle… Personne avant vous n’a voulu m’aider de la sorte… Habituellement les gens continu leur chemin en riant de mon air de monstre.

Les yeux bleutés de la bête de foire, le miroir de l’âme si pur en quelque sorte, ne purent de propager un soulagement et reconnaissance des plus touchantes.  La lèvre supérieure tressauta quelque peu, sous l’effet de l’assaut d’une telle bonté envers la créature laide qu’il était. Donnant avec douceur le bijou magnifique, comme si la main gracile de l’être divin avait la fragilité de la porcelaine. Une délicatesse que peu de gens pouvait soupçonner  et dissimuler sous la force effarante et la laideur de ce corps puissamment bâti. Baissant un peu la voix, le ton rocailleux s’éleva avec difficulté des lèvres exsangues de la Bête.

Ralvek- Puis-je vous demander pourquoi vous m’avez aidé? Personne n’a démontrer pareille bienveillance envers moi depuis si longtemps…

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MessageSujet: Re: Gold heart   Sam 13 Jan - 21:14

Il y avait quelque chose dans son regard, d’un peu fragile et léger, comme un espoir. Immédiatement cela avait réveillé ma curiosité. Et puis la scène était simplement affreux à observer. Je ne pouvais pas rester les bras croisés. Parfois l’être humain me décevait, mais alors je me souviens qu’au fond même le plus vieux d’entre eux n’est qu’un simple adolescent dans les yeux d’une sirène. Ils ont rarement assez de temps pour apprendre réellement de leurs erreurs, et si c’est le cas… souvent c’est déjà trop tard et la mort vient frapper à leur porte. Mon regard croisait celui du soldat. Et bien qu’il y avait plein de choses que j’aurais voulu lui lancer au visage, je me tus. Je ne voulais pas qu’ils décident d’arrêter malgré tout l’homme, rien parce que j’aurais voulu jouer ma maligne en jouant avec les mots. Alors je mords ma lèvre inférieure et attend qu’il ait fini de cracher son testostérone. J’observais les soldats s’éloigner avant de retourner mon regard sur la grande statue que l’homme était venu. Il semblait s’être figé sur place, les yeux fermés. J’arque un sourcil. Que faisait-il ? Qu’attendait-il ? Voyant néanmoins le bijou qu’il voulait me rendre, je fis quelques pas en avant. Non je n’avais pas peur. Pourquoi devrais-je ? Je souris doucement en entendant ses paroles. « Lily… Je m’appelle Lily. » Mademoiselle me sonnait même après toutes ces années étrange dans les oreilles. Je voyais bien qu’il avait une certaine peur, peut-être un mur qu’il avait créé autour de lui. La protection de soi est tellement important dans ce monde… C’est dommage, car cela crée tellement de barrières entre les gens. « Il ne faut pas les en vouloir… Ils ne se réalisent pas ce que c’est d’être différent… Et de ne pas appartenir à leur monde. » Il devait trouver cela bien étrange… Car physiquement j’étais à ma place dans ce monde. Oui, mais à l’intérieur je sais que j’avais beau avoir des amis sur cette terre… ma place ne serait jamais ici. Mon esprit reste celui de l’océan. « Et bien souvent, ils ont leur propres soucis à gérer… ils ne veulent pas intervenir pour quelqu’un, de peur d’avoir réveillé un dragon de problèmes. »

C’était triste, les paroles du géant étaient tristes. Je savais que l’être humain n’était pas toujours l’être remplit de bienveillance et d’amour que j’aimerais tant qu’il soit. Mais je ne perdis pas espoir. Ils se perdaient, ils voulaient tous se faire accepter et certains pour cacher leur propres peurs s’en prenaient aux autres. « Il fallait bien que quelqu’un le fasse… » Je n’avais pas fait grand-chose. J’étais simplement intervenu afin que la justice triomphe, je n’avais pas risqué ma vie, ce n’était qu’une banalité. « J’ai vu ce que vous avez fait pour ce jeune garçon… » Cela faisait maintenant un bon bout de temps que j’observais l’espèce humaine et rare étaient ceux qui essaient d’aider réellement les autres. « Pourquoi avoir fait ça ? » Mais j’avais déjà vu la réponse dans son regard. Oui, je connaissais la réponse. Et c’était plutôt fascinant et même magnifique de voir que malgré tout ce qu’il doit enduré par ses semblables il continue à vouloir les aider… J’avais vu plein de gens se retourner contre les autres rien que par haine et vengeance. Lui, plus que tous les autres, aurait eu plus de raisons de le faire. Pourtant… c’était tout le contraire. Je ne le connaissais pas très bien, même pas du tout. Mais ce que j’avais vu dans son regard me prouvait que je pouvais lui faire confiance. Son regard de soie avec celui de l’innocence d’un enfant avec les cicatrices de la vie d’adulte imprégné sur son visage.

Mais mes sens furent alertés par le changement de climat, mon regard se levait vers le ciel. « Veuillez m’excuser… mais j’ai comme l’impression que le vent tourne et qu’il va bientôt pleuvoir… allons-nous abriter quelque part avant que les nuages lâchent leur colère sur la ville. » Oh oui, je voulais à tout prix éviter tout contact avec l’eau. Je ne voulais pas réellement qu’on se quitte déjà. Il m’intriguait et j’avais envie d’en apprendre plus sur lui. « Mmm cela vous dit d’aller boire quelque chose en attendant que le temps devient plus clément ? » De plus cela me permettrait de me réchauffer un peu. Mais peut-être ne voulait-il plus être dans un lieu bondé de monde ? Chose que je pouvais comprendre. « J’ai mon atelier qui n’est pas loin… je dois bien avoir une bouteille qui traine. »


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MessageSujet: Re: Gold heart   Dim 14 Jan - 14:49

Gold heart
Mais la suite de l’événement perturba totalement le mercenaire. Peu d’être humain avait passé le choc initiale de la rencontre avec l’erreur de la nature pour oser le toucher.  À la connaissance du mastodonte, il n’y avait que sa nièce qui avait eu le courage de déposer sa main douce sur celle rugueuse et immense du sosie de Frankenstein.  Maintenant la divine apparition, si semblable à un ange de miséricorde, acceptait de recouvrir de sa délicate main celle du monstre.  La respiration du golem de chair couvert de cicatrices immondes en fut couper par le choc, les yeux agrandis par cet acte insensé que l’inconnue venait de poser envers la lie de l’humanité.  Tout l’être de Ralvek ne voulait que s’enfuir de ce toucher si agréable. Il ne méritait pas pareil gentillesse ni considération. Sa propre mère lui avait plus qu’une fois qu’elle ne l’avait jamais désiré, qu’elle avait voulu le tuer dans alors qu’elle était enceinte et l’étouffer dans son sommeil lorsqu’il n’était qu’un nourrisson. Mais une partie de son être, celle de l’humanité lumineuse, ordonna à la volonté défaillante du géant de se reprendre et de rester là.  Dans les méandres de l’esprit lent de la chose qui se voulait humaine, il ne pouvait concevoir que qu’une dame plus étincelante que la nymphe étoilé, à la bonté et l’infinie gentillesse, accepte de se laisser compromettre avec ce pâle reflet d’homme.  Une nouveau sourire désarmant et le regard enchanteur de l’être simplement divin convainc finalement le mastodonte de décrisper ses muscles formidables. Elle reprit alors son bien avec une légèreté quasi surnaturelle qui fit luire le regard de l’homme difforme d’un éclat de douceur que peu de gens pouvait se permettre d’avoir observé chez cette bête cauchemardesque.

Les paroles chuchotés par la gracile beauté  fut des plus bénéfiques pour le mineur troublé par tant de bons sentiments. De toute sa vie, à part sa famille, Ralvek n’avait eu que du mépris et des paroles offensantes pour seules compagnie. L’esprit lent de la chose essaya alors de bien décortiquer le flot de parole et une lueur d’incompréhension passa dans son regard bleuté. Le menton du faciès monstrueux subis alors l’attraction terrestre devant l’intérêt que l’ange semblait lui porter.  

Le géant au cœur d’or n’avait retenu que trois éléments du discours de la dame à la perfection presque surnaturelle. Que l’être de candeur et de lumière divine s’appelait Lily, qu’il ne devait pas tenir rigueur aux gens qui n’avait pas osé défendre l’être indigne qu'il était et qu’elle semblait détester la pluie. Mais ce qu’il frappa plus le mastodonte fut le ton de la voix de la merveilleuse blonde. Un accent presque chanté, aux mots guillerets et qui ressemblaient tellement aux gloussements joyeux d’un mariage d’oiseaux dans une forêt calme et paisible. Le son cristallin d’une source d’eau pur qui ricoche sur des pierres polies ou bien le vent jouant calmement dans les feuilles d’un arbre majestueux.  Souriant pour la première fois, naïvement et dévoilent sa dentition inégale, le monstre de foire s’apprêtait à répondre au mieux de ses connaissances déficientes.

Ralvek- Moi c’est Ralvek… Lily c’est un beau prénom… Facile à retenir… Je n’ai pas un bon cerveau et les gens disent que c’est souvent vide dans ma tête… Si ça ne vous dérange pas j’accepterai… D’habitude les gens ne m’invitent nulle part…


Une grosse goutte d’eau atteignit alors le sommet du heaume du mercenaire hors norme. Le protecteur agit avec une vivacité qui avait confondu bon nombre d’adversaire qui avait cru affronter un monstre lent et puissant. Agrippant le rebord de la cape de fourrure hydrofuge il la souleva avec célérité pour recouvrir l’être de douceur et de lumière si agréable à son cœur maintes fois meurtries. Le géant était si grand et colossale que la marchande devait se sentir à l’abri sous une tente alors que les éléments se déchainaient subitement.  Le corps honni de tous dégageait une douce chaleur qui procurait un sentiment de réconfort et paix à Lily. Mais malgré cette proximité la gargouille de granite à peine sculpté essayait de maintenir une distance pour que sa laideur n’entache aucunement l’aura de perfection et de pureté de la jeune femme. Ensemble ils se rendirent à l’échoppe pour permettre à la marchande de récupérer ses biens. Alors qu’elle était à l’abri des intempéries, le corps cauchemardesque du géant balafré subissait de plein fouet les tourments de la nature. Mais dans le regard océanique de l’homme se lisait un air serin et une candeur sans nom. Son ton rocailleux, dur et presque intimidant si les mots n’étaient pas débordant d’une gentillesse sans borne.

Ralvek- Le garçon avait faim et il a commis un vol, mais il avait un bon fond… On m’a dit une fois que j’étais empatruc… Un mot difficile… Enfin je pouvais comprendre les émotions des gens… Aller en prison ce n’est pas bon vous savez mademoiselle Lily… Souvent l’enfant va sortir de là et il sera devenu méchant… Il méritait d’avoir une chance… Chance que je n’ai pas eue…

Soupirant avec lenteur le géant de fer laissa quelques mots s’échapper de ses lèvres exsangues sans s’en rendre réellement compte.

Ralvek- Quand on est un monstre on n’a pas le droit d’avoir de chance… Les gens vont rejeter ce qui est différents…

Pendant un bref instant le regard de la Bête de foire devint triste comme les pierres et couvert de mélancolie. Il se revoyait en prison, subissant les attaques de ses codétenus et la rage des gardes. Il se laissa guider vers l’atelier de la merveilleuse âme à la pureté étincelante. Il n’y avait pas le crachat furieux des cieux qui malmenait le colosse en chemin. Les railleries, les mots cruels et les sobriquets haineux lissèrent sur l’armure d’indifférence de Ralvel aussi sûrement que la cape dressé par son bras musculeux et puissant empêchait la moindre gouttelette d’atteindre la magnificence même qui se cachait en-dessous. Lily pouvait voir les muscles disproportionner se balancer sous l’effort de la lutte contre les éléments et la multitudes de stigmates qui semblaient orner presque chaque centimètres carré de la cuir ayant l’aspect de cuir point dissimuler par l’armure du mercenaire. En chemin il parla de sa voix lente, rauque et ayant une impression qu’il mastiquait avec enthousiasme des cailloux.

Ralvek- Vous n’avez pas besoin de prendre votre bouteille pour boire… Mon grand-père m’avait enseigné comment faire de l’alcool de lune… J’ai deux bouteilles que j’ai faites l’autre jour…

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MessageSujet: Re: Gold heart   Dim 14 Jan - 20:56

« Plaisir de faire ta rencontre Ralvek. » Les gens disent que… C’était étrange ce monde. Malgré tout le temps que je passe parmi les humains, je ne comprends pas pourquoi ils font tellement attention à ce que les autres disent ou pensent d’eux. C’était dans mon esprit de sirène et d’être pacifique, difficile à cerner. La communauté des sirènes n’étaient pas ainsi. Nous étions tous des esprits libres et nous faisons ce que bon nous semble sans devoir expliquer nos actes à qui ce soit. Nous n’étions pas jugés par nos pensées, nos actions ou encore simplement pour qui nous étions. bien sûr nous étions tous pacifiques et les querelles n’existent quasi pas chez nous. Mais aucune sirène se ressemblait. Peu d’entre nous voulaient réellement s’aventurer dans le monde des humains. Mais ceux qui le faisaient comme moi, nous n’étions pas critiqués par les autres. Pourquoi est-ce que l’être humain devait-il toujours juger les autres ? Néanmoins il acceptait ma proposition et cela me fit rire. Si cela m’aurait gêné je ne le lui aurais pas proposé. Je ne répondis pas, je m’étais un peu douté qu’il n’avait probablement que peu d’amis. Cela ne devait pas être facile de vivre dans une solitude quasi tout le temps. J’avais du mal à m’imaginer ce que cela devait faire d’être de cette manière exclu de la société. Je n’eus néanmoins pas le temps de dire un mot de plus que les premières gouttes commencèrent à tomber.

Je fermais les yeux, attendant ce moment où j’allais sentir l’eau me toucher. Ce moment inévitable… Mais les secondes s’écoulaient et rien ne se passait. Alors j’osais ouvrir un œil, observant le ciel. Je fus très surprise de ne pas sentir une goutte toucher ma peau. Mais je fus encore plus surprise de voir Ralvek me couvrir de chaque goutte qui tombait. Oui, je fus très surprise. Pourquoi faisait-il cela ? Avait-il comprit que je détestais la pluie ? ou est-ce que c’était simplement la gentillesse dont le cœur du géant semblait être remplit, qui l’avait poussé à un tel geste ? Ensemble on se rendait à mon échoppe ou je me dépêchais de prendre tous mes bijoux, de les fourrer dans mon sac. Et alors que je faisais cela j’écoutais les paroles du géant. Il arrivait à me toucher plus que je ne l’aurais cru. Comment se pouvait-il que j’étais donc la seule à voir à travers les cicatrices, la grandeur imposant et tout ce qui pouvait effrayé à première vue ? Est-ce que quelqu’un avait déjà essayé de regarder plus loin que la première impression ? Il venait de m’expliquer ses raisons, et je comprit qu’il avait donc été enfermé. Peut-être en gardait-il encore des cicatrices … je doute que la prison soit un lieu facile, surtout pour ceux qui sont différents. La prison n’aurait dû être guère plus facile que ce qui venait de se passer sur le marché. Jusque-là j’avais écouté sans rien dire, et je m’étais occupé de mes biens. Mais lorsqu’il sortait le mot monstre, je me dus de tourner mon regard vers lui. « Ralvek. Tu n’es pas un monstre, et tu ne devrais personne te laisser convaincre que tu en es un. Tu es différent, c’est tout. » La différence ne devrait pas être puni.

Je lui pontais le chemin, et finalement je mis la clé dans la porte. Et soulagée je rentrais à l’abris de la pluie. Oh Ralvek m’avait énormément aidé, je n’avais senti aucune goutte sur ma peau. « Merci…. Pour la pluie. » Mais malgré la sécurité et la protection que ce géant m’avait offert, j’étais bien plus rassurée de me retrouver dans une pièce fermée de l’eau. Et vu qu’il avait parlé d’avoir lui-même une bouteille fabriqué maison, j’enlevais mon manteau et allait chercher deux verres. Mmm je sais que beaucoup de femmes n’auraient jamais invités un homme, aussi colosse que Ralvek à rentrer. Mais étrangement je n’avais pas peur de lui. J’avais vu dans son regard, et cela m’avait suffi pour me sentir rassuré et à mon aise après de lui. Etrange que personne ne puisse voir ce que j’avais vu dans son reflet. Mais je présume que peu de gens s’intéressent réellement à examiner le regard de quelqu’un, surtout de Ralvek. La plupart des gens doivent s’arrêter à ses muscles, sa grandeur, son visage, ses cicatrices…. Pourtant il avait tant à offrir. C’était réellement dommage que l’être humain peut se montrer si petit d’esprit.

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MessageSujet: Re: Gold heart   Lun 15 Jan - 15:15

Gold heart
Voilà depuis si longtemps le mastodonte lézarder de cicatrices, stigmates résultant d’une vie d’incompréhension et de haine diriger envers lui, n’avaient pas laissé un sourire si formidable envahir son horrible faciès. Pour plusieurs ce sourire à la dentition inégale qui semblait être l’œuvre d’un sculpteur empresser de finir une gargouille de granit cauchemardesque pouvait être dérangeant ou bien tout simplement grotesque. Mais pour les rares personnes ayant réussi à discerner l’humain derrière la bête, d’avoir vu de l’autre au-delà de ce corps honni et à l’intellect douteux, était tout simplement éblouie par la pureté et l’humanité qui s’en dégageait. Comme si l’âme de Ralvek n’était pas souiller par la violence courante, les malédictions que même un templier pouvait ressentir à l’occasion. Jalousie, envie, désir ou tout simplement convoitise. Malgré les horreurs d’une vie de parias, d’errance en solitaire et de combats quotidiens pour ne point fléchir contre les torrents d’insultes et de haines diriger vers lui, le mercenaire était rester le même. Un être à la candeur, à la douceur, à la gentillesse quasi surnaturelle que Lily venait de libérer totalement avec ce simple merci et ce sourire qui pouvait faire fondre l’armure de glace de n’importe quel homme et lui faire découvrir le bon fond que tous possèdent. Alors que le battant de l’habitation s’ouvrit, le géant à l’armure hétéroclite hésita. Comme si le golem de chair avait soudainement peur que ce n’était qu’un songe merveilleux, un rêve et qu’à l’instant où sa laideur pénétra dans la chaumière il allait se réveiller d’un coup. De nouveau seul près d’un feu mourant dans le fin fond d’une grotte. Car pour lui en ce moment Lily était un ange, un être si parfait à son regard océanique qu’elle ne pouvait exister réellement. Mais de nouveau un sourire de sa part lui donna la force d’accomplir ce que le commun des mortels faisait d’instinct. À savoir entrer dans une maison après avoir y été invité.

De son pas lent et chaloupant, se redressant après avoir franchi le seuil comme si golem de chair luttait en permanence contre une force invisible qui essayait de le rabaisser au sol, le briscard d’une multitude de combats se dirigea vers la centre de la pièce centrale de l’atelier de l’être de lumière. Celle-ci enleva sa cape et pendant un instant les yeux à la douceur d’une mer calme sous les reflets de d’un soleil de midi eut un aperçu de la magnificence et de la perfection même. Une peau qui semblait si douce que la soie la plus onéreuse serait du lin bas de gamme en comparaison, une silhouette plus sublime que le plus beau des couchers de soleil de l’univers. Sentant une rougeur excessive gagner ses joues couvertes d’enfilades de tant de violence, sa croix personnelle à porter d’avoir cette gêne auprès des anges et des femmes, le golem de chair immonde tourna le dos à la marchande pour essayer de prendre contenance.

Son regard se porta alors sur des pierres de couleurs vives et des métaux que Lily transformait en véritable chef-d’œuvre de beauté et d’élégance. Portant timidement un doigt colossal sur les pierres et les métaux précieux, il parla de son ton rocailleux et remplit de nostalgie. Un rappel à son ancien métier avant que l’horreur n’ait arraché sa nièce bien-aimée de ses bras aimant.

Ralvek- Rubis, émeraude, or, argent, cuivre, onyx…


Sentant le regard envoutant et sublime de la jeune femme dans son dos, le géant au cœur d’or se retournant timidement.

Ralvek- Désolé mademoiselle Lily… Avant j’étais mineur… J’adorais être sous terre… Mais un jour nous avons percé une veine d’eau…

Le regard océanique de l’homme difforme se transforma, plonger dans des souvenirs que lui seul pouvait discerner. Une frayeur et une résolution sans borne s’affrontait alors qu’un murmure s’éleva alors de ses lèvres exsangues.

Ralvek- Je ne sais pas nager… Et les hommes avec moi étaient père de famille… J’ai tout fait pour les sortir de là… Lever des poutres seul pour leur permettre de sortir… Personne n’est revenu me chercher… Je ne valais sûrement pas la peine… L’eau m’a rejeté dans un lac tout près et je me suis réveiller sur le bord… J’étais inquiet pour les autres alors je suis retourné à la mine…

Avalant douloureusement sa salive, la gorge devenu aride et brulant comme les sables du Sahara, il continua un instant son monologue avec une voix devenu blanche.

Ralvek- J’étais soulager de tous les voir vivants… Mais j’ai alors entendu ce qu’ils ont dit…


Secouant la tête, un mince sourire triste poser sur son faciès horrible à souhait, le mercenaire leva ses larges épaules. Il venait de se rendre compte qu'il n'était pas seul et ne voulait aucunement ennuyer l'ange avec ses histoires banales. Il changea de sujet, le colosse balafré énonça une évidence.

Ralvek- Vous faîtes des merveilles mademoiselle Lily… Je peux déposer mes besaces s’il-vous-plait?


Le géant au cœur d’or plaça ses armes, bouclier et sac divers sur le sol près de la porte et hésita alors de sortir de la pénombre rassurante. Son heaume enlever laissait maintenant entrevoir son visage à peine ciselé, laid et cauchemardesque même pour sa propre mère. Prenant une grande respiration, la bouteille d’alcool en main, il sorti avec lenteur dans la lueur dansante du feu dans la cheminée. Tout le coté de sa personne, la peau nue de son bras et sa main, qui avait subi de plein fouet la pluie glaciale avait rougis. Les cicatrices devaient horriblement visibles. Mais la solide constitution du mercenaire le mettait quelque peu à l’abri des températures extrêmes. Enlevant la cire rougeâtre pour arracher le bouchon, un merveilleux arôme de pomme et de miel envahie les lieux pour charmer l’odorat de tous.  De nouveau le ton rauque, rocailleux mais ayant une douceur certaine s’éleva dans l’atelier.

Ralvek- Alcool de lune fait avec miel et pommes… Je suis souvent dans les bois… Mon grand-père m’a montré comment en faire… Il est doux malgré son apparence dure… Je peux m’assoir à terre? Je ne veux pas casser une de vos chaises… Et désolé mademoiselle Lily d'avoir enlever mon casque... Si vous voulez que je remets mon heaume, je vais le faire tout de suite... Je ne veux pas vous rendre mal à l’aise…


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MessageSujet: Re: Gold heart   Mer 17 Jan - 23:22

Je n’étais pas vraiment le genre de personne à croire au destin. Néanmoins parfois il m’arrive quand même de me dire que certaines choses sont bien trop étranges pour être des simples coïncidences. Alors quand il me parlait de sa presque noyade et qu’au final l’eau l’avait rejeté, je fus comme fascinée. Fascination que devait probablement me venir de l’eau avec qui j’avais toujours eu une connexion spéciale en tant que sirène. Oui, pour le colosse qu’il était-il me semblait, et surtout un qui ne sait pas nager, cela me semble quasi impossible qu’il ait pu survivre. Et pourtant le voilà…. Est-ce que je devais y voir quelque chose ? Ou est-ce que mon esprit me jouait des tours ? Je l’écoutais néanmoins sans rien dire. Parait que je sais bien écouter… enfin c’est ce qu’on me dit. Bien que je trouve que toutes les sirènes sachent tous bien écouter et sont généralement de bon conseil. C’est peut-être inscrit dans nos gènes. Mais j’avais bien vu depuis longtemps qu’il n’avait pas eu la vie facile. Et pourtant il continue à être gentil. C’est assez étrange. De ce que je connaissais de l’être humain, ils auraient quasi tous tournés vers le côté de l’obscurité. Mais pas lui. Mais plus étrange, je ne voyais même pas ce côté du mal qui sommeille dans la plupart des hommes et femmes. J’hoche la tête pour lui dire qu’il pouvait bien évidement tout déposer à terre. « Merci, mais ce ne sont que des petites choses qui ne valent à vrai dire pas énormément. » C’était pure un plaisir qu’un véritable métier pour moi. Mais cela me permettait de garder ce petit atelier et d’avoir de cette manière pied à Brise-Air.

Et vu qu’il s’était installé à terre, je fis de même, prenant un petit coin près du feu avec les deux verres posés à terre. Je l’écoutais me parler de l’alcool alors qu’automatiquement mes yeux allaient vers les cicatrices. « Comment est-ce que tu t’es fait… » j’osais doucement approcher ma main vers son bras, mais je le fus doucement et presque de manière timide. Car j’avais peur qu’il allait se retirer. Mais je ne lui voulais aucun mal. J’étais curieuse. Oui, j’ai toujours été quelqu’un de curieuse envers quasi tout. Là ou peu de gens osent toucher quelque chose de peur d’être contaminé ou simplement parce que cela leur était inconnu… Et bien c’est là ou moi je voulais apprendre. Et souvent la curiosité se le gagnait sur la crainte. Néanmoins je ne voulais pas lui faire du mal. Mais les cicatrisent me semblaient anciennes, ça ne devrait pas lui faire du mal, pourtant c’est avec prudence que des bouts des doigts je touchais doucement les cicatrices. C’était horrible, et je ne pouvais m’imaginer de quels manières il avait pu les obtenir, ni la douleur qu’il avait jadis dû subir. Quant à son visage, je l’observe longuement avant de sourire. « Tu ne mets pas mal à l’aise… mais s’il te plait… arrête de m’appeler mademoiselle…. Lily est bien suffisant. » Oh oui, mademoiselle Lily… c’était comme si on parlait à quelqu’un d’autre. C’était tellement formel. Néanmoins c’est vrai qu’il n’était pas beau à voir, mais être mal à l’aise ? Non j’étais curieuse, bien que je ne devrais pas l’observer autant, il risquait d’être mal à l’aise à cause de moi. Et malgré la laideur de son visage, je pense que son regard effaçait bien tout ça. Suffit de voir plus loin que la surface.

Finalement je pris le verre en main et goutais à l’alcool de la lune. « C’est délicieux » Je n’aimais pas les alcools forts, ni le vin que je trouvais souvent bien trop amère. Mais ceci, avec le miel qui adoucit le gout de l’alcool. C’était tout simplement délicieux. Oui, il n’y avait pas d’autre mot pour décrire.

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MessageSujet: Re: Gold heart   Ven 19 Jan - 22:50

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Le monstre à l’armure de chaire repoussante et couverte des sévices d’une vie d’incompréhensions ne pouvait qu’afficher un sourire grandiose. Pour plusieurs c’était qu’une grimace laide, un dévoilement de dents mal aligné qui pourrait donner des frissons de dégoûts à n’importe qui. Mais allant de pair avec ce regard océanique si douceâtre, si débordant de gentillesse et de bienveillance qui n’auraient jamais eu sa place dans ce corps honni de tous, ce simple sourire qu’affichait Ralvek était une ode à la pureté et la luminosité de son âme merveilleuse. C’était comme si un homme qu’une si grande beauté, d’une noblesse et d’une candeur si grande se cachait dans les tréfonds d’un corps immense à la musculation disproportionner. Quand Lily, être de descendance divine issue de la lueur céleste tout simplement pour le géant au cœur d’or sans cesse comparer à un paria, vint s’assoir près de lui à même le sol l’incrédulité dut se lire sur les traits atypiques de l’horrible faciès du mercenaire.  Personne à ce jour, depuis sa condamnation et les insultes lancer par la jumelle en pleur d’une de ses victimes, n’avait démontré une si grande compassion et une bienveillance envers le colosse couverts de balafres horribles. Chaque sourire, chaque parole et chaque regard de la part de l’ange approvisionnait la bête de foire et celle-ci croyait que c’était un produit de son imagination ou un songe merveilleux. Mais quand elle approcha sa main gracile aux doigts d’artistes qui pouvaient plier les métaux les plus durs à sa volonté pour les transformer en œuvre d’arts vers la peau couvert de stigmate et à l’épiderme ayant la dureté du cuir tanné, le premier réflexe de Ralvek fut de vouloir s’écarter. En sentant le grain grossier de sa peau sous ses doigts inquisiteurs, l’être de lumière sera surement dégouter. Les rares fois où l’homme difforme avait laissé faire un inconnu, tendu une main secourable, il avait remarqué des grimaces de dégoûts en sentant  la paume calleuse et rugueuse de la lie de l’humanité. Il se laissa approcher, trouvant un trésor de courage dans le regard noisette de la belle. Mais au moment du contact les paupières de l’erreur de la nature se refermèrent de honte et de peur.  Chaque muscle de son imposante silhouette semblait tétanisé par la frayeur de ce nouveau rejet.

Mais au lieu de l’inévitable répulsion, l’empathique créature sentit un bien-être et une bienveillance découler de ce toucher. Un peu comme si chaque mouvement de son index qui serpentait ses stigmates de sa main immense étaient des flots apaisants qui purifiait sa peur et sa honte d’être une parodie d’humanité. Ralvek aurait voulu que ce moment dure pour l’éternité, qu’il soit gravé dans le roc de ses souvenirs et s’il devait mourir, ce sera surement ce souvenir qu’il emmenait avec lui juste à la fin des temps. Ouvrant les yeux, laissant son regard si doux et pur remercier la bonté de ce geste à la jeune femme, il laissa la beauté de son âme s’extirper par un sourire radieux. Se souvenant de la question, un fard timide éclot sur les joues couvert de cicatrices de l’être de cauchemar. Sa voix rocailleuse s’éleva avec timidité dans l’atelier pour répondre enfin à Lily qui venait de complimenter l’alcool maison.

Ralvek- Quelques-unes viennent de la mine et des autres emplois que j’ai fait… Mais beaucoup c’est des gens… Comment dire, beaucoup voulait se battre avec moi pour prouver leur force ou bien paraître devant les autres… Je n’aime pas me battre mais j’ai dû apprendre très tôt à me battre… Et quand les poings ne marchent pas, les lames sortent et d’autres armes pour me terrasser…

Soulevant ses épaules massives, le regard océanique de la chose immonde se remplit d’un tourbillon de tristesse et de douleur pendant un instant alors que l’index de Lily effleurait les vestiges d’une scarification ancienne.

Ralvek- Celle-là vient de ma mère… Elle ne me voulait pas et en me voyant elle a essayé de me tuer… Mon grand-père l’a empêché et m’a protéger… C’est lui qui m’a montrer à faire l’alcool. Il disait que ça me ressemble… Fort mais d’une douceur surprenante… C’était un homme bien… Comme toi tu as une belle âme et tu es une personne de bien Lily…

Dès qu’il parla de son grand-père un immense amour et une tendresse illumina le regard d’océan de l’homme difforme.  Le mercenaire n’avait eu que de très peu de preuves d’amour et d’affection dans sa vie et il chérissait chaque souvenir avec adoration. À l’extérieur la pluie glaciale venait de redoubler d’ardeur et les gouttes frappaient avec violence sur les battants de bois des fenêtres. Buvant une gorgée de son verre le géant sentit la douce chaleur descendre dans son œsophage et claqua la langue à son palais avec satisfaction. Il rota et devint rouge de gêne.

Ralvek- Désolé Lily… Je ne suis pas trop habituer d’être avec des gens… Même quand je protège des gens durant des combats je ne reste pas trop avec eux pour éviter de les dégouter… Pour ça que je marche toujours et je reste nulle part longtemps…

Ancra son regard dans les yeux les plus merveilleux de l’univers selon lui, à cause de la bonté et la bienveillance qui y résidaient, il demanda alors timidement.

Ralvek- J’aimerais que tu me parle de toi… Sauf si tu ne veux pas je ne veux pas déranger…

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MessageSujet: Re: Gold heart   Sam 20 Jan - 23:16

Sa peau me fit penser à certains rochers qu’on pouvait trouver au fond de l’océan. C’était assez impressionnant de sentir comme la peau du géant pouvait être endurcit. Difficile à même se dire qu’il s’agissait de peau humaine, j’aurais plutôt dit une peau de crocodile, si je n’avais pas su mieux. Et vu les cicatrices cela avait surement du prendre bien du temps avant que la blessure ne lui fit plus de mal. Mes doigts ne font néanmoins que glisser doucement sur sa peau. Je voyais bien dans sa manière de se tenir qu’il avait peur. Mais ce n’était pas peur que je lui fasse du mal, non il semblait avoir peur de ce que je pouvais ressentir. Ah il ne devrait pas s’en préoccuper. Si j’avais une seule hésitation, je n’aurais pas osé le toucher. Oui, si j’avais eu peur je ne l’aurais pas fait. Mais je n’avais pas peur de ce que je pouvais sentir. Non il ne me fut pas peur. Je lui souris doucement en voyant qu’il finit par se rendre compte qu’il ne devait pas craindre que j’allais m’en fuir. Ce n’était pas mon genre du tout. Je soupire lorsqu’il me parle de sa mère. « Je suis désolée… » Pouvais-je dire que cela me surprenait ? Le fait que sa mère ai tenté de le tuer ? Non malheureusement pas. En tant que sirène je vivais près de l’île d’Hara, et malheureusement les sirènes ont tendance à tuer leurs propres nourrissons si jamais ils ont le mauvais sexe. Je trouvais cela barbaresque, mais je ne pouvais rien y faire. Mise à part une fois où j’en ai sauvé un. Mais c’était à la demande de la mère. D’amener le nourrisson loin de l’île et de lui donner une bonne vie. C’est ce que j’avais tenté de faire. Je l’ai donné à une famille de fermiers qui lui ont donnés tout ce qu’ils avaient. Je pense qu’il a eu une belle vie… Même si il avait fini par choisir la voie de la piraterie… Ah ces humains. Toi aussi tu es quelqu’un de bien, Ralvek. » Oui, cela se voyait c’était d’ailleurs tellement évident que je ne comprenais pas pourquoi j’étais la seule à le voir. Est-ce que les autres étaient donc si aveugles ? Ou est-ce que c’était simplement plus simple de fermer les yeux ? Je l’ignore. Bien que je savais à présent que l’être humain pouvait être cruel, je m’aperçois que je reste toujours aussi surprise. Ce sont vraiment des créatures qui sont capables du pire comme le meilleur.

Le destin peut parfois être cruel. Mettre quelqu’un de si bon dans un tel corps afin qu’il doit affronter tellement de malheur et de cruauté ? Ah c’était à se poser quand même des questions sur la vie elle-même. Je souris quand il veut en savoir plus sur moi. « Que veux-tu savoir ? » Parler de moi? Je présume que c’est assez logique. C’est ce que les gens font quand ils essayent d’apprendre à se connaitre. Mais que pouvais-je bien dire sur moi ? Y avait tellement de choses que je pouvais dire mais la moitié ne seraient que des mensonges. Et j’étais vraiment une très mauvaise menteuse. Y a surement pas pire que moi. Lui parler de ma fille adoptive Ada ? AH non je ne pouvais pas, car elle se faisait passé pour ma cousine vu ma jeunesse éternelle… « Y a pas vraiment grand-chose à dire. Cela ne fait que quelques années que je suis ici. J’ai voyagé beaucoup. J’aime voir le monde, la nature, les paysages. Et j’aime beaucoup lire et apprendre. » J’hausse les épaules. Que pouvais-je ajouter de plus ? Je me trouvais pas si intéressante que ça. « Et comme tu as su l’apercevoir, je déteste la pluie. » J’ajoute un sourire à ma parole avant de reposer mes lèvres sur mon verre et de prendre un légère gorgée. Par contre j’adore nager.

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MessageSujet: Re: Gold heart   Mar 23 Jan - 14:15

Gold heart
Le mercenaire à la silhouette honni de tous ne put que sourire franchement et surtout avec une sincérité désarmante devant les paroles de l'être de lumière. Elle ne se doutait de rien, mais ce partage de douceur, de civilité était presque une nouveauté pour l'homme difforme. Buvant une gorgée de son alcool de lune, laissant le doux breuvage réchauffer son œsophage, les épaules massives du guerrier se relâchèrent totalement. Passant une main immense et crevasser par les scarifications d'une vie d'incompréhension et de préjugés sur les traits atypiques de son visage, le colosse balafré laissa sans le savoir son regard océanique si pur parler. ll y avait de la reconnaissance, de la douceur, de la timidité et une gentillesse sans borne qui semblaient se mélanger pour ne former qu'un maelstrom si étincelant d'innocence et de bonté presque surnaturelle. Les mots de Lilly ressemblaient pour l'ouïe de la bête de foire au chant des oiseaux, du vent folâtrant dans les feuilles d'un chêne majestueux ou à la douceur de la voix d'un être céleste. Quand la belle put une gorgée à son tour, le géant au cœur d'or déposa son verre au sol et parla de sa voix rocailleuse. Rauque et si semblable à deux pierres qui se frotteraient furieusement ensemble, mais dont les mots avaient la saveur de la bienveillance et de la pureté de l'âme lumineuse de la bête.

Ralvek- Tu sais que c’est la première fois depuis que je suis par ici que quelqu’un me parle autant comme tu le fais? Merci de bien vouloir me parler… Ça fait dix ans que je me promène autour de Brise-Air et on me parle rarement…

Soulevant ses larges épaules en signe de dépit et comme laisser couler ce terrible rejet comme l’eau sur sa peau de fourrure, le géant aux multiples cicatrices horribles soupira doucement. Prenant une gorgée de l’alcool de lune, pour se redonner une contenance que la tristesse avait brouillé comme une pierre jeter au milieu d’une tranquille, le golem de chair immonde fit un petit sourire douceâtre.

Ralvek- C’est la première fois qu’une dame décide de rester après m’avoir vu… Ma sœur a bien essayé dans le temps de me présenter à ses amies, mais elles semblaient mal à l’aise en me voyant et préféraient partir… Je ne les ai jamais revues…

Laissant ces souvenirs douloureux loin derrière, les yeux océaniques si purs de la chose reluisent d’une douceur et d’un bonheur qui semblait sans limite.

Ralvek- J’adore la forêt et les animaux… Je passe en fait le plus de temps possible dans les bois ou bien dans les grottes… Une que j’ai emménagé pour que j’y puise dormir à l’occasion… Il y a une chute d’eau clair et pur et l’eau est souvent chaude… J’adore voir le soleil éclairer ce lieu… C’est comme un petit coin de paradis… Un lieu hors du temps comme dans les livres de contes… C’est la seconde chose merveilleuse que j’ai vu depuis dix ans…


Le golem de chair se serra les lèvres, ne voulant pas embêter en avouant timidement que l’être de lumière et de douceur était la plus belle personne qu’il avait vue de sa vie. Autant de physique que son âme qui pouvait se comparer à la douceur de toutes les étoiles de la galaxie. Mais le mercenaire à l’allure si immonde ne voulait tout simplement pas que la jeune femme merveilleuse et débordante de bonté quitte en hurlant de frayeur sa pitoyable vie. De nouveau sa voix rocailleuse s’éleva avec une douceur certaine dans l’atelier.

Ralvek- Tu aimes lires quoi? Moi je lisais des contes pour endormir ma nièce et j’adorais ça les histoires des gens qui pouvaient comprendre les monstres… Sinon les autres livres ont des mots durs à comprendre… Aussi tu as voyagé où? Ton plat favori? Ce que tu as le plus aimer dans ta vie? Si c’est trop tu peux me le dire et me parler de ce que tu veux… Aussi si tu as des questions ne te gênes pas d'accord...

Penchant un peu le torse vers elle, attentionné et envouté, le géant signifiait par son langage non-verbale qu’il était intéressé d’en apprendre plus de l’ange de la miséricorde qui semblait lui tendre la main. Geste que le maraudeur à la laideur chronique n’avait vu de la part des gens depuis si longtemps…

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MessageSujet: Re: Gold heart   Mer 24 Jan - 23:29

C’est en l’observant de plus en plus que je me dis qu’il se sentirait bien mieux sur l’île d’Hara. On avait beau dire et penser ce qu’on veut des amazones, cela restent des femmes. Elles connaissent tous cette sensibilité que seules les femmes et surtout les mères puissent avoir. Oui, sans aucun doute serait-il mieux là qu’ici. Il serait en tout cas mieux traité. Pas surement par toutes, mais on n’irait pas lui jeter des pierres ou l’infliger des cicatrices rien que pour le plaisir. J’avais vécue assez longtemps près des amazones pour savoir ce qu’elles sont réellement. Le seul hic… c’est qu’il est un homme et qu’elles ne pourraient probablement pas apercevoir ce que je moi je voyais quand je regardais le géant. Elles ne verront que l’homme et l’allure de Ralvek ne ferait qu’augmenter leur peur. Peur qu’un homme puisse les dominer… Je soupire doucement. Pourquoi le monde peut être si compliqué ? La vie dans l’océan est tellement plus facile. Mais oui, je suis sure que l’île d’Hara pourrait plaire à Ralvek. La nature y était magnifique et mise à part les amazones et les sirènes l’île n’était peuplé que par des animaux. Un havre de paix. Dommage que je ne pouvais pas l’y amener. A ses paroles j’arques un sourcil. « Une sœur ? Tu as de la famille ? Ils sont ou ? » Pourquoi était-il tout seul à airer comme un vagabond alors que visiblement il avait une sœur qui tenait à lui ?

Les paroles suivantes qui sortaient de la bouche du géant me firent sourire tristement. Oh oui, j’avais raison il aurait aimé l’île d’Hara. « C’est dommage que les amazones n’acceptent pas les hommes, car tu aurais vraiment aimé l’île d’Hara. C’est sublime comme endroit. Je n’ai vu que peu d’endroits de ce genre. » Dix ans. Donc il trainait dans le coin depuis dix ans et c’était la première fois que je le vois ? Ah note il semblait se cacher la plupart du temps et je ne pouvais pas vraiment lui en vouloir. Je connaissais l’envie de vouloir se cacher. Cela m’a pris quasi une vie avant d’oser sortir de l’océan, de mon petit coin de sécurité. « Et c’est quoi la première plus belle chose que tu as vu dans ce monde ? » J’étais curieuse de nature, un de mes plus grands défauts d’ailleurs. Et puis je voulais bien savoir ce qui était dans ses yeux la plus belle chose qu’il avait pu voir dans ce monde. Car il y avait tellement de belles choses, surtout lorsqu’on savait ou regarder. D’ailleurs si j’aurais dû répondre, je ne saurais pas trop quoi dire… Quoi que… je pense que mon amour pour l’océan est tellement grand que les profondeurs de ceux-ci seraient probablement toujours le meilleur endroit à mes yeux. D’ailleurs en parlant d’océan, je pouvais voir le reflet de ce dernier dans le regard du colosse en face de moi. Qui comme un enfant me lançait une question après l’autre, sans me donner le temps d’y répondre. Je souris. « Mmm alors je dois dire que j’aime quasiment un peu tout, mais j’ai peut-être une préférence pour les romans. Les histoires d’amour et ceux qui connaissent une fin heureuse. » Appelez-moi fleur bleue si vous le souhaitez, je m’en fiche. C’était ce que j’aimais et c’est ce que j’ose espérer pour ce monde. Voir les gens avoir leur fin heureuse. Tout le monde mérite ça.

« J’ai été un peu partout, mais surtout sur les îles, les archipels et beaucoup sur l’océan. » A vrai dire je m’étais arrêté là ou l’eau commençait doucement à se geler. Arrivée là-bas, j’ai fait demi-tour et je me suis décidée de rejoindre le royaume des humains. « Par contre pour mon plat favorite.. J’ose dire que je n’ai pas encore gouter à tout pour réellement pouvoir choisir. » Par contre ce que j’aime le plus à cette vie ? Je souris. C’était une drôle de question pour un être immortelle. Qu’est-ce que je pouvais donc aimer le plus. J’hausse les épaules. « Etre surprise agréablement. » Oui, avec le temps qui passe on a trop l’impression de ne plus pouvoir être surprise. Alors chaque nouvelle surprise qui venait à moi, était quelque chose que j’accueillais avec bonheur. Et j’espère que j’allais être encore surprise plein de fois. Sinon j’ai bien peur que la vie devient triste. « Et toi ? La chose que tu préfères le plus dans ce monde ? »

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MessageSujet: Re: Gold heart   Ven 26 Jan - 19:25

Gold heart
Le golem de chair couvert de stigmates que l’incompréhension et la jalousie des hommes lui avait causé était littéralement sur un nuage. Pour son regard océanique si calme et doux comme la mer sous un ciel d’été Lily personnifiait un ange descendu des cieux. Un être céleste qui devait être tout simplement en croisade dans ce monde décadent pour y apporter une candeur et une douceur qui éblouissaient la Bête de foire. Depuis sa nièce Charlotte, personne n’avait démontré autant d’empathie et de sympathie pour le géant au cœur d’or. Les guerriers ne désiraient que démontrer leurs supériorités martiales sur le colosse qui pourtant les repoussaient comme des fœtus de pailles. Femmes et enfants étaient dégouter, une frayeur grandissante, dans leurs prunelles, alors que Ralvek passait tout bonnement à proximité. Quand la voix sublime, sûrement plus mélodieuse qu’un chant d’oiseau en pleine forêt ou encore les meilleurs troubadours du royaume, demanda simplement où était la famille de l’homme difforme, la réponse s’afficha aussitôt sur l’horrible faciès. Une tristesse à faire fendre les pierres en deux se déposa sur ses traits atypiques, une mélancolie lointaine dans son regard si doux. La voix rocailleuse s’éleva avec hésitation, comme parler de celles qui avaient tant compté pour son cœur totalement lacérer par la peine, projeta littéralement l’âme si lumineuse vers les spirales brulantes des enfers.

Ralvek- Ils sont dans l’autre monde…

Ces mots étaient d’un double sens vicieux pour les deux êtres assis à même le sol. Pour l’être de lumière c’était surement que la famille du mercenaire cauchemardesque avaient trépassé. Mais pour celui qui avait franchi le portail mystique, sa sœur était sur un autre plan d’existence. Repenser aux deux lueurs d’humanité qui avait procuré le seul bonheur dans la vie pitoyable de la chose fit revivre le cauchemar. Le sang qui semblait maculé en permanence ses mains, les propos de haine et de douleur projeter par sa sœur et la jumelle de sa seconde victime, espérer la mort et la rédemption et enfin être catapulter dans ce monde étrange. Mais de nouveau la magnificence même et la bonté d’âme de la jeune femme secourue l’immense naufragé du tourbillon affreux de ses cauchemars éveiller par une seconde question. Secouant la tête avec lenteur pour s’extirper de ce songe malveillant, la lie de l’humanité fit un pauvre sourire.

Ralvek- Désolé j’étais perdu dans ma tête… On me dit souvent que c’est vide dedans et qu’on peut s’y perdre…

Soulevant un peu ses larges épaules en signe de résignation devant la bêtise humaine, un petit sourire niais sur ses lèvres exsangues, la voix rocailleuse s’éleva de nouveau.

Ralvek- La plus belle chose que j’ai vu c’est t…


Il faillit sortir une vérité, un lapsus qui aurait fatale au début de cette amitié qui se profilait tout doucement.  Que c’était l’être à la peau ivoirienne et à la beauté céleste qui fut la plus merveilleuse des visions. Que sa douceur, son sourire et son regard envouteur lui avait donné foi en l’humanité et à une possible chance de trouver le pardon. Mais le mercenaire savait qu’il ne devait pas souiller la perfection divine qui lui faisait face avec son aura ténébreuse, laide et repoussante. Lily devait avoir tous les hommes, et une bonne partie des femmes, à ses pieds. C’était sûrement un acte de pitié que Lily démontrait en parlant avec la chose horrible. Le briscard hors normes but d’une traite le reste de son verre et se ressaisit.

Ralvek- C’est quand un enfant m’a souri il y a quelques temps… C’était le premier sourire pur et non une grimace d’horreur que je voyais depuis longtemps… Pour moi un sourire c’est plus précieux que tout l’or du monde, une parole c’est une bouffée d’air qui me fait un bien immense… Comme tu fais en ce moment… La discussion et ce moment sera gravé dans mon esprit pour toujours Lily…

Ces mots étaient d’une sincérité touchante et d’une honnêteté à toute épreuve. Elle parla alors des amazones, d’une île paradisiaque et de livres. D’être surprise était ce qui la comblait le plus dans ce bas monde. Quand la Belle demanda ce que la Bête aimait le plus, celle-ci lui répondit avec les élans de son cœur remplit d’une bienveillance et d’une candeur sans borne.

Ralvek- C’est d’aider les gens… Je sais que c’est stupide quand on pense que beaucoup m’ont rejeté… Mais je ne veux que les aider, quitte à subir les blessures à leurs places et les préserver de la souffrance… La nature m’a donné un corps résistant mais laid… Je dois faire avec… Aussi j’adore être près de la grotte à regarder le soleil se coucher et laisser ses reflets danser avec l’eau de la chute… Chanter des fois aussi…

Dehors la pluie se déversait tapageusement sur les toits. Une tempête sans nom s’était lever et semblait vouloir rester maître des environs. Se relevant avec lenteur sa grande silhouette difforme, le golem de chair fit un sourire d’excuse.

Ralvek- Je vais devoir partir bientôt… La grotte est loin d’ici et bientôt le temps sera plus mauvais… C’est vrai que je ne devrais pas aller sur l’île des amazones… J’ai entendu dire qu’elles tuent les hommes et avec l’allure que j’ai elles vont sûrement penser débarrasser le monde d’un monstre ou d’une erreur de la nature… Mais on ne sait jamais sans avoir vu avant Lily… Peut-être qu’elles ne veulent pas être déranger c’est tout. Il faut pas se fier toujours à ce que les gens disent...


Soupirant doucement le mercenaire commença à s’équiper pour la longue marche qui l’attendait. Prenant dans sa main immense et couverte de cicatrices horrible ses besaces, son regard océanique se fit légèrement galopin et espiègle. Il ouvrit alors un sac de toile et farfouilla allégrement tout en continuant de parler.

Ralvek- L’amour je n’ai jamais connu… Je ne sais pas ce que c’est… Je ne crois pas que personne ne voudrait d’un être comme moi… Ha le voilà… Tiens Lily… Pour te remercier pour tout et dans l’espoir de te revoir si tu le veux bien…

Il tendit un objet enveloppé dans un linge marron et quand l’ange l’ouvrit elle découvrit une sculpture de bois. Un poisson finement détaillé avec une exactitude dans le détail qui donnait l’impression que la vie pouvait saisir l’œuvre et le faire bouger dans la main gracile de l’être céleste. Les teintes d’essence de bois s’harmonisaient pour faire des effets d’ombres saisissant. Même les algues de bois semblaient bouger au gré d’un courant invisible. Comment des mains si monstrueuses pouvaient produire ce miracle de précision nul ne le sait vraiment.

Ralvek- Je sculpte quand je suis engagé pour aider des gens et dans la grotte… J’adore ça et je sculpte ce que je trouve beau… Le poisson dans sa manière de nager et de bouger me fait penser à un ballet merveilleux… Comme tu aimes nager tu dois danser avec l’eau…  J’espère que tu aimes…


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MessageSujet: Re: Gold heart   Ven 26 Jan - 22:26

“Je suis désolée” Contrairement à ce qu’on pouvait penser si on connaissait mon âge réelle, je n’étais que rarement rentré en contact avec la mort. Les amies que je connais depuis mes premières années sont toutes des êtres immortels, et mon contact avec l’être humain ne date que de quelques années. Je n’ai pas encore ressenti la perte d’être chers. Et je n’étais pas pressé de connaître cela, même si c’est une chose inévitable pour tous au chacun. Néanmoins je fus navrée d’entendre que la famille qu’il avait eu, et qui tenait à lui, n’était plus de ce monde. Etre seule n’est jamais facile. Je lui souris tendrement lorsqu’il parle de notre discussion. « Mais j’espère bien que ce n’est pas notre dernière. » Peu importe ce que les gens pouvaient penser ou dire, je n’ai jamais été quelqu’un qui me préoccupait de ce qu’on murmure. J’étais au-dessus de tout cela, peut-être est-ce que c’était génétique, peut-être est-ce que c’était parce que je n’étais tout simplement pas une d’eux. Au fond cela n’avait que très peu d’importance. Le plus important à retenir c’était que j’étais qui j’étais, et je ne fis pas dans les préjugés. D’autant plus que Ralvek… était vraiment quelqu’un de super gentil. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un avec un si bon cœur. Malgré tous les supplices de l’homme, il continuait à vouloir les aider, à les aimer. Non je ne connais aucune personne capable de donner autant de gentillesse après avoir vécu tant de choses. Il disait ne pas connaitre l’amour, pourtant il n’arrêtait pas d’en donner à tous ceux qui s’approchaient de lui. Mais il ne s’en rendait simplement pas compte.

Je me relevais et jetais un coup d’œil dehors. Je sens que je vais dormir dans mon atelier ce soir. Impossible de rejoindre le port avec un temps pareil. Mais ce n’était pas bien grave. Ce n’était pas la première fois que je passais la nuit ici, et surement pas la dernière. Ma main s’ouvrit alors que j’observais l’objet qu’il venait de me donner. « C’est magnifique… c’est toi qui a fait ca ? » Je ne pus m’empêcher de sourire à ses paroles. Si seulement il savait comme ses paroles touchèrent la vérité de si près. « Merci. J’adore » Je n’aurais pas cru que ses mains et ses doigts soient capable de faire quelque chose d’aussi précis. Pas parce que je ne pensais pas qu’il soit apte à faire cela mais plutôt que physiquement vu la grosseur des doigts et des mains il aurait eu du mal à le faire. Mais visiblement son physique en cachait bien des choses. Mon regard se reportait sur l’extérieure. « Il fait vraiment mauvais… Tu ne devrais pas retourner dehors. » Bien que je ne connaissais pas sa grotte, je me l’imaginais humide et froide. Et puis le temps qu’il la rejoigne il serait complétement trempé. Et cela serait de ma faute. Si je ne l’avais pas invité ici, il serait déjà chez lui, près d’un feu pour se garder au chaud. Mon regard parcourait mon atelier. « Tu devrais rester ici, dormir ici. C’est après tout la moindre des choses que je puisse faire après que tu m’as protégé de la pluie… laisse-moi faire de même et t’offrir un abri de la tempête dehors. » Il allait devoir dormir sur le sol, mais je me dis que ce n’était pas cela qui devait le déranger. Et non je n’avais pas peur. Les hommes qui veulent réellement violer quelqu’un le font directement. Ils ne parlent pas autour d’un feu, et ne donnent pas des cadeaux. Les hommes avec des mauvaises pensées réagissent directement, quasi instinctivement. Et puis j’avais ce drôle de sentiment quand j’étais près de lui. Oui, je pouvais lui faire confiance.

Pour lui faire comprendre que mon offre était sérieuse je m’étais déjà approché d’une armoire pour y prendre une couverture. « Désolé, il faudrait dormir près du feu à terre… » Je lui donnais la couverture, alors que je déposais le poisson en bois sur une des étagères. Mes doigts glissaient sur les écailles. C’est fou comme les détails ressemblaient tellement à la vérité.


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MessageSujet: Re: Gold heart   Sam 27 Jan - 20:23

Gold heart
Les vœux bonnes nuit furent échanger et l’être de lumière alla se coucher dans une chambre pour préserver une intimité toute féminine. Pendant quelques heures le mercenaire hideux avait essayé de trouver le sommeil, mais la douleur le submergeai même titre que la mélancolie. Se relevant en essayant de ne faire aucun bruit sa lourde carcasse saturer de laideur, Ralvek alla s’appuyer au mur de l’atelier. Le géant se tenait près de la minuscule fenêtre et il avait honte d’être tout simplement là. Honte de sa lourdeur cérébrale, honte de ce physique disgracieux, honte de tout ce qu’il représentait. Une gargouille à peine sculptée dans le granit avait plus d’attrait que le géant difforme. Dans l’esprit corrompu par le chagrin et embrumé par la lenteur chronique qui s’était vu affligé durant toute sa misérable existence, les images de sa déchéances semblaient prendre un malin plaisir à le tourmenter. Il essaya de combattre la noirceur qui envahissait son âme si pure avec l’image de Lily, de cet ange de compassion qui dormait paisiblement tout près. Mais la voix de la dure réalité, de cette souffrance et du rejet planta ses crocs et infusa son poison maléfique dans l’âme de la Bête.

Tu sais qu’elle va partir aussitôt qu’elle ne va plus avoir besoin de toi mon grand? Elle est trop gentille pour toi et bientôt elle ne va plus vouloir te voir, car tu ressembles à un monstre… Tout le monde te le dit, alors pourquoi ce serait différent maintenant?

Et cette voix diabolique avait toujours eu raison de par le passé.  Il ferait tout fait pour se rendre utile, mais le destin allait sûrement rejeter de nouveau l’erreur de la nature en bas de l’échiquier de la vie. Le colosse difforme était le premier à se sacrifier pour les autres, se battre et charger pour éviter la moindre blessure aux gens qui méritaient de vivre. Il était le monstre alors c’était sa destinée de mourir non? Il ressemblait à une créature difforme libérée des enfers. Demain matin il retournerait dans la grotte si accueillante. Loin des humains.  De nouveau seul au monde, de nouveau rejeté par l'humanité qu’il désirait se rapprocher.

Et la solitude glacée replongea sa lame dentelée dans le cœur de l’homme pour le remettre dans un état si lamentable qu’à ce rythme il ne pourrait plus rien ressentir. Plus d’amour, de tendresse ou bien de la bienveillance qui l’habitait depuis toujours. Juste un froid de désespoir et de peine qui tombaient comme une cape lestée de plomb sur les épaules massives du mastodonte. Une tristesse qui éteignait peu à peu la flammèche d’humanité qui brillait dans son cœur parsemé de cicatrices sanguinolentes.

Mais cette nuit-là, à la lueur de la lune, le regard de l’homme se perdit dans la douceur du tapis d’astres lumineux. La fraicheur du temps fit apparaître des petits nuages de vapeur à la sortie des lèvres exsangues du géant et ce dernier ne se doutait aucunement de l’éveil de l’ange endormi. Se frottant les mains l’une sur l’autre dans une tentative de se réchauffer et de se rassurer, l’être à la carapace hideuse sentait le désespoir le gagner de nouveau. Des pensées envers sa nièce adorée et de l’amie de celle-ci s’envolèrent vers les cieux, seul lieu de refuge pour deux âmes si merveilleuses selon l’erreur de la nature. Une prière toute simple fut formulée par l’esprit lent de l’homme difforme venu d’un autre plan.

Robert- Charlotte, Salomé… j’aimerais être avec vous… Venez me chercher, car je ne sais plus quoi faire…

Des larmes salées creusèrent alors des rigoles dans la poussière qui parsemait l’horrible faciès du géant. À cet instant précis, la volonté de l’erreur de la nature se fissura. La tristesse et le chagrin tombèrent sur Ralvek comme la hache d’un bourreau impassible. Des pas avaient résonné sur le parquet de bois poli menant près du monstre de foire, mais celui-ci n’entendit rien durant ces instants de détresse impitoyable. Sortant le couteau qu’il portait à la ceinture, lame caché au regard céleste par la carrure immense de la chose immonde, Ralvek regarda sa laideur renvoyer par l’éclat métallique de la lame. Armant son bras pour se porter un coup mortel et mettre fin à sa vie dénuée de sens, une voix céleste se manifesta soudainement. Une paire de bras translucides l’étreignit alors avec force et de stupeur le colosse laissa tomber l’instrument de mort de sa main immense. Sentant une tête fantomatique se poser sur son torse, les narines du monstre frémirent alors. Une senteur familière venait de déclencher un souvenir profond au  subconscient de Ralvek. Le shampoing à la fraise que Charlotte affectionnait particulièrement. Aussitôt les mains de l’homme  à l’armure de chair lézardé de stigmates horribles se déposèrent avec amour dans le dos et sur la tête de l’être translucide. Des ruisseaux salés se transformèrent alors en des rivières au fort débit. Flattant une chevelure que lui seul pouvait toucher, une voix faible s’échappa alors de la gorge nouée d’émotion du mastodonte.

Ralvek- Charlotte, je m’ennuie de toi et de ta maman… Je veux te rejoindre…


Une voix chantée répondit alors directement à l’âme terrifiée, mais bonne et avenante de la pathétique créature.

Charlotte- Moi aussi je m’ennuie de toi oncle Benji, mais ce n’est pas le temps tu le sais… Tu as des gens sur qui veiller et quelques soit les décisions ou l’attitude qu’ils vont prendre, dis-toi que tu es la merveilleuse personne que j’ai toujours apprécié même dans l’au-delà et que tu fais le bien comme pas un.


Pendant quelques instants, le sosie de Frankenstein puisa du courage dans l’être fantomatique et les larmes se tarirent tout doucement. L’air changea subtilement, se remplissant d’éclats de rire fugaces et perceptibles seulement perçus par l’ouïe fatiguée du colosse.  Sentant une traction imaginaire vers le bas, les genoux du mastodonte se fléchirent  et des lèvres douces et translucides se déposèrent sur la joue serpentée de cicatrices de Ralvek. Tous les doutes, les peines et les peurs du géant s’évanouir alors comme des nuages gris devant la pureté des sentiments de la nièce du monstre de foire.  Une dernière parole caressa alors l’âme reconstruite de la bête.

Charlotte- Chante-moi la chanson quand j’étais malade je t’en supplie oncle Benji…

Ne pouvant rien refuser à son ange, le mineur commença alors à fredonner. Mais avant que le contact imaginaire soit rompu, le mastodonte parla avec amour et franchise de sa voix rauque.

Ralvek- Je t'aimerais toujours ma choupinette…

Charlotte- Bien sûr mon gros nounours! Allez essuie toi le visage mon gros bêta…


Souriant grandement de la joie et de l’allégresse tout à coup rendues à son cœur mis en charpie, la beauté intérieure du monstre se manifesta alors de la plus belle manière qui soit. Un chant pur à la sonorité presque parfaite se produisit alors. Une voix émouvante et rauque à souhait, tellement différente de la voix rocailleuse qu’il avait en temps normale, s’éleva pour caresser les nymphes étoilées. Le don caché par la montagne de muscles déformés se dévoila enfin au grand jour. Un don si pur qu’on aurait pu jurer que les grands chanteurs d’autrefois s’étaient réincarnés dans ce réceptacle répugnant. Perdu dans des  notes magnifiques rattachées à des souvenirs tristes et heureux à la fois, le colosse tapa du pied en mesure. Les yeux presque fermés, essuyer du passage des larmes sur son horrible faciès par sa main titanesque, lunatique et perdue dans un état de rêve des plus soyeux, le monstre de foire farfouilla dans sa poche pour son délice chocolaté. Tout à ses souvenirs, l’esprit lent du mineur ne vit aucunement la forme gracieuse sur le pas de sa porte. La voix chaude, rauque souhait continuait de faire le prodige qui charmait totalement les oreilles chanceuses d’en percevoir le chant. Le regard océanique s’ouvrit enfin et le mercenaire vit enfin l’ange de perfection. Le chant mourut subitement et la honte apparut sur le grotesque faciès du monstre. Arrêtant de respirer, la Bête regardant autour, la pathétique créature trouva une zone d’ombre près du pour lui permettre de  caché l’horrible apparence qu’il transportait comme un fardeau.  Timidement, rassuré quelque peu d’avoir pu dissimuler sa carcasse ignoble à ce regard si pur, la voix rauque et aux mots à peine mâchés du mastodonte se manifesta dans un murmure.

Ralvek-  Je suis désolé d’avoir chanté… De t’avoir réveillé Lily… Je me tais promis.


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MessageSujet: Re: Gold heart   Sam 27 Jan - 23:16

Dans l’ouverture de la porte je l’observais alors qu’il chantait. Avec le temps j’avais appris et surtout grâce à ma petite taille je n’avais aucun mal à me faire discrète. Et une drôle de pensée venait m’effleurer l’esprit alors que je l’écoutais chanter… Si il avait eu un physique plus avantageux, il aurait sans aucun doute toutes les filles de différents royaumes à ses pieds. Il était courageux, avait la main sur le cœur, protecteur, il avait un regard tellement profond qu’on pouvait facilement s’y noyer et maintenant sa voix avait la capacité de vous transporter dans un autre monde. Oui, j’osais même me dire que même avec son physique actuel, si il serait né comme prince, il aurait eu bien plus de chances de se voir aimer. A force j’étais convaincu que le peuple aurait fini par voir tous les qualités de leur prince. Malheureusement il était né avec son physique de géant et il ne faisait pas parti de la famille royale… Il n’avait donc que très peu de chance d’être apprécié à sa juste valeur par les siens. Je me décalé de l’encadrement de la porte lorsqu’il s’arrête et gêné semble même vouloir se cacher de ma vue. « Ce n’est pas grave, j’ai du mal à dormir loin de chez moi de toute manière. » L’appel de l’océan me hante. Ne pas entendre le bruit des vagues, ne pas être près de l’océan… Non c’était difficile de dormir paisiblement loin de son chez soi. Et pour une sirène l’appel de l’océan est inévitable. Je pense que je ne pourrais pas passer une semaine sans l’océan. Au fond ma vrai forme n’était pas celle-ci. Alors le moindre petit bruit m’avait tiré de mon sommeil. Mais cela ne fut que lorsque j’entendis vraiment un chant parvenir à mes oreilles, que je m’étais levée et que j’avais osé m’aventurer là ou Ralvek était censé dormir. Je fus agréablement surprise de savoir que la voix que j’entendis était la sienne. Il avait bien des qualités, dont il ne semblait même pas s’apercevoir. « Tu chantes vraiment très bien… J’ignorais que… » Je m’approche de lui. Pourquoi il avait cette manie de se cacher ? Je n’avais pas peur de lui. Je n’allais pas m’enfuir « Pourquoi te caches-tu Ralvek… Tu sais que je n’ai pas peur de toi…. »

Je glisse ma main dans la sienne et l’oblige (bien que obliger fut un grand mot vu le peu de force que je pouvais avoir comparer à lui) à me suivre et à sortir de l’ombre. « T’as beaucoup de qualités, Ralvek. Tu dois arrêter de vouloir te cacher… et surtout de moi. » Je lui fis face, lâchait sa main maintenant qu’il était à nouveau dans la lumière de la lune et l’observe. « Tu chantes vraiment très bien… Qui t’as appris cette chanson ? » Mais la vraie question n’osait franchir mes lèvres, j’avais entendu toute la mélancolie dans sa voix. Et ce son… c’était les mêmes que lorsqu’un orque est éloignée de sa famille. Les orques ne sont pas faites pour vivre seule dans l’océan, ils vivent en famille et lorsqu’il y en a un qui se perd, c’est un chant magnifique, mais terrible à entendre pour le cœur.


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MessageSujet: Re: Gold heart   Dim 28 Jan - 21:50

Gold heart
Le golem de chair laide et lézarder de la folie des hommes se voulait d’avoir chanté. Il ne désirait aucunement déranger qui que ce soit et habituellement c’était près de sa grotte enchantée. Seul et rejeter par tous, qu’il se permettait de pousser la chansonnette. Mais comme une eau vive et rafraichissante les douces paroles de l’ange de compassion coulèrent juste à lui pour engloutirent sa honte d’être une erreur de la nature. Ce qui se passa ensuite restera gravé dans le granit de la mémoire de Ralvek comme étant un moment mémorable. Autant de candeur, de bienveillance et de d’empathie ne pouvait tout simplement exister dans ce monde de guerre et de violence. Mais Lily était tout cela et encore plus pour le mercenaire immonde.

Avant que la pauvre créature cauchemardesque n’ait pu esquiver une réponse potable dans son esprit lent à souhait, la jeune femme s’avança pour la prendre par la main. Une petite poigne gracile et qui ressemblait à de la porcelaine se glissant dans la paume immense, rugueuse et couvertes de stigmates cauchemardesques. Le géant fut accroché totalement aux lèvres pleines de l’ange qui devait être la plus belle femme de la création. De la sollicitude et de la bonté avaient remplacé l’amalgame de sentiments négatifs qui torturaient le cœur du géant. Ce cœur d’or et immense qui fut mis en charpie plus qu’une fois dans la vie du à la silhouette atypique. Il ne pouvait pas croire que l’être céleste à l’aura si pure voulait rester dans la même pièce que lui, de supporter son ignoble présence.  Elle esquiva un sourire merveilleux, ce genre de geste qui pouvait ensoleiller une journée pluvieuse et morne à souhait. Mais le doute se dévoila quelque peu sur le visage de l’ange et l’esquisse de sourire du géant disparu à la seconde.

Ralvek- Je sais Lily… C’est l’habitude qui reprend le dessus… J’aime mieux m’effacer que causer des révulsions de dégouts et des cauchemars aux gens… Mais je sais que tu es différente des autres…

À ce moment le regard océanique de la bête de foire devint nostalgique et un mince sourire embellit quelque peu le faciès monstrueux camouflé dans l’ombre.  Tel un animal au caractère doux, mais qui a été battu par son ancien propriétaire, Ralvek fit un pas hésitant vers la source lumineuse que représentait Lily. Un peu comme un papillon de nuit aux allures grotesques qui s’avance avec crainte vers la beauté absolue de la flamme d’une bougie solitaire, hypnotisé par sa fin prochaine.  Un autre pas gauche et hésitant du mercenaire l’emmena alors près de la démarcation de la clarté des doux rayons lunaires  et l’obscurité de sa pitoyable cachette. Prenant un instant pour permettre à son esprit lent de bien décortiquer le flot de paroles de la bonté réincarné, le géant immonde avala sa salive. Un ton lent et trainant, aux mots à peine mâcher franchit alors les lèvres exsangues de la chose. Le regard qui scintillait au tréfonds du visage aux traits durs du massif homme n’était que pluie d’étoiles qu’on pouvait nommer sympathie, bonté, gentillesse et tendresse.

Ralvek- Je crois que tu es la seul qui cherche à savoir ce qui se trouver derrière ma laideur… Mais je n’en veux pas aux gens tu sais… Ce qui est différent cause souvent la peur et les réactions de défenses… Mais tu n’es pas fait du même bois Lily que les autres et je t’en remercie du fond du cœur…

Un sourire sincère s’afficha alors complètement sur le visage épanoui du mercenaire cauchemardesque. Le mastodonte  éprouva un bien-être et une sécurité à cet instant qu’il n’avait jamais eu avec aucun étranger avant la marchande de bijoux. Devant l’innocence et la pureté de ce sourire, les gens auraient surement oublié l’ignoble apparence de la chose déformée. Les mots qui sortirent alors de la bouche aux dents mal alignées du monstre venaient directement du cœur, n’ayant pas pris la peine d’être consultés par l’esprit.

Ralvek- Tu as plusieurs qualités aussi… Gentillesse, bonté, douceur, empathie, candeur, un sourire apaisant et merveilleux et une voix qui me rappelle le clapotis tranquillisant de l’eau…


Se rendant compte de sa stupidité d’avoir dit un compliment qui pourrait refroidir la douceur de la merveilleuse jeune femme, la lie de l’humanité senti naître une petite rougeur sur ses joues crevassés par la haine des gens. Rapidement il changea de sujet pour amoindrir le malaise qui venait naître dans son être.

Ralvek- C’est ma nièce qui écrivait des chansons pendant qu’elle était très malade… Je lui chantais car elle disait que ça lui faisait du bien… Elle disait que la voix que j’ai quand je chante est le reflet de mon âme… J’ai pas compris l’allusion… Elle a même écrit une que je lui ai promis de chanter à la femme qui pourrait éprouver quelques choses pour un être comme moi alors qu’il y a tant d’hommes beaux et intelligents près d’elle… Je ne crois pas que je vais la chanter un jour…

Passa une main immense derrière sa nuque, la Bête fit un petit sourire gêner qui serait adorable sur un visage normal et non un faciès immonde comme le sien.

Ralvek- Tu n’habites pas en ville? Je croyais que si… Tu dois avoir de la famille? Des gens qui partagent ta vie? Moi j’ai un ours qui partage ma caverne…


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MessageSujet: Re: Gold heart   Lun 29 Jan - 23:24

Non en effet je n’étais pas comme la plupart des humains. Logique je n’étais pas réellement une des leurs, mais je préférais ne pas dévoiler cela à Ralvek. Pas que je ne lui fasse pas confiance. Mais les sirènes restent pour grand nombre de gens des êtres mythiques, sortis de conte de fée. Et puis pour d’autres, souvent les marins, on est vus comme des femmes qui poussent les marins à se tuer… des drôles d’imagination. Mais ces histoires viennent probablement de l’imagination humaine causé par la peur de l’inconnu. Oui, Ralvek avait raison, les gens ont toujours peur de ce qu’ils ne connaissent pas. Et on ne peut pas réellement les en vouloir. Quand il nomma néanmoins mes qualités je dus sourire. Encore une fois il ne se doutait pas comme il pouvait être si près de la vérité. « Merci. » Il ne devait pas se sentir gêner. Je n’y voyais rien de mal. Et puis quelque part cela me fit même rire car je pense que si il était au courant que les sirènes existent, peut-être qu’il se serait poser des questions. Heureusement pour moi, peu de gens croient encore aux sirènes. Et le peu qui continuent à y croire n’ont souvent aucune idée comment nous repérer. Nous restons forts secrets. De peur. Et puis parce qu’on sait très bien que les humains ne sont pas prets pour nous accepter réellement. C’était surement ainsi que Ralvek devait également se sentir…

J’étais bien curieuse d’entendre cette chanson, mais je n’osais point poser la question. “Ne dis jamais jamais… la vie est remplit de bien de surprises.” Oui, et puis on disait qu’il y avait toujours un couvercle pour chaque petit pot. Et l’amour était toujours matière très compliqué. Moi, malgré mes soixante-dix-sept ans je ne m’y connais pas dans cette matière. Oh j’ai vu des gens connaitre des peines de cœurs, j’ai connu les relations physiques et peut-être quelques papillons qui parcourent le ventre. Mais je n’ai jamais connu le genre d’affection, de passion et le sentiment de vraiment être plus qu’un avec quelqu’un. Non tout ce qu’on peut lire dans les livres sur la matière ou qu’on peut même entendre lorsqu’on écoute les brisés de l’amour… Non ca je m’y connaissais pas. Je pense que parfois il n’est pas facile de trouver la personne qui nous faut. Nous sommes tous à la recherche de cette personne unique qui nous apportera ce qui nous manque dans notre vie. Et si on ne parvient pas à la trouver on n’a plus qu’a prier pour que ce soit elle qui nous trouve...

Je secoue la tête “Non j’ai mon atelier ici, et j’y dors quand il fait trop mauvais pour rentrer chez moi. J’habite assez loin d’ici. » En réalité ma résidence était dans les grottes de l’île d’Hara, au fond encore un point en commun. Moi aussi je vivais dans une grotte. Mais au lieu de la partager avec un ours c’était avec des poissons. Néanmoins je me contente de sourire. « J’ai de la famille à Brise-Air. » Oui, Ada et sa famille. D’ailleurs c’était un peu à cause d’eux que j’avais créé mon atelier dans ce village. Et quand il était de ma vie, c’était un peu plus compliqué. On vivait en communauté, tout en étant fort indépendantes. Les sirènes viennent et vont dans les grottes. « Je ne vis pas seule. On est plusieurs à vivre dans le même endroit. » Oui, un peu comme des colocataires qui ne vont que se croiser la plupart du temps.


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MessageSujet: Re: Gold heart   Jeu 1 Fév - 2:48

Gold heart
À la lueur de la lune la beauté de Lily était magistrale, féérique pour le regard océanique de la bête de foire. La peau de porcelaine de la belle semblait absorber la lueur de nymphes étoilées pour augmenter ce charisme magistrale que l’ange possédait. Sa chevelure paraissait pour l’ancien mineur à des filaments de cuivre pur qui rehaussait de manière surnaturelle les traits sûrement ciseler par la main d’un artiste inspirer par la venue d’une muse exceptionnelle. Et la douceur de ce regard envouteur ne pouvait que faire croire à l’existence d’un paradis à Ralvek et la chaleur des yeux de l’être de lumière pourrait faire fondre le cœur de glace de n’importe quel homme. La voix musicale, une perfection de sonorité pour le géant au cœur d’or, caressa l’ouïe aussi surement que le vent qui folâtrait avec les feuilles du chêne centenaire. Au sein de la montagne de muscle disproportionné, de chair immonde couverte de stigmates démontrant la jalousie et l’incompréhension humaine, une douce chaleur se répandit. Comme si l’âme si pur de l’homme difforme venait pour la première fois de sa vie de s’épanouir, de croire à l’existence de la gentillesse et de la bonté sans aucune attente en retour. Mais en vérité c’était le battement d’aile d’un papillon, d’un début d’espoir de pouvoir un jour chanté cette douce mélodie à un être aimé. À une femme d’exception qui pourrait aimer la chose honni de tous, ce corps cauchemardesque mais habiter par une candeur surnaturelle. Une gentillesse que peu de gens peuvent se vanter d’avoir croisé un jour. Mais le mercenaire n’avait jamais connu les élans d’un cœur amoureux et par conséquent il ne prit garde à ce doux sentiment. En ce  moment il n’est sûr qu’une seule chose. C’était qu’il désirait ardemment revoir la joaillière de talent, de revoir ce sourire qui mettait du baume sur sa souffrance et sa solitude. Pour la première fois de sa vie, à part naturellement sa famille, la lie de l’humanité se sentait homme. Avec Douceur il prit la lourde couverture encore imprégner de sa chaleur et la déposa avec bienveillance sur les épaules de l’être de lumière.

Passant sa main immense derrière son cou de taureau, l’être de cauchemar comprit que Lily ne devait pas être seule. Pareil perle devait avoir des soupirants un peu partout, un homme bon pour l’aimer tendrement et une famille formidable. Depuis dix ans que Ralvek vagabondait et en secret rêvait d’avoir un lieu où il pourrait se reposer, entourer et surtout aimer. De sa voix rocailleuse il parla avec sincérité et une gentillesse sans borne.

Ralvek-  Tu es une une perle Lily… Ceux qui habite avec toi et ta famille doivent se sentir béni de t’avoir… Comme tu le dis peut-être un jour une personne va vouloir d’un être comme moi… Je serais heureux de te rendre visite au marché si ça ne te dérange pas…

Regardant par la fenêtre le colosse balafré de toute part fit un petit sourire. La lune se préparait à amorcer sa descente vers l’horizon pour faire place à son lumineux frère.

Ralvek- Je crois qu’on devrait se reposer avant une autre journée de labeur…

Sans savoir le pourquoi, une bride des contes qu’il lisait avec sa nièce bien-aimée lui revint en mémoire. Un mouvement de galanterie, une action de douceur qui ressemblait tellement à la pureté de l’âme du maraudeur immonde. Il tendit le bras pour escorter la magnificence vers sa chambre et de sa voix rocailleuse lui souhaita un repos bienvenu…

H.R.P.:
 
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MessageSujet: Re: Gold heart   Jeu 1 Fév - 16:33

Je ne répondis pas, car pour moi la qualité qu’il voyait en moi, toutes les sirènes l’avaient. J’étais quasi sure que chez nous, Ralvek ne serait pas maltraité. Malheureusement impossible de l’y emmener. Nous habitions sur l’île d’Hara qui était propriété des amazones et les hommes y sont strictement interdit. Alors je me contentais de lui sourire en guise de réponse. « Viens quand tu veux. « Mais il avait raison, il fallait aller se coucher. Demain il faudra essayer de faire vendre encore quelques objets et puis quelques jours de repos loin du monde humain. Car mine de rien, c’était parfois très stressant de vivre dans leur monde. Je me laisse conduire jusqu’à ma chambre et lui souhaite bonne nuit, avant de me recoucher. Pourtant le sommeil ne viendra pas. Mon esprit était ailleurs, tout comme mon cœur. Je n’arrêtais pas de repenser aux paroles de Ralvek. Le jour où il pourrait trouver quelqu’un qui l’aime réellement pour ce qu’il est. Etrangement je pensais à ma propre situation. Soixante-dix ans et malgré mes idées que l’amour vient pour tous, je n’avais jusque lors jamais réellement pu dire que j’avais vraiment aimé quelqu’un du fond du cœur. Oui, des amis, oui, ma fille adoptive… mais ce n’est pas le même amour. Du moins je ne le pense pas. Quoi qu’il en soit, moi non plus je n’avais pas encore eu la chance de rencontrer cet être qui fait vibrer notre cœur… Etrange qu’après tant d’années c’est la première fois que je pense à ça… Peut-être y avait-il une raison pourquoi ni moi ni lui n’avions jusqu’ici trouvé notre autre moitié…


THE END.

HJ : Merci pour ce fabuleux RP <3

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