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 Là où tout commence | Flashback | PV : Roan Vane

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MessageSujet: Là où tout commence | Flashback | PV : Roan Vane    Ven 12 Jan - 1:46


Là où tout commence
Eve & Roan

« De toutes les passions, l'amour est celle qui dérègle le plus la raison. / Madeleine de Scudéry »
La peur ne cessait de prendre de l'ampleur en moi, les cris et les rires qui me parvenaient en un écho flou ne me disait absolument rien de bon. J'avais beau être le genre de femme à voir toujours le bon côté des choses, que je ne pouvais pas être à l'abri des craintes logiques. Secouée de tremblement, je tentais de faire abstraction des moins choses maudissant tout de même le destin de m'avoir offert une telle malchance. Le navire aurait dû être un endroit sécuritaire pour me ramener auprès de mon époux, mais en pleine mer, rien n'est jamais sûr. Tout peut changer, tout comme l'eau qui peut être calme un instant puis changer devenant furieuse sous une tempête soudaine. Mon cœur bat la chamade et rien ne peut stopper cette cadence qui me donne l'impression que ce dernier va sortir de ma poitrine pour offrir un spectacle autant lugubre qu'amusant pour ces pirates qui semblent faire la fête avec mes pauvres servantes. Je ne veux pas savoir ce qui se passe et pourtant, j'en ai une vague impression. Il m'est impossible de rester de glace devant le sort qu'on leur réserve alors, que moi, je suis enfermée dans cette cellule avec pour seule consolation, l'apparition soudaine de la lune. Celle-ci m'offre comme le droit de respirer à nouveau, j'en deviens subjugué, plus calme et mon cœur ne me fait plus autant mal qu'avant. J'en oublie presque où je me trouve et l'air salé m'offre un réconfort nouveau malgré la situation qui est la mienne. Prisonnière jusqu'à ce que l'on paie une rançon, je suis convaincu que mon époux le fera, il tient à moi, je le sais, il n'a eu de cesse de me le dire depuis que nous nous sommes unis. Plus jeune que lui, il sait que je suis encore étrangère à l'amour et à ses sentiments. Il veut m'apprendre, mais peut-on vraiment enseigner une matière qui n'a ni maître ni élève en ce bas monde. Mère m'a affirmé quand je suis allée la voir, que les sentiments viendront avec le temps. L'affection est présente, mais je suis une personne qui apprécie les gens à leur juste valeur et mon époux n'est pas quelqu'un de mauvais. Il m'apporte son soutien et il est tellement attentionné avec moi que je m'en veux bien souvent de n'éprouver qu'une simple affection à son égard. Mère ne m'a jamais menti, je me range à son avis croyant qu'un jour, je connaîtrais le même amour qu'elle porte à mon père.

Mes poings se serrent malgré l'ambiance qu'il y a au-dessus de ma tête. Il n'y a que les pirates pour y trouver de l'amusement à lire la peur dans les yeux de quelqu'un et surtout dans ceux de ces pauvres servantes. Des esclaves, mais des personnes en qui je tiens avant tout. J'aimerais tellement faire quelque chose, mais la violence n'est pas dans mes veines et encore moins une chose à laquelle je m'abaisserais. Contrairement à ma mère qui est toujours au fond d'elle une amazone, je ne me plie pas à la même vision qu'elle. Bien qu'elle m'ait enseigné le combat, je ne pourrais pas user de ses techniques. La violence me faire peur, me répugne et n'engendre que plus de coups encore.

Au même titre que mes servantes, je suis abaissée à être une prisonnière dans une cellule ayant pour confort du foin et un pot. Je ne veux même pas savoir à quoi ce dernier peut bien servir. Bien que femme d'une grande simplicité, j'aime avoir un confort d'hygiène convenable et ce n'est pas ce que je trouverais en ces lieux. Je dois prendre sur moi, prendre une profonde inspiration et me montrer digne de mon rang même si la peur tiraille mes chairs autant que la faim qui commence à naître en moi.

Le temps me semble autant allié qu'ennemi. J'entends comme un tic et tac dans ma tête comme pour appuyer un peu plus sur ma douleur. Comme je voudrais être à la maison auprès de mon père ou ma mère. L'enfant apeurée qui sommeille en moi ressort et ne pense qu'à ceux grâce à qui je suis au monde. Même si, je devrais penser à mon époux, ce n'est pas le cas. Tout est encore tout nouveau, et même si cet homme est quelqu'un de bien, je ne peux m'empêcher de laisser mon esprit et mon cœur penser à ma chère terre natale. Là où je me sens véritablement en sécurité, loin des médisances et des mœurs parfois bien étouffantes de la cour. Quand on est loin de tout cela, encore une petite fille rêveuse, on ne peut imaginer les mauvaises choses qui s'y trament. Et une fois dans le fait accomplie, on prend conscience de la naïveté d'un temps qui pourtant me manque horriblement.

Quand j'entends des pas venir à moi, je ferme les yeux. C'est instinctif. Sans doute pour retrouver mon calme et dissimuler la peur que j'ai en moi. Dos tourné aux grilles autant dangereuses que sécuritaire, je finis par ouvrir à nouveau mes paupières observant la lune, si belle et douce. Sa robe d'argent me charme comme à chaque fois qu'elle apparaît dans le ciel. Merci de m'apaiser à ce point, merci de me permettre de trouver le courage derrière ma si grande peur. A chaque fois, tu es là quand j'en ai besoin. Bien que je n'entends pas grand chose que les railleries de ces hommes vulgaires et sanglants, je peux nettement ressentir une respiration derrière moi.

Lente et calme. Elle se joint à la mienne que je me fais violence de contrôler. J'ai peur de me retourner, mais en même temps, je ne peux pas rester immobile non plus. Prenant une profonde respiration, je finis par me redresser pivotant doucement vers l'être qui est entré dans mon si petit royaume de tranquillité. Je craignais de faire face à un simple sous-fifre, mais c'est le capitaine qui est là, devant moi, m'observant d'une manière qui me rend terriblement nerveuse.

« Mes servantes... Est-ce qu'elles vont bien ? » Oui, je me soucie de leur bien être, même si pour le reste du monde, elles sont des esclaves. Je ne peux pardonner à ces hommes d'avoir tué hommes et femmes sur le navire qui me menait vers Brise-Air pour une question d'argent. Logique pour un pirate, mais stupide pour moi. « De grâce, je vous en prie. Mes servantes vont-elles bien ? » Pauvre animal en cage, mon instinct me poussa à me reculer au fond de mon pauvre cachot. Vain, mais c'était ma seule option en ce moment.
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MessageSujet: Re: Là où tout commence | Flashback | PV : Roan Vane    Ven 12 Jan - 9:25

Les mains sur l’encadrement en bois, Vane observait ses hommes depuis le balcon du navire. Lui-même ne se donnait jamais au viol. Une violence peu utile à son gout. Le plaisir de la chair était bien plus amusant lorsqu’ils sont deux à les partager. Non violer quelqu’un n’était pas une chose qui attirait notre capitaine. Mais il pouvait comprendre que pour certains c’était divertissants, alors il laissait ses hommes s’amuser pendant une nuit. Le vin qu’ils avaient trouvés sur le navire coulaient à flot et les petites servantes de la princesse (ou avait-elle un autre titre ?) furent jetés d’un homme à l’autre. Cela avait été une belle nuit, la prise du navire avait été tellement facile que Vane n’avait perdu aucun membre de son équipage. Il y avait eu bijoux, vin et esclaves à bord. Mais par-dessus tout une belle petite surprise blonde se trouvait à bord. L’épouse du frère du roi. Oh cela a pris un sacrée moment avant qu’une des servantes finisse par cracher le morceau et par avouer qui était sa maitresse. Dès lors Vane l’avait mise au cachot et donner l’interdiction de toucher à un seul de ses cheveux. Il ne voulait pas qu’on dégrade la marchandise, car le pirate était bien décidé à demander une belle petite somme pour la liberté de cette grande dame. Par contre en ce qui concerne tous les autres femelles à bord… Ah que ses hommes s’amusent donc un peu. Celles qui survivent cette nuit feront cape en direction du marché d’esclaves et lui rapportera une belle petite somme. Pour ceux qui ne survivent pas… cela sera de la nourriture pour les poissons. Vane en avait assez vu. Il descendit.

La dame noble était belle femme. Même en oubliant la robe déchirée, les cheveux tirés de tous les côtés, les larmes séchés sur ses joues, et la crainte dans ses prunelles de biche… Oui si on faisait abstraction de toute cela, elle était belle. Le capitaine n’avait pas l’habitude d’être en compagnie de personnages importants et de sang noble. Mais au fond, il se fichait bien des titres. Et quand enfin sa prisonnière parlait, le pirate se mit à rire.

« Vous me faites bien rire, Madame. Vous voici coincée dans un cachot avec un pirate à la réputation douteuse et vous vous inquiétez pour vos esclaves ? »

Ah ces princes et ses princesses vivaient vraiment dans leur petit monde. Néanmoins le capitaine lui tendit la main.

« Nulle besoin pour vous de rester ici. Vous êtes, certes ma prisonnière, mais je doute fort que vous seriez stupide au point de tenter de vous échapper d’une navire remplit de pirates et en plein milieu de l’océan. »

Non bien sûr que non. Ou pourrait-elle aller ? Elle saute du navire et il y en aura bien un pour la repêcher. Vane ne craignait pas que cette perle lui glisse entre ses mains. Personne ne s’échappe du Ranger, son navire. Refermant le cachot derrière elle, Vane lui fit signe de le suivre. Remontant, il savait que le spectacle de ses servantes allaient déplaire à la jeune femme. Mais Vane ne faisait pas dans les sentiments humains. L'attachement est une absurdité, une incitation à la douleur. Les êtres s'attachent et deviennent dépendants les uns des autres à tel point que lorsque l'un vient a partir, le monde s'écroule autour de l'autre. Qui voudrait donc vivre des telles horreurs ? Est-ce que la vie n’était déjà pas assez remplit d’horreur et de malchance qu’on doit y ajouter soi-même un peu de douleur en plus ? Ah non, Vane ne faisait pas dans ce genre d’absurdités. Néanmoins alors qu’il prit le chemin vers sa cabine, il observa la réaction de la femme alors qu’ils passèrent devant les autres pirates qui étaient en train de faire joujou avec les servantes.

« Ne tentez rien… cela ne ferait qu’aggraver leur situation… »

Il la prévenait, car on ne sait jamais que subitement elle se trouve une âme de justicière. Ça serait stupide de s’interposer entre ses hommes et leurs proies…. Mais les femmes réagissent bien trop souvent avec le cœur plutôt qu’avec la raison. Elle devait néanmoins redescendre pieds sur terre et se rendre compte que le Ranger n’était pas une croisière de plaisir… Du moins pas pour elle. Vane ouvrit la porte et l’incita à rentrer en premier. Oh ce n’était pas de la galanterie, il voulait simplement s’assurer qu’elle rentre sans aucune discussion. Peut-être avait-elle comprit que Vane pouvait facilement lui réserver le même sort qu’à ses servantes. Et aucune femme ne souhaiterait connaitre cela.

« Dites-moi, Madame. Vous pensez que votre mari serait prêt à payer combien pour votre jolie petit visage ? »

Servant deux verres de vin, il en proposa un à la jeune femme. Il n’y avait pas eu d’eau dans le cachot. Exprès bien sûr. Alors il se doutait bien qu’elle serait assoiffé et n’aura sans aucun doute aucune envie de refuser le verre de vin. Espérons simplement qu’elle tienne mieux l’alcool que certains de ses hommes… Car les informations que Vane espérait obtenir viendront trop vite pour qu’il puisse ressentir un quelconque plaisir à avoir cette discussion.

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MessageSujet: Re: Là où tout commence | Flashback | PV : Roan Vane    Sam 13 Jan - 0:53


Là où tout commence
Eve & Roan

« De toutes les passions, l'amour est celle qui dérègle le plus la raison. / Madeleine de Scudéry »
Bien sûr que j'avais peur. Le simple fait de faire face au capitaine faisait naître un tas d'idée dans ma tête, mais je ne pouvais décemment pas me laisser aller à la peur qui lancinait atrocement mes chairs. Je n'étais pas bien, mais j'étais habituée à ne rien montrer, mère m'a appris qu'une femme devait et pouvait se contenir qu'importe les circonstances. C'est un jeu auquel j'ai pour habitude de jouer au point de paraître calme, certes un peu trop, mais la panique ne m'aidera en rien surtout maintenant. Je devine à peine les attentions de cet homme. Pourquoi est-il venu au cachot, alors qu'il aurait très bien pu m'y laisser. Même sans eaux et nourritures, je me serais nourri de la contemplation de la lune et j'aurai pu continuer cette méditation réconforte. Malgré moi, j'offre un nouveau regard à mère la lune, celle pour qui j'ai toujours ressenti une profonde attirance et qui a fait sûrement naître mes plus beaux rêves et mes plus belles mélodies. Comment pourrait-on rester de glace face à une telle magnificence de la nature. Elle embellit si bien la voûte céleste. Combien de fois n'ai-je pas fui ma chambre de jeune fille pour contempler à l'extérieur l'astre d'argent. Mère et père ne le savaient que trop bien et jamais ils m'ont reproché cette habitude. Ils savaient que trop bien que j'en avais besoin que cela me permettait de me sentir plus à l'aise avec les doutes et les craintes que je pouvais ressentir par moment. Et cet instant ne dérogeait pas à cette règle. J'avais besoin de l'observer et chercher le réconfort comme on le faisait dans les bras d'une mère. La mienne a toujours souhaitait m'apprendre le combat, mais hormis l'art de l'équitation, je n'ai jamais souhaité mettre en pratique les techniques que mon esprit revoit encore et encore. Une boucle infinie de mouvement qui s'avèrent tout aussi dangereux et violent. J'arbore la violence et celle que j'entends faire écho dans ma pauvre prison me déchire le cœur et l'âme, car, je ne peux imaginer le mal que l'on fait à mes servantes. Je me prépare à ne plus jamais les revoir, mon rôle sera sans doute meilleur que le leur, mais je m'en veux terriblement de ne rien pouvoir faire. Je n'en veux pas à ma servante d'avoir dit qui j'étais et où me trouver. Comment le pourrais-je, j'aurai été dans le même état de terreur profonde si l'on me menaçait et me frappait. Je ne peux pas demander ce que moi-même, je serais bien incapable de faire.

Alors oui, cet homme m'effraie au plus haut point, mais je refuse de le lui montrer. À quoi bon. Il ne va pas s'attendrir, ce n'est pas une personnalité qu'on lui connaît. Déjà déjà entendu le nom frôler, à peine les lèvres des hommes et c'est un être sanglant sans aucune compassion.

« Vous me faites bien rire, Madame. Vous voici coincée dans un cachot avec un pirate à la réputation douteuse et vous vous inquiétez pour vos esclaves ? »

« Vous le dites vous-même. Je suis dans ce cachot alors, qu'elles... » Je serre autant que je peux mes dents et mes poings. Jamais colère pareille n'avait gagné mon cœur et pourtant, ce soir c'est le cas. « Alors, qu'elles sont prisonnières des vices de vos hommes. Et ce ne sont pas mes esclaves, mais mes servantes, la différence est grande. » Amies oserais-je dire, je ne supporte pas l'esclavage, mais je ne peux éteindre une flamme noire qui existe depuis trop longtemps. Bien que je sais qu'une seule pierre peut déranger le calme de la surface d'un lac et qu'il peut se propager peu à peu.

« Nulle besoin pour vous de rester ici. Vous êtes, certes ma prisonnière, mais je doute fort que vous seriez stupide au point de tenter de vous échapper d’une navire remplit de pirates et en plein milieu de l’océan. »

Au moment où il ouvrit la porte, je ne pus m'empêcher d'avoir un mouvement de recul. Pur instinct de survie grondant en moi comme le début d'un orage naissant qui allait rendre indomptable la mer. Mon regard passa de la main tendu à ces yeux. Détournant noblement le visage, je préférais sortir sans accepter son aide malvenue dans la situation dans laquelle il me plongeait ainsi que mes servantes. Nous n'étions que de pauvres poissons au milieu d'une nuée de requins. Et même si nous pouvions tenter quelque chose, nous ne pouvions pas échapper à ces derniers. L'appât du gain était semblable à l'appel du sang pour ces prédateurs sans pitié.

Je ne lui répondis même pas me contentant de le suivre sur le pont où je découvris cet horrible spectacle qui m'arracha des larmes. Comment pouvait-on traiter des femmes de cette façon. J'avais pu mesurer l'intensité de mes émotions jusqu'à présent, mais cela m'était tout bonnement impossible désormais. Comment pouvais-je accepter et supporter cela ! Mon regard dévia de l'autre côté pour ne pas voir la pauvre Nérissa se faire souiller de la pire des manières qui soit. Deux hommes pour une femme et un autre qui se joignait à une fête vicieuse et vicié. J'en ai des hauts le cœur. Comment peut-on être autant dénué de sentiments.

« Maîtresse ! » Je sentis quelqu'un m'étreindre avec force et désespoir. Quand je finis par tourner la tête, je vis Nérissa et son regard à la fois sombre, mais inquiet. « Ne faites rien d'inconsidéré... Vivez. »

Je suis stupéfaite. Ma bouche s'ouvre, mais aucun son ne sort de mes lèvres. Comment pouvait-elle penser encore à moi alors, qu'on la dépouillait de tellement de choses en cet instant. « Je suis désolée. » Parvenais-je à dire alors, que je prenais son visage entre mes mains pour l'embrasser sur le front avant qu'on ne me l'arrache sauvagement, tiré par les cheveux comme si sa vie ne se résumait à rien. Éméchés et violents. Ces hommes étaient une honte et je ne pouvais les considérer comme tels, non, ils étaient de véritables monstres.

« Ne tentez rien… cela ne ferait qu’aggraver leur situation… »

Je n'ai même pas remarqué que j'avais avancé d'un pas avant que le capitaine ne me lance ce conseil. Peut-être judicieux, mais ce n'est que le regard de Nérissa qui m'obligea à ne rien faire. Ne rien faire d'inconsidéré. Comment pourrais-je faire quelques actions que ce soit avec mon incapacité à me battre. J'étais un agneau au milieu du meute de loup. Je suis immonde, les loups ont bien plus de savoir-vivre que ces engeances maléfiques. De mon regard empli de larmes, je m'excuse une nouvelle fois envers elles et je finis par suivre ce pirate sans prononcer un mot. J'espérais pouvoir me calmer durant le trajet du pont à la cabine privée de cet homme. Qui sait ce qu'il me réservait lui aussi. Je n'avais aucune confiance en lui et malgré cela, je devais me montrer forte même si mon émotion prenait le dessus.

Alors, qu'il avait le dos tourné, j'en profitais pour effacer les larmes qui avaient emprisonné mon visage. M'avançant à nouveau et sans même lui offrir un regard, j'entrais. Que pouvais-je faire d'autres. Je n'avançais pas plus parce que je ne voyais pas l’intérêt de le faire. Malgré ma fatigue, ma faim et ma rage, je voulais au moins rester digne. Tenir une certaine image même si elle était dégradée par mes vêtements déchirés ici et là, mes cheveux décoiffés et l'aspect peu reluisant de ma peau tâché par la saleté.

« Dites-moi, Madame. Vous pensez que votre mari serait prêt à payer combien pour votre jolie petit visage ? »

« Tout se résume vraiment à un prix pour vous les pirates. » Fis-je finalement en le regardant évoluer dans sa pièce tel un roi allant vers le trône. « Sachez que mon mari a la décence de n'afficher aucun prix. Il paiera ce que vous demanderez. » Pour Elias, je n'avais aucun prix, il m'aimait plus que je ne pouvais le croire, et ce, depuis notre rencontre. J'avais une profonde affection envers lui et j'étais heureuse d'être sa femme. Il était droit et honnête, tout ce que j'ai toujours recherché. La vie me l'avait offert et j'en étais heureuse.

Mon regard se posa dans le sien. Il pouvait être aussi chaleureux que glacial. Et en ce moment, il était d'un froid que l'on ne pouvait comparer à l'hiver. Méconnu de toute violence physique, je n'étais pas pourvu d'une langue aussi tranchante qu'une épée. Bien que je puisse arborer toute forme de conflit et de face-à-face. J'aime apaiser les choses, mais avec cet homme, c'est une chose qui me paraît insensée. Je prends le verre regardant le fluide rougeâtre qui s'y trouvait et le sent de peur qu'il soit empoisonné. Je crains beaucoup, mais en réfléchissant, pourquoi tuer une femme qui pourrait lui rapporter beaucoup d'or. Je l'observe un instant encore et finis par porter le verre à mes lèvres pour en boire une gorgée. Femme du monde certes, mais je n'oublie pas mes origines pour autant. Fille d'un guerrier chef de village et d'une amazone qui n'avaient rien à envier aux hommes dans le domaine du combat. Tout comme mes jeunes frères, mon père et ma mère, je supportais suffisamment l'alcool, mais n'en n'abusait jamais. Je restais sage à ce niveau. La seule chose sur laquelle j'abusais, c'était la musique et la danse, mais également cet amour inconsidéré pour les animaux. J'en adoptais toujours un le temps d'une bonne convalescence avant de le relâcher lui rendant ainsi une liberté qu'il a dû abandonner malgré lui.

Malgré l'atmosphère froide, entre nous, je m'avance dans la pièce, car je crains de devenir folle en restant sur place. C'est alors que mon regard se pose sur une guitare déposé avec une certaine tendresse au coin de la cabine de ce pirate. Mes doigts se posent dessus comme hypnotisés par l'instrument. Durant un instant, il me semble oublier où je suis, mais les cris à l'extérieur me rappellent à l'ordre et je m'éloigne pour me poster vers une immense fenêtre qui donne une vue magnifique sur la mer et la lune qui ose pailleter la surface de l'eau d'un millier de diamants. Voilà donc la richesse des marins et des pirates, mais si pour ces derniers, l'or valait tellement plus à leurs yeux. Voilà à quoi on me mettait, au rang d'un simple objet de valeur qui méritait de rester en vie jusqu'à ce que le paiement soit réglé. Posant le verre sur l'épais rebord en bois de cette baie vitrée et m'y appuyant dessus, j'observe une hauteur dont je ne voyais aucune fin. La noirceur de cette nuit à peine éclairée par la lune ne m'offrait pas suffisamment de distance entre le lieu où je me trouvais et la surface calme de la mer.

« Comment pouvez-vous rester de glace face à ces cris de détresse. Ne ressentez-vous donc rien ? » Fis-je finalement en me retournant. « Je pensais que les rumeurs sur vous étaient exagérées, mais je constate qu'en fait, ce n'est guère le cas. »
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MessageSujet: Re: Là où tout commence | Flashback | PV : Roan Vane    Lun 15 Jan - 0:11

« Il y avait une différence… J’ai bien peur qu’au moment où votre navire a été détruit, la différence entre esclaves et servantes a complétement disparu. »

Il ne fit que dire la vérité. Celles qui passeront la nuit seront vendus, de toute manière elles venaient déjà de tout perdre : leur liberté, leur amour propre…  et leur vie ne tenait plus qu’à un seul fil. Amusé, Vane observait la jeune femme qui sortait ses griffes. Oh qu’elle les sort. Au moins cela l’amuse de voir une dame de la haute société se montrer comme une lionne. Au moins cela changeait des femmes pleurnicheuses qui ne vont que le supplier. Maintenant il espérait qu’elle allait savoir tenir tête un bon petit moment et qu’elle n’allait pas se lâcher dans des larmes dès qu’ils seront remontés… Vane continua à l’observer, se faisant une petite idée de la femme qu’il avait en face de lui, alors que cette dernière finit par sortir de son cachot. Bien sûr, Madame ne souhaitait pas son aide. Ce fut avec un petit sourire sur les lèvres que le capitaine remonte. Oh il connaissait la scène par cœur. Et il savait très bien que les petites prunelles océan allaient être horrifiés à ce qui se passait sous ses yeux. Mais Vane s’en fichait bien. Que Madame de Brise-Air se réalise donc que le monde est cruel en dehors de l’enceinte de son petit confort. Vane continuait son chemin, tout en gardant néanmoins un œil sur la jeune femme. Oui, elle était horrifiée et visiblement très désolée pour ces servantes. Mouais… était-il censé verser une larme ? Non, cela ne lui fit ni froid ni chaud. Combien de femmes, d’hommes et même d’enfants n’avaient-ils pas ramenés au marché des esclaves ? Le fait que leur maitresse semblait être attachés à eux n’y changeait rien du tout. Il avait déjà fait bien pire… Arraché des enfants de leurs mères… Ouais ça c’était déjà un cran au-dessus de ce qui se passait maintenant. Au final la jeune femme finit néanmoins par le suivre, laissant ses servantes à leur sort. Bien… Ce n’était pas le genre de femme à faire des crises. Tant mieux. Car Vane détestait ce genre-là.

Une fois rentrée dans sa cabine, Vane lui servit un verre de vin, tout en se servant lui-même. Il s’installa sur sa chaise et l’écoutait parler de son époux. Il soupire. Qu’est-ce que c’est ennuyant l’amour parfait…

« Mmm tant mieux. Cela veut dire que je peux viser le plus haut possible pour votre jolie petit visage de porcelaine. »

Malgré les habits déchirées, elle continuait à avoir une certaine grâce, et elle ne semblait pas être quelqu’un de très peureuse. Ou alors elle avait le don de bien pouvoir masquer sa peur. Quoi qu’il en soit, Vane l’observait alors qu’elle fit le tour de la cabine. Ses yeux se plient légèrement lorsqu’elle touche sa guitare. Il n’aime pas vraiment qu’on touche à ce qui est à lui. Mais elle finit bien vite par s’éloigner à nouveau pour observer l’océan. Ou du moins le trou noire que la mer devenait lorsque la nuit tombait. Aux paroles de la jeune femme, Vane rigole. Qu’est-ce qu’elle essayait donc de faire ? De le sortir de ses gonds ? Faudrait qu’elle vise bien plus haut que ça, si elle souhaite l’agacer.

« Cela fait bien longtemps que peu de choses arrivent encore à me toucher… »

A son tour, Vane se levait et se rapprochait dangereusement de la jeune femme. Ainsi elle souhaitait donc parler de la réputation du capitaine ? ses deux mains passaient sur la barre derrière elle. De chaque côté du corps de la jeune femme il avait posé une main. Oh il ne la touchait pas, mais il était bien proche d’elle. Et il savait qu’automatiquement son rythme cardiaque allait s’accèler. Si elle voulait sortir de cette position, fallait qu’elle le touche… Mais est-ce qu’elle le ferait, ou est-ce qu’elle allait simplement continuer à lui cracher son venin, malgré qu’elle pouvait quasi sentir sa respiration sur sa peau.

« Mmm donc vous connaissez ma réputation ? »

Mais avant qu’il puisse s’aventurer plus loin sur ce chemin dangereux, on frappait à la porte. Et automatiquement Vane relâche prise et s’éloigne. C’était son bras quoi. Que voulait-elle ? Capitaine, il y a un soucis. Vane soupire. Pourquoi est-ce que ces fichus pirates n’étaient pas capables  de s’amuser sans causer des problèmes ?

« Qu’a-t-il encore ? »

Néanmoins quand son second lui annonce qu’une des femmes dit être enceinte, Vane soupire. Voilà ce qui arrive quand on a une femme comme second… Néanmoins il fit un bref signe de tête. Il avait très peu de principes. Mais violer une femme enceinte… Ah non c’était pas le top. Mais ces fichus pirates étaient bien trop ivres pour se rendre compte de quoi ce soit. Bon cela demandait alors une remise à l’ordre. Il se retourne vers la blonde.

« Vous restez à l’intérieur ! »

Il suivit son second jusqu’à la soi-dite femme enceinte. Vrai ou faux. Peu importe au fond. Quand le capitaine disait on n’y touche pas, cela devait suffire. Malheureusement cela ne fut pas le cas. Le type était bien trop ivre pour se réaliser à qui il avait affaire. Pire il tirait son épée, chose qui fit bien rire le capitaine. Non seulement il avait déjà peu de chance de gagner sur lui en état sobre mais alors avec l’alcool dans ses veines… D’ailleurs rien que pour le prouver, Vane ne prit même pas la peine de sortir une quelconque arme. Il comptait le mettre à terre à mains nus. Dans un coup d’inattention car il voyait la porte de sa cabine s’ouvrir – ne lui avait-il pas dit de ne pas sortir ! – il sentit la lame tétanisé son bras. Il sert ses dents, et sentis la rage s’emparer de lui. Il finit par attraper l’épée avec ses deux mains, coup de pied dans le ventre et l’homme était à terre et désarmé. Vane pose l’épée sur le ventre de l’homme. Il savait qu’à présent tous les regards étaient tournés dans sa direction. Le pirate commençait doucement à se réaliser ce qu’il venait de faire. Trop tard. Vane déteste qu’on ne suit pas ses ordres. Et surtout maintenant qu’il saignait à cause de ce fichu pirate. Le pardon n’était pas quelque chose que le pirate connaissait. Si on pardonne un pirate, on prend le risque d’être vu comme faible. Et une fois que notre réputation devient celui d’un capitaine qui pardonne… Bah on peut s’attendre à une mutinerie. Alors Vane attrapait les cheveux du pirate, tirant sa tête en arrière et planta l’épée dans sa gorge, avant de laisser le corps inerte tomber à terre.

« Mettez la fille dans le cachot… Et le premier qui la touche aura le même sort….et foutez moi ce corps dans l’océan. »

Il remontait les marches, ne s’arrête pas en voyant Eve dehors, néanmoins il lui souffle quand même une petite phrase avant de rentrer dans sa cabine.

« Alors madame, ravie de voir tous les aspects de ma réputation… »

Qu’elle le suive ou pas, c’était son problème. Il lui avait dit de rester à l’intérieure. Maintenant si elle préférait l’extérieur… c’était à ses propres risques. Mais quelque chose lui disait qu’elle était assez maligne pour rentrer. Pendant ce temps-là,  il observait sa blessure. Pff ca pissait le sang !

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MessageSujet: Re: Là où tout commence | Flashback | PV : Roan Vane    Lun 15 Jan - 12:49


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Bien des émotions tempêtaient en moi et je ne parvenais ni ne souhaitais laisser l'un d'eux gagner du terrain. Cela ne me serait guère utile et je ne voulais pas fondre en larmes devant un pirate tel que lui. En tout cas, pas plus que je ne l'avais déjà fait devant les suppliques de Nerissa me demandant de ne rien faire et de vivre. Bien sûr que je vivrais, j'étais un échange bien trop précieux pour ces pirates. Ils avaient mis la main sur la femme du frère du roi de Brise-Air et donc... La possibilité de faire fortune était immense. J'étais à la fois outrée d'être placé dans cette catégorie, mais également rassuré par bien des choses. J'aurai voulu être aussi forte que mère et pouvoir mettre à bas cette bande de pirates, mais je suis loin de la fierté combative des amazones. Le sang ne m'attire pas et la violence me dégoûte au plus haut point. Je laisse cela à ceux qui sont capables de supporter de vivre avec les fantômes, mais aussi de devoir constamment se battre et regarder derrière leurs épaules. La voie du sabre est loin d'être tranquille, qu'elle soit faite dans la justice ou le plaisir, elle comptera autant de victime que de survivant. J'en sais quelque chose, mère et père me l'ont que trop prouvé au fil des années et j'ai largement préféré jouer les petites mamans pour mes deux jeunes frères que de suivre les instructions de mère sauf si bien sûr cela concernaient l'équitation, un domaine dans lequel j'excellais tout aussi bien qu'un homme. J'étais même devenue experte en soin, à force de devoir jouer les guérisseuses avec Hank et Abel, les journées étaient plutôt animés et ce fut le cas jusqu'à mon départ pour Brise-Air. Je suis bien heureuse qu'ils ne soient pas présent, je connais suffisamment leurs folies et leurs témérités pour plonger tête la première dans le danger afin de me libérer. Mon époux était plus calme de coutume, mais là, j'avoue que je comptais sur le roi pour calmer l'impulsivité de mon époux qui ne mènerait à rien. Même moi, je le reconnais même si le côté impulsif d'Elias ne me déplaisait pas.

Mais, ce n'est ni le lieu et ni le moment de me perdre dans mes pensées. Je devais continuer à cacher mes craintes et toute ma peur que j'éprouvais envers ce capitaine sans foi ni loi qui n'hésitait pas à laisser ces hommes profiter de pauvres femmes. Je pouvais les entendre et elles affrontaient le tout avec courage, mais plus cela continuait et plus mon cœur se déchirait en morceaux. Je n'étais pas sûr de sortir totalement indemne de cette expérience et de cette rencontre. J'aurais aimé que la mer reste aussi paisible qu'à mon départ de Brise-Air, nous avions eu de la chance, mais le retour semble avoir transformé le destin en un être farceur et diabolique. Tenant le verre entre mes mains, je ne faisais le tour de la cabine pour ne pas me perdre dans le regard du capitaine. J'avais besoin de bouger, d'évoluer, de comprendre et de tenter de saisir un personnage dont j'avais entendu largement parler dans les murs du château. Mais, jamais je ne me serai pensée victime de leur vilenie.

« Mmm tant mieux. Cela veut dire que je peux viser le plus haut possible pour votre jolie petit visage de porcelaine. »

Un simple soupire d'exaspération fut une première réponse pour cet homme. Le fait d'avoir le dos tourné à lui me permettait de garder une certaine contenance. « Un objet d'échange avec un jolie visage de porcelaine... Je suppose que c'est un compliment typiquement pirate. » Je joue avec le feu, je devrais me taire, mais la nervosité me portait parfois à une certaine franchise, à un besoin de dire ce qui me passe par la tête, la raison me poussant tout de même à mesurer mes mots.

Et comme si cela ne suffit pas, je continue, tentant de toucher une corde sensible inexistante envers cet homme et il me le fait largement savoir avec son rire. Il me glace le sang, je ne peux le nier, mon corps se tend.

« Cela fait bien longtemps que peu de choses arrivent encore à me toucher… »

« C'est perceptible effectivement... » Mais bon sang Eve, tais-toi donc.

Dos tourné au capitaine et verre posé sur le rebord de bois, j'observais la mer en espérant que le paysage me calmerait. Mais, non, trop sombre, trop insondable et le mystère qui découlait de cette vision nocturne ne faisait que ressortir des peurs enfouies en moi. Il a dû le sentir, sans doute est-ce pour cela qu'il profita pour se positionner derrière moi. Ces bras m’emprisonnant, mais me laissant largement de quoi de bouger. Sans doute, veut-il savoir jusqu'où je suis capable d'aller et moi-même, je l'ignore en ce moment même. Son souffle, sur ma peau, est chaud, mais dégage une froideur perceptible, tout en lui impose la méfiance, la peur. Son charisme est trop démesuré et m'écrase.

« Mmm donc vous connaissez ma réputation ? »

Tous mes muscles se crispent. Il murmure pour mieux me faire peur, je le sais. A-t-il compris que je joue la comédie, que je bloque tout en moi pour me contenir et ne pas perdre la raison en pleurant et suppliant. Sans doute, est-ce mon côté amazone qui parle. Que cela soit d'un côté ou de l'autre, c'est un sang guerrier qui circule dans mes veines, mais, qui ne pourra jamais s'exprimer parce que je n'en ai pas l'envie et encore moins la force de le faire. Tenir une arme me fait trembler intérieurement.

Je finis par retourner vivement, trouvant la position inconfortable et j'aurai dû ne plus bouger parce qu'au lieu d'être dos à lui, je lui fais face. C'est comme plonger dans un gouffre de peur que je dois affronter pour retourner à la surface. Chaque pas, chaque victoire envers moi-même me fait apparaître les marches d'un escalier circulaire qui me font tourner la tête. J'ancre mon regard dans le sien alors, que ma respiration se fait plus saccadée alors, que mon cœur bat à un rythme affolant à tel point que j'ai l'impression qu'il va sortir de ma poitrine.

« Vous faites tout pour qu'on la connaisse. » Fis-je simplement, dans des mots à peine murmuré. Je ne le vois pas profiter de la situation, mais en même temps, je n'en suis pas sûre. On lui reconnaît beaucoup de choses, mais on invente surtout beaucoup pour rendre les gens plus horribles qu'ils ne le sont. Moi qui me félicite de pouvoir lire dans le cœur des gens, voilà que je me sens incapable de le faire avec le capitaine Vane. Tout est clair et trompeur à la fois. Impossible de savoir qui il est, comment il voit les choses ni ce qu'il fera. Il est imperceptible.

Quand on vient toquer à la porte et que ce dernier ne me prête plus attention, je remercie intérieurement la femme qui vient d'entrer et qui semble être sa seconde. Je soupire intérieurement, me sentant plus libre et moins oppressé. Mais, les mots que j'entends me font pâlir sur place.

« Cassandre. C'est donc de cela qu'elle voulait me parler avant... » Avant que l'on ne soit prit pour cible par les pirates. Je murmurais ces mots pour moi-même, mais j'ai comme l'impression que le capitaine Vane les a entendu, à moins que je me fasse de fausses idées. Mon esprit emprisonné par toutes ces émotions folles me font peut-être imaginer bien des choses. Sans plus de cérémonie, il s'en va non sans oublier de m'ordonner de rester à l'intérieur. Mais, ma curiosité et ma peur prennent le dessus. Que va-t-il faire à Cassandre ? La tuer ? J'avoue que bien des visions accaparent mon esprit, mais aucune n'est réellement cohérente. Alors, je me risque à ouvrir la porte et à sortir de la cabine pour observer ce qu'il se passe. Le spectacle m'est une nouvelle fois poignant, mais la suite me laissa complètement coi. Je m'attendais peut-être à beaucoup, mais pas à la mise à mort de l'un de ces hommes et la vue de Cassandre que l'on menait vers les cachots. Le combat a été court, ce ne fut guère difficile avec l'alcool dont était propriétaire le corps du pirate, mais la sentence fut inhumaine, radicale et plus que sanglante pour moi. Durant un instant, il m'a semblé que le capitaine ait été déconcentré en voyant que je lui ai désobéi. Peut-être avais-je décidé de fléchir, mais pas de me soumettre complètement non plus. J'étais la femme du frère de notre roi, une princesse par alliance et une femme profondément responsable du sort de mes servantes. Je ne pouvais rien n'y faire et malgré mes prières à la mer, à la lune ou à mes ancêtres, rien ne pourrait changer ce qu'il se passait sous mes yeux.

« Alors madame, ravie de voir tous les aspects de ma réputation… »

Mon air hébété a su me déconnecter de la réalité et la voix ironique du pirate me sortit d'une contemplation inexistante. Mon regard était figé, mais ne voyait plus rien. Lentement, je tournais la tête, le regardant entrer se fichant sans doute si je le suivrais ou non. Ma raison hurlait bien fort que j'étais plus en sécurité avec lui à l'intérieur qu'ici sur le pont à être une victime malencontreusement de la cruauté et de l'alcoolisme de ces hommes. Finalement, j'entrais refermant la porte derrière moi. Mon regard se posa sur sa blessure qui n'était pas jolie à voir, mais qui n'était pas profonde non plus. Doucement, je m'avançais ne voulant pas être victime de l'instinct pirate du capitaine Vane. Prenant un pan de ma robe, je la déchirais l'imbibant de l'alcool qu'il m'a servi plus tôt, il pourra désinfecter proprement la blessure évitant l'infection.

« Laissez-moi faire... » Même si je le détestais pour ce qu'il se passait, je ne pouvais pas me montrer ingrate. Il venait de prendre la défense d'une femme enceinte, c'est qu'il avait un bon fond contrairement à ce qu'il disait. Un homme sans cœur n'aurait même pas réagi et se serait amusé de la crainte de sa seconde. Prenant son avant-bras, je tapotais la blessure sans rien dire. Je n pouvais pas promettre qu'il n'y aurait pas de douleur. Une éraflure de ce genre avait toujours son petit effet et inconsciemment, malgré mot, je me disais que ce n'était qu'un juste retour. Mince certes, mais juste. J'évitais de le regarder me concentrant sur ce que je faisais et finis par utiliser le bout de tissu comme bandage. « Je pense que ça ira. Nettoyez-là une fois par jour et évitez d'être en contact avec de la poussière. Enfin... Autant que vous le pouvez. »

Prisonnière, mais pas dénouée de cœur, je ne cherchais pas non plus à rendre mon sort plus doux. J'étais moi, c'est tout. Qu'il en rit s'il le souhaite, cela ne me fera pas grand chose. Je poste à nouveau vers la grande baie vitrée m'installant sur le rebord pour contempler mère lune depuis ma prison. Tentait-elle de me rassurer ? D'adoucir ma peur par la vision de cette immensité salée et sombre par les reflets de diamants qui y naissaient ? Je l'ignore, mais la vision fonctionnait belle et bien. J'ai toujours porté une fascination certaine entre l'astre d'argent et je parvenais à sourire même quand tout allait mal, c'était le cas maintenant d'ailleurs. « Merci... Je sais que nous sommes prisonnières et que leurs destins a été tracé par vous, mais je vous remercie de ce que vous avez fait pour Cassandre. » Je finis par le regarder, la lune offrant un peu plus de luminosité à la pièce. « Riez si vous le voulez, mais vous avez un bon fond même s'il est aussi petit qu'insecte... Empêcher un homme de profiter d'une femme enceinte... Peu de pirate l'aurait fait. » J'esquisse un sourire en portant le verre à mes lèvres. « Votre réputation est bien établie, mais manque de vérité apparemment. »

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MessageSujet: Re: Là où tout commence | Flashback | PV : Roan Vane    Mar 30 Jan - 17:59

Elle avait du répondant et il aimait ça. Il fallait néanmoins qu’elle fasse gaffe, car Vane n’avait pas beaucoup de patience et à force de jouer avec le feu on risque de se brûler. D’autant plus que chaque parole, chaque réplique venant de la princesse l’amusait mais le poussait en même temps à vouloir qu’elle dépasse ses limites et en même temps les siens. D’ailleurs il n’avait pas tardé à s’approcher d’elle. Suffisait de quelques millimètres supplémentaires pour que son corps touche le sien. Et il pouvait quasi ressentir qu’elle était tout sauf à l’aise. On dirait que le petit chaton avait terminé de sortir ses griffes. Mais avant même qu’il puisse ajouter un peu plus de jeu à tout cela, on frappe à la porte de sa cabine. Et à contre cœur, le pirate fit quelques pas en arrière avant d’écouter les paroles de son second. Il soupire. Il déteste ca, mais il y avait malgré tout certaines choses qu’il ne voulait pas que cela se passe sous son commandement. Alors il intervient. Fort et avec du sang comme à son habitude. Mais avec la rage au fond de la gorge et une petite blessure qui dans sa tête ne signifiait rien. Il avait déjà connu pas mal de blessures et une de plus… pfff ce n’était rien pour le pirate. Mais cette blessure avait été suffisante pour qu’il oublie la princesse blonde de Brise-Air. Ce ne fut que lorsqu’elle commençait à vouloir le soigner qu’il relevé son regard vers elle. Mmm voilà qu’elle se méprenait sur sa véritable nature… Bientôt elle allait lui faire le jeu de : « oh vous êtes un pirate avec un cœur en or »… Ah oui… si elle partait là-dessus c’est qu’elle le connaissait vraiment très mal. Néanmoins il ne dit rien et la laisse faire. AU moins cela l’évite à devoir le faire soi-même et pendant ce temps-là il pouvait prendre une grosse bonne gorgée de rhum.

Ah et voilà qu’elle le remercie.. De quoi donc ? De l’avoir emprisonné ? Il soupire et se lève. Qu’est-ce que ces grandes dames du monde peuvent être aveugles. Pensait-elle réellement que sa servante avait une quelconque chance ?

« Détrompez-vous princesse…. Je ne lui ai surement pas fait de cadeau…. Elle survie certes… mais son prochain maitre risque de ne pas laisser l’enfant en vie, ou va le revendre aussi tôt tel un chiot. Si j’avais réellement voulu lui rendre la vie plus facile, je l’aurais tué rapidement et sans douleur afin qu’elle échappe à son triste destin. »

Il lève son regard sur la princesse. Alors pensait-elle toujours qu’il était quelqu’un de bien ? Et puis ah au fond elle pouvait se faire autant d’histoires dans sa tête qu’elle le voulait. Tant que cela restait bien sûr dans sa tête… Quant à la réputation de Vane.

« Tout le monde pense et dit ce qu’il souhaite, Madame… Rares sont ceux qui comprennent réellement un être… »

Oh oui, on a beau penser connaitre quelqu’un, il arrive encore à vous surprendre. Et quand il s’agit du capitaine Vane, il a toujours été fort discret sur ses sentiments et sur ses réelles pensées ou intentions. Et cela a bien sur facilité les histoires à son compte. Tant qu’ils sont remplit d’horreur pour faire trembler les autres… Ca lui convenait parfaitement. Car ce n’est pas avec une reputation gentille qu’on règne sur un navire.

HJ : désolé mais j’ai perdu mon document word… du coup j’ai du recommencé complétement…

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MessageSujet: Re: Là où tout commence | Flashback | PV : Roan Vane    Mer 7 Fév - 10:43


Là où tout commence
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« De toutes les passions, l'amour est celle qui dérègle le plus la raison. / Madeleine de Scudéry »
Était-ce un tort de ma part de vouloir m'attirer la sympathie de ce pirate dont la réputation était loin d'être reluisante et généreuse. Stupidement, je pensais que tout le monde avait un bon fond quand on pouvait creuser à la surface. Mais, plus j'entendais ces horribles bruits à l'extérieur de cette cabine et plus je me disais que mes espoirs envers le genre humain se trouvaient être parfaitement stupides. Le capitaine ne devait pas en faire exception et je restais persuadée au fond de moi, qu'il se moquait peut-être jubilant face à mes efforts qui seront parfaitement vains. Je le savais au fond de moi, mais je tentais quand même ma chance, même si je fonçais droit vers un mur. Un mur si haut, si résistant et qui ne permettait pas de toucher l'être ce pirate qui me faisait face et dont la blessure était soignée par mes soins. Avais-je raison de me montrer aussi bienveillante envers mon geôlier ? C'était difficile à savoir, si j'avais aussi prompt que ma mère à me battre, je serai sans doute morte ou bien enchaîné pour permettre un échange, mais pas sans avoir subi le pire. Peut-être était-il patient, mais je ne pense pas que celle-ci soit sans limite. Je l'imagine se pencher vers l'impulsivité à tout moment, tout son corps et son âme respirait ce simple sentiment. Il avait dû commettre des choses abominables qui donnaient raison à ces rumeurs de le traiter de monstre. Et pourtant, je tente de rester maîtresse de moi-même, même si l'envie de défaillir à chaque seconde est quelque chose d'assez tentant. On peut lire la crainte dans mes yeux, mais malgré cela, j'utilisais la moindre d'once d'énergie pour garder la tête hors de l'eau et de ne pas pleurer malgré la gorge serré qui devenait une source de douleur pour moi. Savoir que des hommes sans foi ni loi violent en ce moment-même mes servantes, me rendait malade à un point que Roan Vane ne pouvait sans doute pas imaginer. Peut-être ne s'adonnait-il pas à cet acte, mais il le permettait. Je ne savais pas si je devais au final le haïr même s'il me gardait loin de cet outrage. Reconnaissante ou bien devrais-je le maudire. Toutes ses émotions au fond de moi, me devenais incompréhensibles.

Néanmoins, je trouve cela normal de le remercier d'avoir empêché l'un de ces hommes de profiter de la pauvre Cassandre. Il avait imposé des limites à ces hommes et je trouvais tout de même cela prometteur. Lui-même ne pouvait pas accepter certaines choses. Cependant, je sais fort bien que le sort de ma servante était sauvegardé pour le moment, mais qu'en sera-t-il pour la suite ?

« Détrompez-vous princesse…. Je ne lui ai surement pas fait de cadeau…. Elle survie certes… mais son prochain maitre risque de ne pas laisser l’enfant en vie, ou va le revendre aussi tôt tel un chiot. Si j’avais réellement voulu lui rendre la vie plus facile, je l’aurais tué rapidement et sans douleur afin qu’elle échappe à son triste destin. »

C'est une option que je n'osais envisager parce que je la savais vraie. Cet homme ne fera pas dans la dentelle avec mes servantes, je suis la même à mieux m'en sortir parce que j'ai de la valeur à ces yeux. Sinon, sans doute, aurais-je goûté le même sort que les autres et j'aurais été vendu au marché des esclaves. Cela me donne des frissons rien que d'y penser. Tout comme cela me fait frissonner de dégoût que de penser que des gens de son espèce existent bel et bien. Pourtant, je ne suis pas naïve, je sais que tout peu arriver et exister dans cette vie. Mère m'a souvent mise aux pieds du mur jusqu'à révéler ce qui lui était déjà arrivée souhaitant que je sois forte mentalement à défaut de savoir me défendre comme elle. Pourtant, je me sais capable de l'imiter, mais je me refuse à toute violence. J'en ai assez de ce cercle vicieux et pourtant, les hommes et les femmes se sentent investi de la mission de continuer sur ce chemin.

« Je suis sûre que si je n'avais pas autant de valeur à vos yeux, je ne serai sans doute ici à vous faire la discussion. » Fis-je froidement tout en serrant un peu fort le bandage avant de le laisser là où il est à boire tranquillement. Je préfère nettement reprendre ma place près de cette baie vitrée assise sur le rebord en bois foncé à observer la lune pour tenter de reprendre un courage qui commence à m'échapper.

« Tout le monde pense et dit ce qu’il souhaite, Madame… Rares sont ceux qui comprennent réellement un être… »

La lune me happe et me calme pour le moment jusqu'à ce que je tourne mon visage vers le pirate. Sa nonchalance est impressionnante tout autant que le calme dont il fait preuve malgré les bruits qui nous parviennent de l'extérieur. J'aimerais être sourde en cet instant parce que le fait de ne rien pouvoir faire me rend honteuse et je me déteste même si l'une de mes servantes m'a dit de ne rien tenter. Je sais que toute manière, je serai seule face à un équipage entier et au vu de comment a réagi le capitaine tantôt, je doute qu'il me laisse intact si je tente quelque chose de stupide. Je serai peut-être envie, mais pas sans blessure.

« Et vous ? Vous vous placez où ? Ceux qui s'en moquent de vouloir comprendre les autres ? Ou bien vous aimez savoir saisir qui est en face de vous et de poser un premier jugement ? » Je me doute qu'il choisira la seconde option. Il n'a pas arrivé au poste de capitaine en se moquant de tout. Non, le fait qu'il fasse preuve de stratégie et d'intelligence le met à un rang bien au-dessus que le reste de ces hommes et de ces femmes qui travaillent sous ces ordres.

En voyant mon reflet, je remarque que je ne suis clairement pas à mon avantage. Je défais mes tresses et passe mes doigts dans ma chevelure pour les coiffer sommairement et cela me permet de penser à autre chose durant un instant. Mais, entre nous, je sens mon cœur battre à tout rompre. La peur, la colère et l'impuissance mélangées me mettaient dans un tel état que je me demande encore comme je suis capable de me contrôler et de parler calmement, bien que froidement envers un pirate qui pourrait s'emporter et vouloir me faire passer un mauvais moment. Il avait les pleins pouvoirs et moi, je ne pouvais rien. Apparemment, ce sentiment de puissance, il devait l'aimer par-dessus tout. Que la lune me protège encore, parce que je ne sais pas si je pourrais me défendre contre cet homme ou un autre. J'ai peur, mais je dois garder la tête froide et hors de l'eau si possible, mais là, j'ai juste l'impression de couler.

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MessageSujet: Re: Là où tout commence | Flashback | PV : Roan Vane    Mer 7 Fév - 22:07

Vane l’observe, il n’avait pas besoin de la regarder longtemps pour sentir la peur. Elle avait beau tenter ne pas le montrer, la peur a une certaine odeur, et à force de la côtoyer Vane avait fini par la reconnaitre aussi facilement que l’alcool. Néanmoins quelque part il la trouvait bien courageuse pour une femme noble. Peu auraient su tenir la tête haute, la majorité auraient commencer à supplier, à pleurnicher.. Bref à faire n’importe quoi. Mais pas elle. Malgré la peur, elle tentait de rester maitre de la situation. Bien qu’elle devait parfaitement se rendre compte qu’elle ne pouvait jamais être maitre de la situation. Elle ne dépendait que de lui. Et les paroles que le pirate sortaient ne devait en rien la réconforter. Mais Vane n’était pas le style à mentir. Généralement il disait assez facilement ce qu’il pensait. Et ce soir n’en fut pas une exception. Oui, là où la belle princesse voyait un acte de charité, Vane n’en voyait aucun.  Ses remarques furent peut-être brutale pour une jeune femme qui ne connaissait que trop peu le monde des pirates et des esclaves. Un petit sourire s’affichait sur les lèvres de Vane. C’est que malgré la peur elle continuait à vouloir sortir de sa cage… Qu’elle fasse gaffe, Vane avait beaucoup de patience… Mais il a ses limites.

« Oui, vous avez sans aucun doute raison. Néanmoins… j’aurais tout autant pu vous laisser dans votre cellule… »

Il aimait jouer avec l’esprit des gens. Et vu que la blondinette avait du répondant et qu’elle était intelligente, autant s’amuser un peu plus. Car cela faisait bien longtemps que Vane n’avait pas pu avoir de conversation intelligente. Faut dire que la majorité des pirates ne se donnent pas à la philosophie ni à la psychologie. Aaah voilà qu’elle commence enfin à poser des questions intelligentes. Vane prend néanmoins tout son temps pour lui répondre. IL termine son verre d’un trait avant de se lever.

« Je ne juge pas les gens aux premiers abords, princesse. Et je suis bien assez longtemps capitaine de ce navire pour me méfier de l’eau qui dort. »

Elle était belle et intelligente. La princesse avait un charme dont elle ignorait même l’existence, mais que le pirate venait seulement de remarquer. C’était un étrange de mélange d’innocence et de sagesse. Mmm à moins que ce ne fut que l’effet de l’alcool et de la pleine lune qui lui montait à la tête. Vane se retourne de cet image envoutante. Il approchait sa main du panier de fruits et y prit une pomme.

« Les gens sont bien plus complexes qu’on puisse penser à premier abord…. Et on ne peut jamais réellement comprendre un être humain. Stupide serait celui qui prétend le contraire. »

Le capitaine s’approchait de la déesse lunaire. Elle était bien plus magnifique avec ses cheveux détachés. S’asseyant à côté d’elle, cela fut à peine que sa main la frôlait. De l’autre il proposa la pomme devant ses yeux, mais ne la quittait pas du regard.

« Vous allez sans aucun doute côtoyez des hommes bien plus dangereux que moi… Moi je réponds honnêtement aux questions… Ceux qui se cachent derrière des mensonges sont ceux dont il faut se méfier le plus… Les hommes comme moi… Ah il suffit d’oser poser les bonnes questions… »

Il l’observe et finit par sourire alors qu’il dépose délicatement la pomme dans ses mains et se relève pour lui donner à nouveau la liberté de respirer.

« Vous me faites penser à une princesse que j’ai rencontré… Il y six ans de cela ? Ou serait-ce cinq…. ? Sa tête était mise à prix… Et le prix était bien attirant… Même plus que ce que votre mari va surement payer pour la votre… elle avait un peu le même regard que vous…. La peur et l’incompréhension… Elle ignorait si elle devait me faire confiance ou pas. »

Visenya Black. Oh il aurait pu la livrer. Le roi donnait même une fortune pour sa tête. Mais pour une fois ce n’était pas l’argent qui avait animé le pirate. Non cette fois-là il avait choisi de prendre un autre chemin et ne l’avait pas regretté. Avec un regard amusé, Vane observait la prisonnière.

« Que pensez-vous que la princesse ait décidé de faire… »

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MessageSujet: Re: Là où tout commence | Flashback | PV : Roan Vane    Mar 20 Mar - 21:41


Là où tout commence
Eve & Roan

« De toutes les passions, l'amour est celle qui dérègle le plus la raison. / Madeleine de Scudéry »

J'ai l'impression d'être si peu de chose devant lui. Moi, qui n'ai jamais eu une très grande confiance en moi, me réfugiant dans mon petit monde et surveillant mes frères qui ont toujours eu plus de personnalité que je n'en aurais sans doute jamais. J'ai toujours regardé les autres au lieu d'évoluer comme il se devait. D'une part, cela m'a enseigné à être plus observatrice, à comprendre les gens et tout ce qui m'entoure, mais d'une autre part, cela m'a fait perdre ce qui était le plus important. Moi-même, toujours trop naïve et innocente. Peut-être est-ce là qui a plu à mon époux, mais aujourd'hui, ces petites valeurs qui font la différence au château, me font perdre tout sens de la réalité désormais. J'ai beau montrer une certaine force, mais ce n'est que pour mieux endurer les choses parce que je suis responsable de mes servantes qui elles, ne pensent plus qu'à moi alors qu'elles se font horriblement malmenées par l'équipage du capitaine Vane. Il me fait peur. Il le sait, mais n'en abuse pas, mais me fait également très bien comprendre qu'il suffisait d'un rien pour que la donne change considérablement.

« Oui, vous avez sans aucun doute raison. Néanmoins… j’aurais tout autant pu vous laisser dans votre cellule… »

Voilà qui ne fait que confirmer mes dires. J'évite de trembler devant lui, préférant garder cette dignité et cette fierté un peu abusée, je le conçois. Mais, cela doit être mon côté amazone qui parle et aussi parce qu'une princesse se doit de tenir aussi longtemps qu'il le faut surtout dans des circonstances aussi difficile et tragique. Je savais au fond de moi que ce rôle qui est le mien désormais m'exposait à un danger conséquent. Mais aussi rapidement et fort, non. Tout simplement impensable auparavant, mais aujourd'hui tout se vérifie. La moindre de mes craintes prennent vie et je dois aller en totale contradiction avec ces dernières, je n'ai guère le choix de toute manière.

« Tout comme vous pouvez le faire, si je viens à vous ennuyer capitaine Vane. »

On m'a dit que cet homme n'était jamais longtemps très satisfait, alors, je me tiens prête à tout changement de sa part. Je sais que je suis pour lui un gain trop précieux et qu'il ne souhaite pas me malmener. À quoi bon de toute manière ? Je suis une princesse et non pas une servante ou une esclave, ma valeur est plus grande que mes pauvres servantes que j'entendais pleurer malgré la porte fermée. Cela me fait tellement mal d'être impuissante pour elle, mais agir dans la violence est une chose impossible pour moi. De plus, cet homme m'a fait clairement comprendre que cela ne servirait strictement à rien d'agir de la sorte.

Non, je ne suis pas lâche et on ne peut pas dire que la peur m'étreint particulièrement, c'est juste que, je ne parviens pas à user et surtout abuser des choses que ma mère, digne amazone, ait pu m'enseigner dans mon enfance. Je préfère largement démontrer mon talent en équitation que dans le combat qui, ne m'apporte pas autant que cela peut en procurer à ce pirate.

« Je ne juge pas les gens aux premiers abords, princesse. Et je suis bien assez longtemps capitaine de ce navire pour me méfier de l’eau qui dort. »

Je me tourne vers lui quand j'entends un mouvement de sa part. De la prudence qui s'éveille en moi, car oui, malgré tout, cet homme reste un mystère et même s'il m'a fait comprendre qu'il ne s'en prendrait pas à moi, je reste malgré tout, suspicieuse pour ma propre sécurité. Mentale et non physique, car je ne peux clairement pas tenir contre un pirate avec tant d'années d'expérience derrière lui. Je n'ai pas le corps d'une guerrière, mais d'une simple jeune femme hissée à la royauté par le biais d'un mariage avec le frère du roi.

« Je suppose que c'est une capacité qu'il faut pour connaître le silence de son équipage. »

J'ai entendu dire que les mutineries étaient assez conséquentes surtout lorsque le capitaine perd la confiance de ces hommes. Je me doute que Roan Vane doit avoir un coup d'avance à chaque regard étrange qu'un des siens pourraient lui lancer.

« Les gens sont bien plus complexes qu’on puisse penser à premier abord…. Et on ne peut jamais réellement comprendre un être humain. Stupide serait celui qui prétend le contraire. »

Comment un être comme lui peut-il faire preuve d'autant de philosophie ? Ce n'est pas vraiment une chose à laquelle on s'attendrait de la part d'un pirate qui ne vit que pour le sang, l'argent et les aventures quelles qu'elles soient. Non, il exprime à lui seule, cet adage si commun, de ne pas se fier aux apparences. Pourquoi cette facette de lui me plaît soudainement ? Pourquoi me sentais-je attirer par cet aspect énigmatique de sa personne ? Fort et froid. Intraitable, mais juste dans une certaine mesure. Je n'arrive pas à comprendre ce qui peut bien m'arriver. C'est effrayant !

« Et c'est pour cela que l'on dit que l'observation est la clé de toute connaissance. » Finis-je par rajouter en me détournant de lui alors, qu'il prenait un fruit dans le panier. Je préfère me concentrer sur la lune, son reflet sur la surface de l'eau. Cette simple image m'apaisait et m'aidait à reprendre contact avec la réalité.

Cette main qui me frôle à peine. Je crois l'avoir senti avant même qu'il n'esquisse ce mouvement. Sa présence... Sans doute, est-ce son parfum qui m'a donné l'indice de sa position à côté de moi troublant ainsi le calme qui m'emportait quelque peu avant de disparaître à nouveau. Face à moi, il me présentait une pomme que je ne pouvais prendre. J'ai l'impression que le capitaine se joue de moi et des émotions qu'il fait naître. Toutes contradictoires et trop étrange pour parvenir à les saisir pleinement.

« Vous allez sans aucun doute côtoyez des hommes bien plus dangereux que moi… Moi je réponds honnêtement aux questions… Ceux qui se cachent derrière des mensonges sont ceux dont il faut se méfier le plus… Les hommes comme moi… Ah il suffit d’oser poser les bonnes questions… »

« Et qui vous dit que ce n'est pas déjà le cas. Vous pensez peut-être que j'évolue dans un monde tout beau et tout rose ? Les conflits, les médisances, les complots... Il n'y a que ça parmi les gens de la haute. Il suffit d'une erreur pour que quelqu'un saisisse l'opportunité de noircir la réputation d'une autre. »

Je me souviens plus bien de mes débuts dans le grand monde avec ma cousine. Elle était le pilier sur lequel je me reposais. J'ai toujours été trop douce et innocente pour des gens capables d'abuser de ma générosité et de ma bonté ou encore d'inventer de fausses rumeurs pour détourner l'attention du roi et de son frère. Oui, dès l'instant où j'ai pénétré la salle de bal, Elias m'avait remarqué. Toute cette innocence, lui a plu, j'étais tellement différente du monde qu'il ne connaissait que trop bien, que j'étais pour lui, un vent de fraîcheur. En vérité, voyez la cour du roi comme un immense désert, on trouve plus de serpent sous des pierres que de véritables trésors.

La pomme finit dans ma main, mais je fixe son sourire. Se moque-t-il ? Ou bien est-ce un vrai sourire ? Je l'ignore, il est tellement compliqué à saisir et donc à pouvoir manipuler pour que je puisse m'en sortir et donner une chance à mes servantes. Non, cet homme n'est manipulé par personne sauf la mer quand elle devient folle de rage.

« Vous me faites penser à une princesse que j’ai rencontré… Il y six ans de cela ? Ou serait-ce cinq…. ? Sa tête était mise à prix… Et le prix était bien attirant… Même plus que ce que votre mari va surement payer pour la votre… elle avait un peu le même regard que vous…. La peur et l’incompréhension… Elle ignorait si elle devait me faire confiance ou pas. »

Malgré moi, je sers la pomme entre mes mains. Cette date correspond à la fuite de ma cousine et la mort de son époux. Sa disparition a été une souffrance qui me pèse encore aujourd'hui et il m'est impossible de ne pas penser à elle chaque jour que je respire. Et voilà qu'il mentionne une princesse et une année qui correspondent à Visenya. Mais non, cela ne doit être qu'une simple coïncidence.

« Que pensez-vous que la princesse ait décidé de faire… »

« Je l'ignore... » C'est vrai. Ne pas lui faire confiance, cela serait finir de la pire manière et lui faire confiance, c'est avoir une dette avec lui. Je suppose que c'est le genre de personnage à vouloir être remboursé d'une manière ou d'une autre. « J'espère qu'elle a pu bien finir... Même si cette princesse a dû moduler sa personnalité en fonction d'une vie nouvelle. » si c'est Visenya, je sais qu'elle a pu aller loin. Ma cousine a toujours été la plus forte et la plus belle de part la confiance qu'elle dégageait. Moi, j'ai toujours été discrète, aimante, maternelle, mais peu confiante sur mes capacités. Ce que je fais aujourd'hui, c'est pour ne pas faillir parce que j'ai une image à soutenir et respecter. Sans doute, est-ce aussi mon côté amazone cachée qui m'oblige à faire face plutôt qu'à trouver un trou pour m'y engouffrer et ne jamais en sortir.

Doucement, je viens à croquer dans la pomme, parce qu'il n'y a aucune gloire à se laisser mourir de faim, ce n'est pas cela qui va m'aider à avoir l'esprit clair.

« Dites-moi... Je suis curieuse... » Fis-je en posant mon regard sur lui. « Comment en vient-on à vouloir être pirate outre l'aventure, la fortune et les combats... Qu'est-ce qui vous y a vraiment poussé, j'ai toujours été curieuse de ceux qui choisissent cette voie plutôt qu'une autre. »

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