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 Quand le vent hurle (La damnée et la sirène)

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MessageSujet: Quand le vent hurle (La damnée et la sirène)   Sam 6 Jan - 12:27

Assise près du port et malgré la présence de l’océan, je n’étais jamais à son aise par ici. Il y avait trop de monde et en même temps pas assez. Le bruit des vagues contre la coque des navires calmaient mes nerfs qu’en partie. Je savais qu’il n’en suffisait toujours de peu pour qu’on découvre ce que je suis. L’eau est mon meilleur ami et pourtant dans certains circonstances c’était mon ennemi juré. Il ne fallait qu’une seule goutte pour que PLOUF je me retrouve transformer en sirène. Autant vous dire que cela ne me dérange pas lorsque je suis seule ou lorsque je me retrouve sur l’île d’Hara. Mais ici, près des pirates des commerçants… oh non ce n’était jamais une bonne idée de se montrer. Même Avran qui était un pirate me l’avait bien indiqué de ne pas trop montrer ce que j’étais. Néanmoins me voilà entouré de bien d’ennemis. Je n’étais pourtant pas suicidaire ou quelqu’un qui aimait chercher les embrouilles. Mais l’appel de l’océan était toujours plus fort que tous mes autres senses. Et puis malgré tout, j’aimais observer ces marins qui pour la plupart pensaient que l’océan était une jument à dompter, ou encore une mère à aimer. C’était des idées ridicules et je n’ai jamais compris d’où il pouvait sortir tant de bêtises. L’océan était l’océan, point barre. Elle n’était ni douce, ni méchante. Elle était tout simplement fidèle à elle-même. Dangereuse pour tous ceux qui ne sont pas fait pour vivre dans l’océan, et douce avec les êtres qui y vivent. Marchant sur le quai je regardais le nom de chaque navire, mémorisant leurs noms ainsi que le drapeau… Pirate ou marchand. Je croisais nombreux de ses navires en mer, heureusement pour moi ils ignoraient toujours ma présence. Mais j’aimais bien savoir à qui appartenait telle navire. D’ailleurs il y avait le Golden Scream, le navire du Capitaine Leary et surement un des rares navires dont je n’avais rien à craindre. Puis je passais devant celui du capitaine Vane. J’ignore pourquoi mais je l’avais toujours trouvé étrange. Sa réputation était connue et je me tenais toujours loin de lui. Pourtant je ne pouvais m’empêcher de l’observer dès que je le voyais. Je sais… la curiosité est un vilain défaut. Mais j’étais une sirène assoiffée du savoir. J’avais parcouru le monde (enfin surtout les océans) pendant des années et maintenant c’était celui de l’être humain que je souhaitais découvrir. Car mine de rien, parfois ils sont difficile à cerner. Et encore plus à comprendre. Ils sont capables du pire et pourtant parfois ils peuvent nous surprendre. Je sais bien que nombreux de mes confrères me disent de ne pas trop me fier à l’être humain, qu’il est fourbe et destructeur. Je ne peux pas dire que ce ne sont que des mensonges, car oui, l’humain fait pas mal de fautes. Mais quelque part, c’est justement tout cela qui me fascine, qui me pousse à vouloir découvrir pourquoi certains décident de prendre telle ou telle voie, alors que d’autres choisissent le chemin opposé .

Après avoir scruté les navires, je finis par me rasseoir sur une caisse. J’avais beau avoir 77 ans, je n’avais l’apparence que d’une jeune femme, à peine sortie de l’adolescence. Mes connaissances restaient cachés derrière des yeux pétillants de jeunesse. Les marchands déchargeaient et chargeaient leur matériel, alors que quelques pirates jouaient aux échecs et d’autres se préparaient déjà pour repartir en mer. A force de venir souvent ici, je commençais à reconnaitre la plupart des gens. Certains visages me restaient néanmoins encore inconnu, comme cette femme aux cheveux de corbeau et avec un regard noir telle que les ténèbres. Cela faisait maintenant plusieurs fois que je la voyais marcher par ici. Je n’avais toujours pas su deviner si elle était pirate, marchande ou simple citoyenne. Mais elle m’intriguait. Je ne saurais dire si c’était sa façon d’agir ou encore son regard. Mais quelque chose me touchait chez elle. Mais comme bien trop souvent chez moi, je n’osais aller lui parler. Pour dire quoi ? Bonjour moi c’est Lily et vous m’intrigué ? Non cela ne fonctionne pas ainsi les relations humaines. Alors comme souvent, je reste assise et observe. Faudrait pourtant que je découvre au moins son nom...

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Lily
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MessageSujet: Re: Quand le vent hurle (La damnée et la sirène)   Dim 7 Jan - 23:31


Quand le vent hurle
Malvina & Lily

« Take a look in the mirror
And what do you see
Do you see it clearer
Or are you deceived
In what you believe
'Cause I'm only human after all
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Don't put the blame on me ©️ Human / Rag'n'Bone Man »
Le vent souffle sur sa peau comme une douce délivrance. Les parfums salés s'harmonisant avec celui du bois. Il n'y avait rien de plus doux et de serein pour la jeune femme perchée sur son tonneau observant les allées et venues des marins et des pirates. Même si Malvina restait aux aguets malgré la profusion de gens, elle pouvait au moins se vanter aujourd'hui de moins attirer l'attention qu'à son arrivée à cause de cette affreuse tenue orange à présent partie en fumée. Après l'avoir brûlé, la jeune femme fit par ce simple geste, une croix sur sa vie d'avant qui, de toute manière aurait arrivé à son terme à l'annonce de sa condamnation à mort. Ceci dit, par moment, la jeune femme regrettée de ne pas avoir rejoint la danse de la faucheuse qui aurait été une guide pour la mener vers sa jumelle. Son rayon de soleil dans la vie si morne et horrible qu'elle a pu avoir avec son père. Lui si hautain et détestable ne voyant qu'en sa fille, un objet pour la mener vers une ascension et une popularité plus grande encore. Son père ne voyait que l'image et même s'il n'aimait pas les êtres différents de lui, il laissait Salomé en paix parce qu'elle avait au moins le mérite d'être talentueuse dans d'autres domaines. Peut-être pas aussi intellectuel que lui, mais au moins, elle faisait parler de leur nom de famille à sa façon et de la meilleure qui soit.

Malgré tout, cela n'a pas suffi à ses parents de vouloir se battre pour la vérité quand Malvina a su que quelque chose clochait n'acceptant pas la fausse vérité exposée. Abandonnée rapidement par sa petite famille, Malvina a donc emprunté plus en avant le sombre destin qui lui tendait les bras et en aucune façon, elle est venue à regretter la moindre de ses décisions. Cela lui a mené vers une route étrange sous le nom de Brise-Air. Une sentence, une fausse exécution pour lui faire passer le portail avec quelques autres condamnés. Dans quel but et pourquoi ? En fait, ce jour-là, elle n'avait rien écouté du monologue qui leur avait été réservé. De toute manière, n'ayant que répugnance pour l'autorité et la loi, Malvina n'en aurait rien fait. C'est comme ça qu'elle vivait d'ailleurs. D'observation, d'adaptation, de vol et de combats illégaux. En somme, la vie qu'elle menait bien avant d’atterrir en prison. Cela lui convenait parfaitement, c'était tellement bon de se sentir libre de tout. D'explorer la moindre de ses limites, de tenter de les franchir, souffrir des efforts faits et même si cela l'handicapaient, Malvina était assez buté pour persister encore et encore.

On a l'impression de se déconnecter de la réalité, de faire partie de la terre et la mer en même. Il y avait une sorte de magie à se trouvait au port. Pirate, marin et marchand se confondaient en une seule famille même si celle-ci se cherchait parfois querelle. Des jeux au chargement et déchargement des marchandises en passant aux marins qui disaient au revoir à leurs femmes et fiancées, Malvina observait ce manège. Jusqu'à ce que son regard s'ancre sur celui d'une jeune fille assise sur une caisse et qui l'observait également. Dans un premier temps, la damnée ne fit rien ni n'esquissa un mouvement pensant que celle-ci se livrait également à la contemplation de la vie des êtres se vouant corps et âme à la mer. Celle qu'il voulait dompter sans y parvenir. Personne ne pouvait prendre le dessus sur mère nature, elle offrait autant qu'elle reprenait. Cette dernière pouvait être à la fois douce, mais terriblement inhumaine aussi. Deux faces et pourtant, on l'aimait quoi qu'il arrive. Un humain lui, ne pouvait parvenir à cet exploit.

Une autre chose vient pourtant ternir le paysage, le genre de vision qui ne change pas malgré l'époque et le monde. La jeune fille se voit embêter par un homme bien éméché. En général, ce genre de rencontre finit rarement bien, trop occupé sans doute parce qu'ils font, personne ne vient à son aide. Même pas un marin. Sans doute aurait-elle compris des pirates qui sont plutôt du genre à ne penser qu'à leur propre intérêt et les marchands qui sont plus friands de faire de la comptabilité que de manier l'épée. Mais voilà, même si Malvina n'était pas une femme que l'on devait fréquenter, elle ne supportait pas qu'on s'en prenne à une femme incapable de se défendre contre l'insistance d'un homme. Sa jumelle, son doux rayon de soleil en avait fait les frais de la pire manière qui soit et voilà que ça recommençait et sous ses yeux. L'ancienne condamnée à mort ne pouvait laisser passer une telle chose. D'un soupir exaspéré, la jeune femme se leva pour se dirigeait vers ce couple involontaire et se planta derrière la grosse brute.

« Hey Gaston ! » L'homme se retourna non parce qu'il se nommait ainsi, mais plutôt pour faire face au trouble-fête. Il ne reçut à la place qu'un bon crochet du droit qui atterrit sur son nez et qui le fit tomber au sol. « T'as pas d'autre chose intéressante à faire que de faire chier les autres. » Le regard était d'une noirceur à faire frissonner la Mort elle-même. La jeune femme n'avait pas eu besoin de faire grand chose, les mouvements maladroits dus à l'alcool devenant une bonne alliée pour Malvina fit le reste. Cependant, elle fit une clé de bras, un coup de pied à l'arrière de son genou pour le faire fléchir et renforcer la douleur présente. « Que je te vois encore faire chier une femme et je te tue. C'est clair ! » Elle le poussa violemment vers l'avant et se redressa de toute sa stature. Mince certes, mais suffisamment forte pour tenir tête aux autres.

Fusillant les gens qui allaient et venaient devant elle, Malvina n'offrit l'attention à la jeune fille quand elle le jugea nécessaire. « Tu ne devrais pas traîner au port. Ce n'est pas pour les jeunes filles comme toi. » Bien que sa voix paraisse froide et détachée, on pouvait lire une inquiétude qui s'apaisait peu à peu. Elle fit un bref hochement de tête avant de s'éloigner. Cette demoiselle dégageait trop de pureté et une lumière que Malvina n'était pas en droit de souiller par sa présence. « Bonne journée. » Rajouta-t-elle en tournant les talons souhaitant se diriger vers la falaise non loin du port afin d'avoir une meilleure vue de ce que lui offrait Brise-Air au quotidien. En la voyant ici, seule face à l'impulsivité alcoolisé de cet homme, le sang de la damnée n'avait fait qu'un tour. Sur son visage, durant une seconde s'était affiché celui de sa jumelle. Non ! Pas son visage. C'était bien le seul qui était en droit de la hanter tandis que ceux qu'elle avait sauvagement et inhumainement tué ne la dérangeaient pas. Malvina était heureuse de ce qu'elle avait fait, mais s'en voulait de n'avoir pas pu sauver la seule personne de sa famille qui en valait la peine.  
(c) DΛNDELION

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MessageSujet: Re: Quand le vent hurle (La damnée et la sirène)   Lun 8 Jan - 19:58

Pourquoi est-ce que les malheurs me tombaient toujours dessus? Est-ce que c’était parce que cela se lisait sur mon visage que je n’étais pas réellement de leur monde ? Ou est-ce que mes yeux étaient remplit de trop de curiosité et d’innocence et que cela ne demande que la malchance ? Qu’importe la raison, me voilà à nouveau face à un homme qui sentait l’alcool à des kilomètres. Je soupire. Ce n’était malheureusement pas la première fois que cela m’arrive, et cela ne serait surement pas la dernière…On m’avait pourtant déjà prévenue…J’entendis encore les paroles d’Avran me dire que je ne devrais pas trainer trop à Brise-Air, qu’il fallait me méfier des hommes. Oui, j’ai entendu ses paroles, et je comprenais son inquiétude. Mais je refusais d’apprendre à me battre. Ce n’était pas dans mon caractère. Je ne voulais pas blesser quelqu’un. La violence ne résous jamais les conflits. Bien qu’en voyant le regard de l’homme en face de moi… je doute fort qu’il veuille m’écouter. L’automatisme de la protection de soi me disait déjà de reculer. Chose que je fis, après avoir détourné la caisse sur laquelle j’étais assise. Au moins il y avait la caisse entre l’homme et moi. Mais je doute fort que la caisse puisse l’empêcher de m’atteindre. Mon regard scrutait l’environ. Bien sûr, les gens ne se préoccupaient pas de ce qui se passait autour d’eux. Chacun vit leur petite vie et peu souhaitent se mêler de la vie d’autrui. Je ne devais pas trop compter sur les humains… Et bien sûr, toutes mes belles paroles pour gentiment faire partir l’homme ne servit à rien. A chaque pas qu’il fit, j’en fis un en arrière. Essayant de garder le plus d’espace possible entre lui et moi… jusqu’à ce que mon dos finisse par heurter un mur de caisses. Je ravale ma salive. Et maintenant petite sirène qu’est-ce que je pouvais bien faire ? Pendant un instant j’étais tenté de fuir, de sauter dans l’eau et de ne plus jamais revenir.

Mais peu de secondes après, voilà que quelqu’un vienne m’aider. Le soulagement commençait déjà à se répandre dans mon être. Par contre dès le premier coup, voilà que je sursautais et heurtais pour une deuxième fois ses stupides caisses dont j’avais oublié leur existences. Je n’aimais pas la violence. Et à chaque coup que le type recevait voilà que je me crispais. Non je n’aimais vraiment pas tout ça. Il l’avait pourtant mérité, mais je n’aimais pas ca. Heureusement la femme ne semblait pas vouloir le tuer. C’était une bonne chose. Car personne méritait de mourir pour si peu. Après tout il ne m’avait pas touché..Enfin il n’avait pas eu le temps. Et encore une fois dans mon malheur la chance semblait me sourire. « Merci » soufflais-je alors que mon regard cherchait celui de ma sauveuse. Je remarquais dès lors qu’il s’agissait de celle aux cheveux de corbeau et qui m’intriguait depuis toute à l’heure. Je voulais lui demander son nom, d’ailleurs y avait plusieurs choses que je voulais savoir, mais je n’eus pas le temps. Car voilà qu’elle me disait qu’une jeune fille comme moi ne devrait pas trainer ici. Bon jeune.. j’étais plus vieille qu’elle, mais j’avais l’habitude d’être vu et traité par mon physique alors je me tus. Par contre quelques secondes plus tard ma bouche s’ouvrit, prêt à lui demander son nom et de me présenter par la même occasion, mais voilà qu’elle filait déjà. Je restais perplexe pendant quelques minutes avant de me ressaisir et de la suivre. Bah oui, parfois je peux vraiment être un pot de colle.

Elle marchait bien plus rapidement que moi. Et cela me prit plusieurs minutes avant d’arriver à sa hauteur près de la falaise. Oui, elle était effrayante, elle était même terrifiante. Mais elle m’avait sauvé alors quelque part et surtout pour l’instant je n’avais pas peur d’elle. Peut-être que je devrais… Mais je pouvais encore être fort naïf quand il s’agissait de l’être humain. « Excusez-moi, mais vous venez de me sauver la vie et je ne vous ai pas réellement remercié. » Je sortis un bracelet, fait de mes propres mains et le lui tendit. « Ce n’est pas grand-chose, mais prenez-le… Vous pourriez le revendre ou le garder.. faites comme vous le sentez. » Elle ne me semblait pas être une femme qui aimait les bijoux, mais c’était tout ce que j’avais, et je voulais réellement la remercier. Mmm je vous ai déjà dit qu’une fois que je suis lancée dans un discours, j’ai du mal à m’arrêter ? « Moi c’est Lily. » J’espérais qu’au moins elle allait me donner son nom. Mon regard se tournait vers l'horizon, j'observais un instant les vagues qui m'appelaient. Parfois l'appel de l'océan est vraiment difficile à résister pour une personne telle que moi. Je m'oblige néanmoins à retourner mon regard vers ma sauveuse. "Pourquoi est-ce que vous m'etes venu en aide?" Elle était bien la seule à avoir fait quelque chose, alors cela m'intrigua

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MessageSujet: Re: Quand le vent hurle (La damnée et la sirène)   Ven 12 Jan - 1:50


Quand le vent hurle
Malvina & Lily

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Ignoble, elle l'était, cela fait longtemps que l'innocence ne fait plus partie de son caractère et cette pauvre jeune fille serait plus terrorisait encore si celle-ci apprenait ce que Malvina avait accomplit dans son monde sans même éprouver dégoût et regret. Tuer ou faire mal à quelqu'un ne répugnait pas la jeune femme, et ce, depuis bien trop longtemps. La logique pouvait être une forme de grand éloignement de ses pairs. Il fut un temps, avant que Salomé ne prenne en main sa jumelle, où Malvina n'avait que de la répugnance envers ceux qui n'avait pas le même esprit qu'elle, simplement parce que son père l'avait élevé de la sorte. L'enfant ne fait que répéter ce qu'il voit de la part d'un adulte pensant que c'est juste et normal. Tout n'est qu'une éternelle répétition. Dans la nature, les océans, le ciel, les humains et les animaux. Tout se répète indéfiniment parce que c'est dans l'ordre logique des choses et si quelque chose vient à agir autrement alors, il est étrange et écarté du troupeau. Malvina l'a été tant par son père que par sa mère, elle n'a pas voulu exploiter la profondeur de son potentiel alors, c'était comme l'insulte suprême. Mais entre ça et le désir de liberté, le second l'a remporté très largement. On se laisse facilement emporter par l'appel et jamais, il ne viendrait à Malvina d'y rester de glace, tout comme elle n'a pas pu le rester face à cette ivrogne. Par moment, elle voyait sa sœur partout, dans les traits des femmes qui pouvaient se faire malmener de la sorte. Malvina pensait qu'en agissant ainsi, elle viendrait à sauver une part d'elle, mais aussi d'une autre part sa jumelle. Celle pour qui elle se sentait si responsable. Ce visage qui la hantait jour et nui et qu'elle devait supporter parce qu'il était semblable au sien. Mais aux traits doux et souriants, il y a la rudesse et la froideur qui ne délissent jamais Malvina. Elle poursuit sa vie et sa route, en prenant un virage à 180 degrés qui la mènent vers un autre lieu où tout débuter, mais où ses vieux démons ne la lâchent aucunement.

« Merci »

Un simple mot. Un simple souffle. Une intonation de la voix qui laissait largement le loisir à Malvina de comprendre l'émotion qui emplissait le cœur et l'âme de cette jeune fille. La peur. Elle se dégageait par chaque pore de la peau de celle qui était à présent derrière elle. Tournant que très légèrement la tête, la jeune femme l'inclina brièvement, sans un autre mot, juste pour lui signifier que ce n'était pas grand chose pour ensuite s'effacer à l'horizon t rejoindre les falaises où elle se sentira bien mieux à son aise et à sa place. La hauteur ne lui faisait rien, le paysage la calmait et son esprit se laissait emporter au loin, au-delà de ce bleu merveilleux où se confondait ciel et mer pour former un tout sublime et sublime par chaque position qu'offrait le soleil. Ensuite, une fois que le soleil n'était plus, c'était un noir onyx qui remplaçait les flots et la voûte céleste. Parfois, quand les étoiles se faisaient moins timides, Malvina avait pu constater que ces dernières se reflétaient en des diamants uniques sur la surface de l'eau. De quoi plaire et charmer une âme que l'on qualifie de froide et de monstrueuse. Chose qu'elle ne niera sans doute jamais, parce qu'il y avait une grande vérité là-dedans.

Malvina n'avait rien à faire avec des personnes dont le cœur n'était pas aussi sombre que le sien. Cela serait dangereux pour ces dernières d'être en sa compagnie, elles risquaient fort d'être souillées tandis que Malvina viendrait à ressentir ce qu'elle chasse depuis que sa jumelle n'est plus. En compagnie de Salomé, il était tellement simple d'accepter les bons sentiments, l'honnêteté et tout ce qui peut attirer les gens. Mais, la jeune femme ne s'est jamais leurrée, elle n'était que la partie invisible de l'iceberg, celle qu'on ne voyait pas. Celle qui ne brillait et qui ne le voulait pas d'ailleurs, elle laissait ça à Salomé, à tort parce qu'on le lui avait arraché. Son humanité, ce cœur, cette lumière à laquelle Malvina se raccrochait depuis sa naissance. Salomé était son garde-fou et maintenant, plus personne ne parviendrait à tenir un rôle aussi aisé. Surtout pas avec une femme que la prison à changer et a rendu plus difficile et dure.

« Excusez-moi, mais vous venez de me sauver la vie et je ne vous ai pas réellement remercié. »

Ce n'est pas la peine. Ce sont des mots qu'elle souhaiterait dire, mais qui ne sortaient aucunement de sa bouche. Malvina posa son regard sur le bracelet tendue, celui qui aurait plus plu à sa jumelle qu'à elle. Malvina n'était pas très bijoux, il fallait l'avouer, cela la gênait plus qu'autre dans ses mouvements, mais sa main bougea et prit doucement l'objet tendu pour le regarder silencieusement. Simple, mais joliment fait. Artisanale et costaud, loin de toutes ces conneries qu'on pouvait trouver sur le marché et qui coûté cher et qui ne durait jamais longtemps noircissant avec le temps également.

« Ce n’est pas grand-chose, mais prenez-le… Vous pourriez le revendre ou le garder.. faites comme vous le sentez. »

Un cadeau. Même si c'est de remerciement, cela fait une éternité que la jeune femme n'en avait pas eu. La plupart du temps, elle vole et ne se voit rien offrir alors, cela changeait considérablement la donne. Elle finit par le glisser avec précaution dans sa sacoche suivie d'un merci simple et discret. Non, elle n'était définitivement pas loquace, mais passé plusieurs années dans le quartier de haute sécurité, seule dans une cellule ridicule durant 23 heures avec simplement 1 heure de promenade sans personne hormis les gardiens et vous comprendrez sans doute un peu plus Malvina.

« Moi c’est Lily. »

« Malvina. » Déclara-t-elle simplement tout en songeant intérieurement, et ce, depuis un moment, que ses parents ont eu une sorte d'inspiration. Une illumination quant à son prénom où le mot mal s'y trouvait. Comme quoi, rien n'était un pur hasard.

"Pourquoi est-ce que vous m'etes venu en aide?"

Son regard tourné vers la mer plutôt qu'elle, Malvina fut surprise par une question dont la réponse lui semblait pourtant évidente. Ceci dit, dans ce monde, les gens semblaient ne vivre que pour soit avec égoïsme et hypocrisie. Pas très loin des frontière que la jeune femme piétinait par moment.  

« Un homme quel qu'il soit et qu'importe son état, n'a pas à se conduire comme ça avec une femme. » La regardant du coin de l’œil, elle aurait pu sourire, mais c'était assez compliqué de le faire quand on a oublié comment s'y prendre. « Je ne le supporte pas, c'est tout. » Elle finit par se tourner vers la jeune fille. « Et toi... Pourquoi t'es-tu retrouvée sur le port. C'est assez dangereux avec marins et pirates que tu croises et ne parlons pas des marchands. » Malvina ne craignait rien, elle savait très bien se défendre et l'avait déjà prouver à plusieurs reprises avant aujourd'hui, mais cette jeune fille, Lily ne pouvait pas en dire autant et cela se voyait très bien que la violence n'était pas pour elle-même si c'était une question de défense.
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MessageSujet: Re: Quand le vent hurle (La damnée et la sirène)   Ven 12 Jan - 7:36

Ma sauveuse n’était pas très loquace, mais ce n’était rien. J’en connaissais d’autre qui à force de vivre trop longtemps ne prenaient plus la peine de faire des longues phrases. Peut-être qu’un jour cela finira également par m’arriver. J’aurais plus envie d’avoir des banales conversations avec l’être humain… Ah qui peut dire de quoi est faite l’avenir ? De toute manière cela faisait bien des années que j’étais connue pour être assez bavarde pour deux. Malvina…. C’était donc ainsi qu’elle s’appelait. En tout cas elle avait malgré tout accepté mon cadeau et pour moi c’était déjà un pas en avant car non seulement elle n’était pas très loquace mais je connaissais des huitres qui étaient bien plus ouvertes qu’elle. « Enchanté » Maintenant que la peur ne régnait plus sur mon cœur, j’étais plus détendue et surtout plus souriante. Mais je n’avais pas oublié que cette jeune femme m’intriguait. Peu de gens seraient réellement intervenus pour aider une inconnue. D’ailleurs de toutes les personnes que je connais, je ne pourrais dire que ce ne sont que les amazones ou ceux de la garde impériale qui serait intervenu pour une inconnue. Et pourtant Malvina ne portait pas l’insigne de la garde, et elle n’était en aucun cas une amazone sinon je l’aurais rencontré il y a bien des années sur l’île d’Hara. Alors pourquoi m’être venu en aide ? Ma question semblait la surprendre. Pourtant c’était plutôt sa réaction qui avait été surprenante. On ne prend pas autant de risques pour sauver une parfaite inconnue… Quoi qu’après réflexion je doute fort que Malvina avait réellement quelque chose à craindre vu la façon aisée dont elle s’est débarrassée de l’homme. Mmm sa réponse me fit à nouveau penser à celle qu’aurait pu me donner une amazone. Et nous savons tous que ces dernières détestent les hommes. En serait-ce également le cas pour Malvina ? Je l’observe mais elle ne me prête que peu d’intérêt, son regard reste fixé sur l’horizon. Jusqu’à ce que tout à coup elle se tourne vers moi avec une question. J’hausse les épaules en signe de réponse. Je savais pertinemment bien que le port était endroit dangereux. Mais est-ce que le port était moins dangereux que les rues près du bordel ? Ou encore près de l’auberge la nuit ? J’aime observer le va-et-vient des gens. »

Oui, pour ne pas ainsi dire que j’aimais examiner l’espèce humaine. Pendant trop d’années j’étais restée caché sous les vagues. J’avais fini par prendre mon courage à deux mains et à m’aventurer dans ce monde si dite dangereux. Et c’est vrai, il était dangereux. Bien plus dangereux que celle sous l’eau. Au moins les prédateurs sont prévisibles et on peut comprendre leurs raisons. Avec l’être humain, il n’est pas toujours facile à comprendre pourquoi ils réagissent de telle ou de telle manière. Ce sont au fond des êtres fort imprévisible, et je présume que c’est là ou rôde le danger. « Et le port est l’endroit où il y a le plus de monde à observer. » Et puis d’ailleurs est-ce qu’elle n’avait pas fait de même avant de venir en aide ? « De toute manière j’ai bien peur que ce monde est dangereux, peu importe l’endroit où on va… » L’autre fois j’avais failli me faire attaquer tôt le matin dans une des ruelles, alors que je me rendais sur le marché. Je devrais sans aucun doute apprendre à me défendre. Mais user de la violence était pour moi contre-nature. Et on ne peut pas forcer un être à agir d’une autre manière que sa nature lui dicte. Je pense dès lors qu’il est bien inutile pour moi d’apprendre une quelconque technique. Car il n’y en a probablement aucune qui ne crée pas de violence ou de douleur chez l’adversaire. « Ou avez-vous apprit à vous défendre de cette manière ? » Car si pour moi, la violence me semblait contre nature, je remarquais que chez l’être humain cela leur semblait plus au moins inné. Cette manière de vouloir se défendre contre la violence par la violence. Au fond ils avaient bien plus de similitudes avec l’animal qu’avec les sirènes… Peut-être est-ce que c’était dû à l’instinct de survie qui n’était pas réellement développé chez nous, les immortels ?



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MessageSujet: Re: Quand le vent hurle (La damnée et la sirène)   Sam 13 Jan - 0:52


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Pourquoi fallait-il qu'on lui porte un quelconque intérêt ? Ne pouvait-elle pas rester seule malgré son acte que l'on pourrait qualifier de juste ? Malvina ne cherchait la reconnaissance de personne, simplement sa tranquillité et pouvoir apprendre à vivre avec le fantôme de sa jumelle. Elle pouvait à peine accepter de regarder son reflet qui lui renvoyé celle de sa moitié disparue à jamais et non le sien. C'est pour cela qu'elle a toujours joué sur la différence ne voulant pas entacher la réputation de sa sœur en la confondant avec elle. Sa sœur si lumineuse alors, que Malvina était semblable à un puits sombre et sans fond dans lequel on n'ose se rendre de peur d'entrer en contact avec les pires choses que peut contenir les tréfonds de la terre. Malgré toute cette négativité qui peut ressortir de l'être de l'ancienne condamnée, cette jeune fille semble attiré par elle. Un peu trop dangereusement d'ailleurs, Malvina n'apporte rien de bon à qui que ce soit, c'est réputé depuis le monde auquel elle avait appartenu. Ils auraient vraiment dû l'achever et lui offrir l'éternel repos au lieu de l'envoyer dans un lieu tel que celui-ci. Au bras de la Faucheuse, seule entité à laquelle peut croire la jeune femme, Malvina aurait trouvé une amie très chère, celle qui aurait pu la faire vivre d'illusion aussi ignoble les unes que les autres et la damnée s'en serait fortement contenté. Mais, ce n'est pas le cas, supporté de continuer de vivre, en recommençant à zéro sans pour autant se débarrasser de ses vieux démons si tentant. La violence est devenue une seconde nature qui lui plaie et contre laquelle, elle ne rechigne jamais d'utiliser. Contrairement à Lily qui est à ses côtés et qui a été clairement effrayée par la démonstration de la jeune femme sur le port. Si elle avait peur de cela, alors, qu'en serait-il du reste ? Malvina a fait les pires choses par vengeance et par simple question de survie qui pourrait terroriser une âme plus vieille que celle de la damnée. Oui, Lily ne pouvait se douter de la noirceur qui vivait dans les chairs de cette femme qui porte cependant, un regard doux et amoureux sur l'étendue salée où viennent se blottir les navires une fois que ces derniers viennent à quitter le port. Une vie en dehors de toute autre. Depuis toujours, Malvina s'est sentie apaisé par le spectacle océanique. Déjà en voyage de famille en Irlande, elle se laissait bercer par le bruit des vagues passant son temps sur la plage courir nus pieds se fichant qu'il fasse trop chaud ou trop froid. Le contact en était si merveilleux, qu'elle se sentait toujours très humaine, bien plus qu'elle ne le pensait au fond.

« J’aime observer le va-et-vient des gens. »

Imperceptiblement, le regard de Malvina se pose sur Lily. Ainsi donc, elle aime observer les gens. Est-ce pour tenter de percer leurs secrets les plus inavouables ou bien pour les connaître ou mieux encore comprendre le sens de la nature humaine tout comme le fait quotidiennement Malvina depuis sa venue à Brise-Air. L'observation est la clé de la connaissance, c'est une phrase qu'elle n'a eu de cesse de suivre. Mais, malgré toutes ces heures méditatives, la nature humaine est sans doute la plus mystérieuse qui soit à ce jour. Peu logique, mais en même temps, on peut facilement calculer la probabilité de leurs actions.

« Et le port est l’endroit où il y a le plus de monde à observer. »

« Sans doute. » Fit-elle simplement en regardant à nouveau l'horizon et prenant place au bord de la falaise sans craindre la hauteur. Le vertige n'ayant jamais fait partie de ces phobies. En fait, Malvina craignait peu de chose, sauf les profondeurs de son âme et le reflet glaçant de son visage qui lui renvoyait celui de sa tendre Salomé. « Mais également le plus dangereux. »

Elle devait sans doute non ? Cette personne n'était pas aussi bête pour ignorer un fait qui existait dans ce monde et dans l'autre.

« De toute manière j’ai bien peur que ce monde est dangereux, peu importe l’endroit où on va… »

« Certes, mais ce n'est pas une raison de courir au-devant du danger si on ne peut pas se défendre. L'observation peut être dangereuse parfois. » Rapprochant le genou de son buste, Malvina se laisse aller au calme et à la contemplation. Elle prend une bonne bouffée d'air et laisse le vent du rivage caresser sa peau alors, que son ouïe perçoit les vagues qui s'écrasent avec une lenteur presque calculé sur les parois de la falaise.

« Ou avez-vous apprit à vous défendre de cette manière ? »

« Ici et là. J'ai dû apprendre rapidement à faire avec l'adage marche ou crève. »

Malvina ne pouvait pas décemment avouer qu'elle venait d'un monde différent de celui-ci et qu'elle était arrivée par le billet d'un portail parce qu'elle avait été condamné à mort par ses pairs pour un crime affreux et dont elle est fière qui plus est.

« Et toi, pourquoi es-tu aussi intrigué par la nature humaine ? La seule manière d'observer les gens, c'est d'être intrigué par eux. » Elle pose son regard sur elle. « Je reconnais ce regard, je l'ai aussi. À tenter de comprendre ce qui me dépasse et ce que je ne parviens pas à comprendre. Mais, la nature humaine est aussi insondable que les océans. Elle est profonde et emplit de mystère, on ne peut pas se poser sur une observation alors, qu'un millier d'autres viennent se faire connaître. »

Malvina sentait bien que Lily avait peur d'elle et honnêtement, c'était la raison qui l'animait, car oui, la damnée peut être d'une grande dangerosité, mais il ne lui viendrait pas à l'esprit de faire du mal à une personne comme cette jeune fille qui ressemblait à sa jumelle par la luminosité qu'elle dégageait. C'était autant attirant que repoussant, pas dans le terme laid, mais effrayant parce que Malvina avait peur de la souiller de sa noirceur comme ce fut le cas pour Salomé. Mais, ne dit-on pas que l'ombre a besoin de la lumière ? Que le mal a besoin du bien pour exister et connaître les limites acceptables de ce monde ? De le maintenir dans un équilibre précaire, certes, mais bien présent et qui faisait agir les hommes et les femmes d'une façon ou d'une autre ?

« Est-ce que je te fais peur ? Même si c'est judicieux de la ressentir, tu n'as rien à craindre. Je suis mauvaise, mais pas au point de faire du mal à des personnes qui ne m'ont rien fait. Où est la logique de te sauver pour ensuite te briser. »
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MessageSujet: Re: Quand le vent hurle (La damnée et la sirène)   Dim 14 Jan - 15:29

L’observation dangereuse? Oui, sans doute. Mais jusqu’à présent je n’étais pas encore tomber sur des très grands secrets qui me firent perdre ma vie. L’être que j’étais pouvais parfaitement concevoir les paroles de la femme. Mais je n’étais pas faite pour vivre ma vie, les yeux fermés. Cela servait à quoi de pouvoir vivre des centaines d’années si ce n’était que pour apprendre ? J’hausse de manière indifférente mes épaules. Oui, elle a raison, je le sais. Et je ne pouvais la contredire. Mais je savais très bien que je n’allais pas arrêter ma quête parce que c’était dangereux. Néanmoins répondre pourquoi j’étais si attiré par l’être humain était une question complexe. Pas sure d’ailleurs que j’ai la réponse. Néanmoins il ne me semblait pas qu’elle avait vraiment besoin d’une réponse, car elle semblait déjà la connaitre. Oui, cela m’intriguait c’est vrai. Néanmoins face à son observation je souris doucement. « L’océan doit être imprévisible pour l’être humain… Je ne pense pas que les créatures qui vivent dans les eaux, la trouve si imprévisible que ça. » Tout n’était qu’une question de perception. Chaque animal dans son environnement naturel pouvait prévoir comment la nature allait réagir. Ils pouvaient ressentir la pluie avant les premières gouttes, les chiens aboient à l’arrivée d’une tremblement de terre, et les oiseaux s’envolent avant le premier signe de la tempête. C’était de même pour l’océan et ses créatures. Les tempêtes sont facile à repérer lorsqu’on les connait. Et puis elles ne causent soucis que lorsqu’on doit arriver à la surface. Néanmoins je pouvais apercevoir que pour quelqu’un qui ne puisse pas nager telle que moi, qui n’a pas passé la plupart de sa vie dans ces eaux, cela resterait un monde inconnue. Ils ne pouvaient pas aller partout, car leur physique ne les leur permettait tout bonnement pas.

« L’être humain m’intrigue… j’ai beau l’observer. Je n’arrive jamais à prédire les actions des gens. Il y en a pourtant qui ont leurs habitudes et qu’on arrive à cerner facilement… d’autres le sont moins. Et puis il y a encore ceux qui restent un grand mystère Comme Malvina. Est-ce qu’elle me faisait peur? Je pense bien que oui. Ou du moins disons qu’il y avait certaines parties en elle qui me faisait peur. C’était quelqu’un de très intelligent, cela s’entendait quand elle parlait. Mais c’était également quelqu’un avec un côté sombre. Je le voyais dans son regard, et je l’avais vu dans ses yeux lorsqu’elle s’était attaqué à cet ivrogne. Oui, elle avait un côté de démon en elle. Et c’était probablement cette partie qui me faisait la craindre. « Certes, pas de logique… mais j’ai l’impression que l’être humain agit parfois sans suivre aucune logique. » On a beau essayer de les comprendre le mieux qu’on peut. Il y a toujours cette pièce du puzzle qui semble être unique à chaque personne et qu’on n’arrive pas à cibler. Parfois c’est un grain de folie, la matière grise qui pète une case. Parfois c’est du à un sentiment venant du cœur et qui pousse à d’autres folies. Et puis parfois j’ignorais complètement les raisons. Oui, l’être humain reste un grand mystère pour moi. « Je n’ai pas peur de vous... Mais je crains l’étincelle de noirceur dans votre regard. » J’étais que piètre menteuse, alors autant dire la vérité. Et puis quelque chose me disait qu’elle n’allait pas prendre si mal mes paroles. Oh je m’attendais peut-être à un regard noir de sa part, mais elle n’allait pas me trancher la gorge pour cela. Du moins je l’espère…

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MessageSujet: Re: Quand le vent hurle (La damnée et la sirène)   Lun 15 Jan - 23:58


Quand le vent hurle
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C'est une sensation étrange qui capture soudainement Malvina. Depuis son enfance, elle s'est contenté d'observer le monde sans se rapprocher des gens, elle ne les trouvait pas très intéressants, trop éloignés de son intellect. Sa sœur lui a donné envie de passer outre les différences, d'observer, de parler et d'apprendre. Et ce fut, une bonne leçon de vie pour la jeune femme à qui l'ont a voulu que peaufiner des émotions négatives vers les personnes à l'intelligence trop différente de la sienne. Au point qu'on ait même voulu l'éloigner de sa jumelle. Mais, malgré son savoir, son père n'a pas su réaliser l'étendue du lien qui unissait Salomé et Malvina, elles ont déjoué les jeux sordides de leurs parents et continuer leur vie comme elles l'entendaient souhaitant ardemment que l'indépendance gagne du terrain. A peine le bout du chemin fut à porter que tout changea radicalement. Salomé est morte de la pire manière qui soit et Malvina a fait de sa vie un terrain de jeu et d'apprentissage mélangé pour préparer sa vengeance tout aussi ignoble. C'est cela qui a joué contre elle à son procès et la jeune femme n'a même pas cherché à se défendre convaincue qu'elle avait agit de la manière la plus juste qui soit alors, que la loi a préféré ignorer l'affaire pour se porter vers un plus gros poisson. C'était abjecte et inacceptable pour Malvina, la loi et la justice ont trahi des valeurs en lesquelles sa jumelle a toujours cru et pour lequel elle voulait prêter serment en souhaitant devenir juge pour enfant. Cette dernière avait un avenir bien plus glorieux que Malvina qui s'est plongée encore et toujours plus loin dans l'illégalité. Les interdits lui allaient tellement mieux, ne pas laisser exploser la moindre de ses capacités pour être sur la même ligne que les autres à faire ce qu'elle souhaitait sans que personne ne lui dicte quoi que ce soit. Encore, ici, à Brise-Air, la jeune femme ne déroge pas à la règle. Les vieilles habitudes parlant toujours, mais il semble que ce monde lui convienne bien mieux que le précédent. Il n'était ni tout blanc ni tout noir, les gens agissaient comme ils le souhaitaient, tout du moins tant que la garde ne voyait rien. Mais, il était facile de leur échapper. L'intelligence de la jeune femme faisait qu'elle allait au-delà de ces hommes avec un amusement qui la ravissait de jour en jour.

Mais là, n'est pas l'étrangeté qui traversait l'esprit de Malvina, non cette jeune fille à ses côtés semblaient avoir dans le regard quelque chose qui faisait penser à une profonde sagesse, mais aussi à une certaine naïveté enfantine. Le genre qui vous fait découvrir un monde que vous pensiez connaître depuis fort longtemps. Malvina se garda bien de partager cette impression, même si cela titillait la damnée, elle s'en garda bien de le partager.

« L’océan doit être imprévisible pour l’être humain… Je ne pense pas que les créatures qui vivent dans les eaux, la trouve si imprévisible que ça. »

« Sans doute, mais une fois à la surface, ils doivent ressentir de l'étonnement. C'est pareil pour les êtres humains. La terre peut être d'un calme absolument, mais une fois que les éléments se déchaînent, ils sont surpris par la force destructrice de la nature. Dame nature peut autant donner qu'offrir. »

« L’être humain m’intrigue… j’ai beau l’observer. Je n’arrive jamais à prédire les actions des gens. Il y en a pourtant qui ont leurs habitudes et qu’on arrive à cerner facilement… d’autres le sont moins. Et puis il y a encore ceux qui restent un grand mystère. »

« Mais, l'être humain qui a ses habitudes peut très bien surprendre quand on le confine dans un environnement où il est obligé de changer pour survivre. » Ce fut le cas pour elle, Malvina a dû changer plus encore en prison et en est ressorti tellement différente, telle souillée par la noirceur qu'on y trouve. « Le mystère peut être bon comme mauvais. Parfois, il ne vaut mieux pas trop chercher à savoir mademoiselle Lily. »

Et Malvina savait de quoi elle parlait. Si sa vie venait à être connu, elle n'éprouvait ni peine ni colère. Au contraire, elle poursuivrait son chemin qu'on l'accepte ou non. La jeune femme a fait une chose qui lui est juste et ce monde l'aurait sans doute acclamé ou bien rejeté. Qu'importe, Malvina ne cherchait ni punition ni reconnaissance. Elle avait largement eut des deux. Cette dernière s'était préparée à une fin qui n'est jamais arrivée. À l'heure actuelle, la jeune femme doit vivre avec une partie d'elle qui lui manque et qui lui fait atrocement souffrir. Salomé et elle étaient de véritables jumelles, celles qui faisaient naître tellement d'énigmes dans le monde scientifique. Et perdre l'une, c'est perdre une partie de soi, se sentir à moitié en vie et vouloir compenser en vivant pour deux ou en se laissant dépérir.

« Certes, pas de logique… mais j’ai l’impression que l’être humain agit parfois sans suivre aucune logique. »

« C'est vrai. » Tandis que Malvina aimait cela. La logique était une partie de sa vie. Mais, elle savait laisser de la place pour de la surprise. Salomé le lui a sans cesse répété. Arrête de ne compter que sur une logique qui t'ennuie, laisse de la place pour la spontanéité. Fais comme moi. Ces mots résonnent encore dans sa tête dans un écho long et douloureux, mais réconfortant en somme puisqu'elle se souvient encore de la voix de sa tendre petite sœur. « Une personne m'a dit un jour. Arrête de ne compter que sur la logique qui t'ennuie et laisse de la place pour la spontanéité. » Autant faire partager cela avec une jeune femme qui semble être dans le même cas que Malvina. « Depuis ce jour, j'essaie de me laisser surprendre et de surprendre tout en étant préparé. Si j'avais été comme à une époque, je ne t'aurais pas sauvé si je ne voyais pas d'utilité pour moi. J'aurais agi comme tous ces gens, je n'y aurais pas prêté attention et j'aurai repris ma route. »

« Je n’ai pas peur de vous... Mais je crains l’étincelle de noirceur dans votre regard. »

Malvina porte un regard vers la jeune femme. Impassible, elle ne démontre rien. Elle n'est ni triste ni en colère, au contraire, la jeune femme avait su voir ce qui pouvait se cacher dans le vide sombre de ses pupilles.

« Toi qui observes autant que moi. Tu devrais savoir que nous avons tous de la noirceur et de la lumière en soit. Dans un équilibre précaire, il ne tient qu'à nous de savoir quoi en faire. Nous sommes, notre pire ennemi. Même toi, tu caches au fond de toi une infime partie de noirceur, mais la vie a su te préserver d'elle parce que tu es loin de la mauvaise nature de l'être humain. Tu ne te laisses emporter par rien. Moi, j'ai choisi de la faire parler parce que j'ai à la fois eu le choix tout comme je ne l'ai pas eu. Sans mon envie d'apprendre à utiliser cette part de moi, je serai morte à l'heure qu'il est. » Elle finit par s'allonger sur l'herbe tout en observant le ciel. « Nous ne sommes qu'un grain de sable dans l'univers. Le monde peut nous balayer, il ne tient qu'à nous de nous battre avec les armes à nos dispositions pour continuer de faire partie de cette immensité. Tu choisi le chemin de la douceur et moi un autre. »

Malvina lève le bras comme si elle voulait attraper le soleil au creux de sa main. « Tu es bien trop lumineuse pour moi. Comme ce soleil, je suis attirée, mais une part de moi te hais parce que je risque de me brûler si je m'approche de trop. Je risque de te souiller avec mes ténèbres. Crois-moi, si je te racontais ce dont je suis fière, alors tu me fuirais et tu aurais sans doute raison. Sache mademoiselle Lily, que le monde a besoin de chacun d'entre nous. Bon ou mauvais. Dans la noirceur, les gens gardent l'espoir qu'une lumière apparaisse, mais n'oublie pas que la lumière a besoin de ses ténèbres pour l'aider à le défendre contre ce qui est injuste. »

Éblouie par le soleil, la jeune femme cache ses yeux de son avant-bras et prend une profonde respiration. Voilà longtemps, qu'elle n'avait pas eu à s'exprimer ainsi. « Cela fait longtemps que je n'ai pas conversé intelligemment avec quelqu'un. »  

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MessageSujet: Re: Quand le vent hurle (La damnée et la sirène)   Mer 17 Jan - 22:53

C’est vrai qu’une fois qu’on remonte à la surface c’est l’entonnement. Mais pas spécialement envers la nature. On connait tous mère nature, on sait tous qu’on ne peut pas toujours lui échapper. Et oui, c’est bien vrai que la nature reprend et donne, c’est la loi de l’univers. Néanmoins la nature ne me fit pas peur et ne m’étonnait plus réellement. Non si il y avait quelque chose qui me surprenait réellement c’était l’être humain. Je n’arrivais simplement pas à les comprendre ni à les cerner. Et pourtant, j’essayais… Mais dès que je pense que je m’en approche un peu, voilà qu’un nouveau élément s’infiltre dans le puzzle et que je m’en mêle encore plus les pinceaux qu’au début. Le conseil de Malvina me fit réfléchir quelques instants. Certains mystères devraient en rester ? AH peut-être n’avait-elle pas tort. Peut-être qu’il y avait en effet des choses qui doivent rester cachés éternellement… Mais si je ne pouvais pas comprendre la nature humaine, comment pouvais-je vivre avec eux ? « Si on ne doit pas essayer de les comprendre, comment peut-on vivre avec eux ? Il y a encore peu vous me parlez de danger… mais au fond, le danger c’est l’inconnu et ce qu’on ne peut prévoir… » Alors l’être humain était dangereux ? Oui, certains sans aucun doute, d’autres probablement, mais surement pas tous.

La spontanéité… oui, c’était une bonne chose, je souris doucement. « Vous avez donc écouté votre cœur. C’est généralement une bonne chose quand on suis cette voie. » Il y avait en effet pleins de chemins, mais je pense que celui du cœur reste toujours le meilleur à suivre. Ce n’est pas toujours le plus facile, souvent même le plus dangereux, mais je pense bien que c’est le mieux qu’on puisse faire. Je l’écoutais alors parler de ses ténèbres et de la lumière. Mmm, il y avait encore des choses qu’elle avait à apprendre sur ce monde, c’était bien claire. Je souris doucement. « Je ne vais pas vous demander de quoi vous pouvez bien parler. Je l’ai vu dans votre regard. Néanmoins ne soyez pas aussi sure que je fuyerais. Généralement il me faut bien des choses pour avoir réellement envie de fuir. » Je n’étais pas si naïve que ça. Je savais qu’il y avait des tueurs, des violeurs et bien autres horreurs.

Mon regard observe l’horizon, d’ici, on pouvait presque voir l’île d’Hara. Mmm il était peut-être temps pour moi pour rentrer chez moi. « Et bien c’est quand tu veux… je vends mes bijoux sur la place du marché. Donc si un jour tu as envie d’avoir un peu de lumière ou une conversation intelligente… Tu sais ou me trouver. » Mmm j’en doutais fort qu’elle allait venir me trouver, mais au moins je le lui aurais proposé. Ce n’était pas grave si on ne se parleraient pas toute suite. Car quelque chose me disait que le destin allait faire que nos routes se recroiseront. « Je pense qu’il est temps pour moi de retourner chez moi. J’espère néanmoins pouvoir vous revoir un de ces jours. » Je souris et doucement m’éloigne.


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MessageSujet: Re: Quand le vent hurle (La damnée et la sirène)   Mer 24 Jan - 12:39


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« Si on ne doit pas essayer de les comprendre, comment peut-on vivre avec eux ? Il y a encore peu vous me parlez de danger… mais au fond, le danger c’est l’inconnu et ce qu’on ne peut prévoir… »

Petite fille trop curieuse par la vie, sous bien des traits, elle me rappelle ma jumelle. Toujours à tenter de comprendre en agissant et non en faisant preuve d'une observation à distance. Son esprit n'était pas capable d'analyser comme le mien alors, Salomé s'entêtait à se rapprocher des gens communiquant avec eux. La plupart du temps, elle faisait bien plus de connaissance que moi, elle était la plus à même de se fondre dans la masse en étant aussi souriante et gentille avec son entourage. Alors que moi, j'ai toujours été la plus réservée, celle qui se moquait de se faire des amis n'y trouvant pas de besoin vital à la sociabilisation. À mon entrée au lycée, quand j'ai pris conscience que mon père ne m'apportait rien et qu'au lieu de chercher satisfaction chez lui pour ne m'occuper que de moi faisant des choix qui ne pouvaient plaire qu'à moi, alors je me suis dit que faire la fête c'était mieux avec un groupe d'ado aussi déçu par la vie et les gens. Des incompris pour la plupart, trop intelligent pour que la société du lycée ne les accepte dans leur entièreté ou soit attirée par une musique différente, un style qui diverge et tant d'autre chose. Les jeunes sont désagréables entre eux et je l'ai été plus encore en me montrant horrible avec les filles. Le groupe de pompom girl me cherchant souvent des noises surtout la meneuse de claque qui voulait toujours m'en faire baver se retrouvait à son tour ma cible. À cette époque, je ne souhaitais rien d'autre que la paix et je l'avais en usant de ma violence verbale et de mon regard qui en faisait pâlir plus d'une. Mais, mon style intéressait parfois trop la gente masculine recherchant à pimenter leur vie excédé par le comportement de petites pestes des filles qu'ils croisaient habituellement. Combien n'ai-je pas entendu les rumeurs à mon encontre. Combien de fois n'ai-je pas su qu'apparemment j'avais couché avec toute l'équipe de basket, j'en fus la première étonnée jusqu'à ce que je fous mon poing à la gueule de la coupable pour faire taire ces rumeurs stupides. Cela ne me touchait pas, mais je n'étais pas passive comme ma jumelle. J'aurai certainement pu laisser couler, si Salomé n'avait pas décidé de dire les quatre vérités à la meneuse de claque qui a pris mon rayon de soleil pour cible. Cela ne fit qu'éveiller une colère que je retenais parce que ma jumelle me répétait souvent que la violence n'était pas une réponse à tout. Sauf que là, elle était obligatoire pour faire comprendre qu'on ne touchait ni à ma réputation et encore moins à ma sœur. Depuis ce jour, plus d'embrouilles, bien que certains tentaient encore pour le frisson.

« En s'adaptant tout en observant. » Répondis-je presque immédiatement. Je ne connais pas de meilleure façon pour cela. Et puis, je vois dans son regard cette lueur d'intelligence qui lui permet de pouvoir en faire de même. « Oui, mais il vaut mieux être préparé avant de foncer vers le danger inconnu mademoiselle Lily. Cela nous évite des ennuis surtout quand on ne peut pas se défendre. Aujourd'hui, j'étais présente, mais qui le sera demain pour vous ? »

Au fond, je voulais lui éviter le sort que ma jumelle à connu et mon regard s'est immédiatement assombrit à ce souvenir si sombre de ma vie. Jamais plus aucune lumière n'est entrée dans ma vie, j'ai refusé tout bonheur parce que je ne parvenais pas à faire un deuil qui m'était impossible à accepter. Encore, aujourd'hui, c'est le cas, on ne pouvait pas comprendre ce que c'est de perdre sa jumelle, c'est perdre une partie de soit. Peut-être aurai-je mieux accepté si la maladie l'avait emporté, mais là, ce fut un meurtre d'une inhumanité sans précédent.

« Vous avez donc écouté votre cœur. C’est généralement une bonne chose quand on suis cette voie. »

« J'en ai un contrairement à ce que l'on peut penser. » Fis-je d'un air ironique alors, que je porte mon regard vers elle. « Simplement, que ce dernier est enfermé dans un bouclier de froideur et de méfiance extrême qui semble ne pas avoir fait long feu pour vous. » D'un geste, j'arrange mes cheveux balayé par le vent hurlant, mais doux. « Mais, je ne supporte pas qu'on importune une femme. »

Mes ténèbres, ils sont si profonds que parfois, j'en oublie que je suis capable de gentillesse et d'une humanité mesurée. Je m'étonne encore d'avoir agi de manière aussi impulsive avec Lily, l'avoir sauvé sans que cela m'apporte autre chose que la satisfaction de lui avoir évité le pire. A quel point, je l'ignore.

« Je ne vais pas vous demander de quoi vous pouvez bien parler. Je l’ai vu dans votre regard. Néanmoins ne soyez pas aussi sure que je fuyerais. Généralement il me faut bien des choses pour avoir réellement envie de fuir. »

« N'attendez pas que ce soit pire. » Un conseil que je pose, parce qu'il me semble que je ne l'ai pas assez répété à ma sœur. Trop naïf et prompt à croire que les gens ne sont pas que méchant. Lily me fait trop penser à la moitié de mon âme que j'ai perdu depuis longtemps. Je l'ai vengé, et même si j'en suis heureuse, cela ne m'a pas apporté la paix. Le visage de Salomé me hante toujours autant et c'est pire quand je vois mon reflet.

Ma gorge me fait un peu mal. Je n'ai pas autant parlé depuis... Je ne m'en souviens plus réellement, ça vient naturelle avec cette jeune femme. J'en fais part sans m'en rendre compte en vérité.

« Et bien c’est quand tu veux… je vends mes bijoux sur la place du marché. Donc si un jour tu as envie d’avoir un peu de lumière ou une conversation intelligente… Tu sais ou me trouver. »

Je pose mon regard sur elle. Vais-je la revoir sous un coup de tête ? Sans doute, je ne planifie pas à l'avance quand cela concerne ce genre de chose. « Peut-être viendrais-je alors... Si je passe au marché. » Répondis-je simplement pour ne pas rester silencieuse.

« Je pense qu’il est temps pour moi de retourner chez moi. J’espère néanmoins pouvoir vous revoir un de ces jours. »

Je tourne mon visage vers elle. Si souriante, tant de douceur, comment fait-elle pour le garder après ce qu'elle a failli traverser. Non, comment fait-elle pour rester aussi douce ? Je ne comprendrais jamais l'insouciance de certaine personne. Sans doute parce que je ne l'ai jamais été, toujours consciente du monde qui m'entoure. Doucement, je prends la main de la jeune femme et y dépose un baiser. « Sans doute à bientôt... Ou bien est-ce un adieu. Trop de ténèbres ne peuvent que ternir votre lumière. Ne soyez pas trop attiré par moi. »

Je la laisse partir malgré ce sourire qu'elle m'offre. Je la laisse s'envoler tout comme ce vent qui s'éloigne du rivage. Dans ma main se trouve le bracelet offert, il est beau en tout point, c'est vrai, plus en adéquation avec le style de Salomé, sans doute pas le mien, mais je le garderai précieusement dans mes affaires. Rares sont mes trésors et celui-ci en fera sans doute partie.

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MessageSujet: Re: Quand le vent hurle (La damnée et la sirène)   Mer 24 Jan - 20:21

THE END

Merci pour ce joli RP, Malvina I love you

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MessageSujet: Re: Quand le vent hurle (La damnée et la sirène)   

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